Capital-investissement et business angels légitiment le crowdfunding

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Pour 2014, SmartAngels prévoit de financer 10 à 15 entreprises, pour des montants de 300.000 à 500.000 euros, en moyenne. REUTERS.
Pour 2014, SmartAngels prévoit de financer 10 à 15 entreprises, pour des montants de 300.000 à 500.000 euros, en moyenne. REUTERS. (Crédits : Décideurs en région)
La plateforme de financement participatif SmartAngels vient de lever 1 million d’euros. Parmi les participants au tour de table figurent des business angels comme Xaviel Niel et Marc Simoncini, ainsi que les fonds de capital-risque XAnge, Idinvest et Elaia.

On les a dits rivaux, mais les business angels et le crowdfunding semblent en réalité faire bon ménage. La preuve avec SmartAngels, une plateforme française de financement participatif qui met en relation des start-up en quête de financement avec des particuliers désireux d'investir leurs économies. Celle-ci a annoncé, jeudi 24 avril, avoir levé 1 million d'euros auprès de plusieurs investisseurs, dont des business angels qu'on ne présente plus.

A savoir Xavier Niel, le patron d'Iliad, maison-mère de Free, Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, Jacques-Antoine Granjon, PDG de vente-privee.com, Pierre Kosciusko-Morizet, co-fondateur de PriceMinister, Denis Payre, co-créateur de Business Objects et Jean-David Blanc, qui a porté AlloCiné sur les fonts baptismaux. Ont également pris part au tour de table les fonds de capital-investissement XAnge, filiale de la Banque Postale, Idinvest et Elaia Partners. "L'entrée de ces business angels et fonds de capital-risque dans notre capital montre que le crowdfunding devient un véritable outil de financement pour les start-up et les PME de croissance", se félicite Benoît Bazzocchi, fondateur de SmartAngels et président de l'Association française de l'investissement participatif (Afip).

 Pour 2014, SmartAngels prévoit de financer 10 à 15 entreprises

 De fait, depuis sa création en 2012, SmartAngels permet à de jeunes pousses de financer leur premier ou leur deuxième tour de table, pour des montants compris entre 200.000 et 700.000 euros. Des montants qui s'inscrivent dans le fameux "equity gap", cette fourchette de 100.000 à 1 million d'euros où les besoins des start-up sont déjà trop importants pour être financés par les proches de leurs fondateurs, mais encore insuffisants pour intéresser des fonds de capital-investissement.

 C'était le cas, par exemple, du site de location d'appartements entre particuliers Sejourning, qui a levé l'an dernier 300.000 euros via SmartAngels. Mais également du fabricant de soins du visage pour enfants TooFruit, lequel a récolté 250.000 euros grâce à la plateforme de Benoît Bazzocchi, en 2013 toujours. Ou bien encore de la chaîne de vêtements pour enfants Bleu comme gris, qui a engrangé 750.000 euros l'an dernier, par l'intermédiaire de SmartAngels. Pour 2014, Benoît Bazzocchi prévoit "de financer 10 à 15 entreprises, pour des montants de 300.000 à 500.000 euros, en moyenne."

 Les plateformes de crowdfunding ont permis d'engranger près de 80 millions d'euros

 Une belle perspective pour SmartAngels, qui se rémunère via le prélèvement d'une commission de 8%, en moyenne, sur les sommes collectées par les entreprises. Plus largement, le crowdfunding semble promis à un bel avenir : l'an dernier, les plateformes françaises de financement participatif ont permis d'engranger 78,3 millions d'euros, un montant près de trois fois supérieur à celui de 2012, d'après le baromètre publié par le cabinet de conseil en innovation CompinnoV.

 "Le crowdfunding va permettre à certaines sociétés de se financer mieux et plus vite, et donc de se développer plus rapidement et de créer plus d'emplois. C'est un secteur qui va avoir un impact majeur sur l'économie, et pas seulement celle du web", estime Pierre Kosciukso-Morizet. "Le crowdfunding représente une forme de financement d'avenir pour les entreprises", renchérit Benoît Grossmann, membre du directoire d'Idinvest. Une forme de financement qui devrait se développer plus vite encore au cours des prochaines années, grâce à l'assouplissement de réglementation du crowdfunding qui entrera en vigueur en France, cet été.

 Des partenariats capitalistiques avec d'autres plateformes pourront être envisagés

 De réglementation adaptée aux spécificités du financement participatif, il en est également question à l'échelle européenne : la Commission européenne a fait part, fin mars, de son intention d'encourager le développement du crowdfunding, afin, notamment, de favoriser le financement des PME confrontées à la raréfaction du crédit bancaire. Une évolution réglementaire que Benoît Bazzocchi, qui garde le contrôle du capital de SmartAngels à l'issue de la levée de fonds, va suivre comme le lait sur le feu, compte tenu des opportunités d'expansion qu'elle pourrait engendrer.

 "Grâce aux fonds levés, nous allons commencer à nous pencher sur notre développement en Europe. Des partenariats capitalistiques avec d'autres plateformes de financement participatif pourront être envisagés, au cas par cas." La consolidation du jeune secteur du crowdfunding serait-elle déjà en marche ? En tout état de cause, grâce à "un cadre législatif parmi les plus favorables au monde (…), les plateformes françaises ont désormais le potentiel de devenir des leaders européens du financement participatif", estime Benoît Bazzocchi.

 

 

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a écrit le 24/04/2014 à 9:38 :
Beaucoup de projets à deux balles, mais où sont les projets high tech ou biotech (dans le sens du bio) ou nano tech ou clean technetc...chez les fonds qui en ont le monopole en France, 1 ou 2 fonds trustant l'essentiel des opportunités...aux autres les projets à la noix. Ceci est de la rigolade pure. A côté de cela dès qu'un projet comporte du potentiel les fonds et les grandes firmes rachètent à n'importe quel prix, où est le jeu de la libre concurrence où sont les lois anti trust? De surcroît ces gens achètent à coup de LBO donc de dette donc ne peine rien, se finançant sur le dos de l bête acquise. C'est ça le problème général, le problème qui crée du chômage à grande échelle, ça et la destruction des équilibres environnementaux
Réponse de le 24/04/2014 à 12:57 :
Cela ressemble bigrement au sujet de l'évolution, sinon du dévoiement du métier de banque. La pratique de l'out-sourcing, de la banking-shadow et de la titrisation répandue tous azimuts, conduit à ces structures spéciales,bien opaques au commun des épargnants.
Réponse de le 24/04/2014 à 14:01 :
Avec la bénédiction d'un gouvernement socialiste...qui a été élu pour ...faire une politique de droite dure...et qui permet aux entrepreneurs ou ce que l'on appelle qu'on ça de planter le fisc la sécu d'embaucher des esclaves non déclarés et de déposer le bilan histoire de recommencer....
Réponse de le 26/04/2014 à 8:46 :
Biotech dans le sens du bio?

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