Fusions-acquisitions : 2014, l’année du vrai rebond ?

Le marché français des fusions et acquisitions a rebondi de 153%, au premier trimestre 2014, à 43,6 milliards de dollars, selon Thomson Reuters.
Christine Lejoux

4 mn

Le marché mondial des fusions et acquisitions a rebondi de 35% au premier trimestre, son meilleur début d'année depuis trois ans, selon Thomson Reuters.
Le marché mondial des fusions et acquisitions a rebondi de 35% au premier trimestre, son meilleur début d'année depuis trois ans, selon Thomson Reuters. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Le français Lafarge et le suisse Holcim en passe de fusionner afin de créer le premier cimentier mondial, Sopra et Steria qui songeraient à se rapprocher pour donner naissance à un poids-lourd des services informatiques… En ce début avril, les entreprises françaises caressent des rêves de grandeur. Aussi les banquiers d'affaires se reprennent-ils à espérer que l'année 2014 consacrera enfin un rebond véritable et durable du marché des M&A (mergers and acquisitions), après des années de vaches maigres.

 De fait, les fusions et acquisitions impliquant au moins un groupe français - que celui-ci soit acquéreur ou vendeur - ont rebondi de 153%, à 43,6 milliards de dollars (31,7 milliards d'euros), au cours des trois premiers mois de l'année, selon Thomson Reuters. Une performance tirée, notamment, par le rachat de l'opérateur de télécommunications SFR par Altice/Numericable, pour 13,5 milliards d'euros en numéraire.

 Le marché des M&A suit l'évolution de la Bourse, avec un an de décalage

 Plus largement, le marché européen des fusions et acquisitions - avec une envolée de 72% - signe son meilleur premier trimestre depuis 2011. Idem à l'échelle mondiale, où les fusions et acquisitions ont progressé de 35% au cours des trois premiers mois de l'année, du jamais vu depuis trois ans. Un regain de tonus qui résulte d'abord de la remontée des marchés actions. "Le marché des M&A suit l'évolution de la Bourse, mais avec une année de décalage, en général", rappelle Credit Suisse.

 L'indice américain S&P 500 ayant connu en 2013 sa plus forte hausse depuis 1997, avec une envolée de 30%, et le Dow Jones Euro Stoxx 50 s'étant octroyé une honorable progression de 18%, les stratégistes de la banque helvétique sont donc d'avis que l'année 2014 consacrera la résurrection du marché des M&A.

 Une force de frappe supplémentaire de 2.300 milliards de dollars

 Une hypothèse d'autant plus vraisemblable que ce rebond des marchés actions valorise désormais le S&P 500 près de 16 fois les bénéfices estimés pour 2014, un multiple qui ressort à plus de 13 dans le cas du DJ Euro Stoxx 50. Cette remontée des valorisations des entreprises devrait réduire l'écart entre les exigences des acquéreurs et les prétentions des vendeurs. Autre facteur favorable à un regain de tonus du marché des fusions et acquisitions : les marges de manœuvre financières retrouvées des entreprises.

En effet, non seulement les taux d'intérêt sont bas, mais, de plus, près des trois quarts des groupes américains et plus de la moitié des sociétés européennes "affichent un endettement net anormalement bas", selon Credit Suisse. Pour qui hisser ce niveau de dette nette à sa moyenne historique des vingt dernières années doterait les entreprises américaines et européennes d'une force de frappe financière supplémentaire de 2.300 milliards de dollars, au total.

 Les chefs d'entreprise commencent à retrouver confiance dans l'avenir

 Une somme à laquelle il convient d'ajouter les 1.100 milliards de dollars de "dry powder" (capitaux levés mais non encore employés) dont disposent - à l'échelle mondiale - les fonds de capital-investissement, autres acquéreurs potentiels d'entreprises. Surtout, les dirigeants d'entreprise ont commencé à retrouver l'ingrédient essentiel à un redémarrage du marché des M&A, à savoir la confiance dans l'avenir, dans les perspectives macro-économiques. Une confiance qui, chez les patrons américains, "est aujourd'hui proche de son plus haut niveau historique", affirme Credit Suisse.

 Du côté des patrons européens, la banque constate que ces derniers sont de mieux en mieux disposés à l'égard des fusions et acquisitions, les directeurs financiers britanniques estimant désormais que le meilleur usage possible de leur trésorerie réside dans le financement d'opérations de croissance externe, bien plus que dans des rachats d'actions, par exemple. Un vrai changement de mentalité, après des années de prudence et de repli sur soi.

Christine Lejoux

4 mn

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Commentaires 3
à écrit le 07/04/2014 à 20:19
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L'analyse est pourtant des plus simples : en 2000, pour la bulle internet et en 1929, année de retour à la réalité, les fusions-acquisitions ont aussi été à des chiffres records. Pourquoi se faire des films ou de la propagande dans ce cas..?? Autant ...

à écrit le 07/04/2014 à 20:06
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On entend aussi parler de fermeture de la direction en France qui irait ailleurs...

à écrit le 07/04/2014 à 17:11
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ça va fusionner , ça va y aller...ça va être énoooorrrmmmmmme !!!

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