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Banco Espirito Santo s'écroule en Bourse après sa perte record

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 30 juillet 2014 à 12:40 - Mis à jour le 31 juillet 2014 à 13:19

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17 juillet 2026

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La première banque privée du Portugal a publié mercredi soir une perte de 3,57 milliards d'euros, au titre du premier semestre. A sa reprise de cotation, jeudi, le cours de Bourse s'est écroulé de 51%, en séance.

Dans le feuilleton quasi-quotidien de la crise de Banco Espirito Santo (BES), l'épisode de ce mercredi 30 juillet a résidé dans la publication des résultats semestriels de la première banque privée du Portugal, après la clôture de la Bourse. Résultats qui font apparaître une perte de 3,57 milliards d'euros, la plus lourde jamais enregistrée par une banque portugaise. Pour mémoire, BES avait clos le premier semestre 2013 sur une perte de 237,4 millions d'euros.

Ces résultats étaient très attendus par la communauté financière, car ils devaient permettre de faire un point sur l'exposition de BES à la dette du conglomérat familial Espirito Santo, lequel rencontre de graves difficultés financières. Pas plus tard que mardi, deux holdings du groupe - Espirito Santo Financial Group (ESFG), principal actionnaire de BES avec 20% du capital, et Rio Forte Investments - ont été placées en redressement judiciaire, emboîtant ainsi le pas à une autre holding, Espirito Santo International (ESI).

Le cours de Bourse à un plus bas historique

Jusqu'à présent, BES - dont le cours de Bourse a dévissé de 51% jeudi en séance, pour tomber à un plus bas historique de 0,17 euro - avait chiffré à 1,2 milliard d'euros son exposition à la dette du groupe Espirito Santo. Mercredi soir, la banque a revu cette estimation à la hausse, à 1,57 milliard d'euros (hors branche assurance). BES a doncdû passer des provisions très élevées, afin de faire face aux risques liés aux prêts accordés aux holdings de la famille Espirito Santo, et de pouvoir rembourser les titres de dette du groupe détenus par ses propres clients.

Au total, les provisions pour créances douteuses et coûts imprévus ont atteint 4,25 milliards d'euros au premier semestre, un montant qui inclut l'exposition de la banque à sa filiale en Angola et la dépréciation de sa participation dans Portugal Telecom (10%). Résultat, BES affiche un ratio de solvabilité (common equity tier 1) de 5%, contre 9,8% fin mars. Un niveau en-deçà du seuil minimum de 7% exigé par la banque centrale du Portugal.

Les actifs de la banque représentent la moitié du PIB portugais

La banque portugaise va donc sans doute devoir procéder à une augmentation de capital afin de renflouer ses capitaux propres. Une opération qui pourrait nécessiter l'intervention de l'Etat portugais, les actifs de BES représentant plus de la moitié du Produit intérieur brut (PIB) du pays et la banque finançant une entreprise sur cinq au Portugal. Lequel se trouverait ainsi fragilisé, alors qu'il sort tout juste d'un plan de sauvetage international.

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Et ce, d'autant plus que bien d'autres entreprises portugaises que BES sont exposées à la dette du conglomérat Espirito Santo. Comme Portugal Telecom, à qui la holding Rio Forte n'a pu rembourser la somme de 897 millions d'euros, ce qui a contraint l'opérateur de télécommunications à réviser ses ambitions à la baisse au sujet de sa participation dans le nouvel ensemble qu'il doit former avec le Brésilien Oi.

Un matelas de 6,4 milliards d'euros pour le secteur bancaire

Pour autant, les analystes de Royal Bank of Scotland (RBS) continuent de juger que le dossier BES présente un risque systémique - c'est-à-dire de contagion à l'ensemble de l'économie - "faible." D'abord parce qu'ils doutent fortement que l'Etat portugais soit contraint de voler au secours de BES. Le gouverneur de la Banque centrale du Portugal n'a-t-il pas récemment déclaré que "plusieurs investisseurs privés" étaient intéressés par une entrée dans le capital de la banque, dont la capitalisation boursière a chuté de 50% depuis la mi-juin, date à laquelle l'affaire a éclaté ?

À lire également

  • ESFG, le premier actionnaire de Banco Espirito Santo (BES) en redressement judiciaire
  • L'ex-PDG de la banque portugaise Espirito Santo arrêté
  • Crise de Banco Espirito Santo : Moody's ne craint pas pour le Crédit Agricole
  • Et si la crise d’Espirito Santo était… une bonne nouvelle pour l’Europe financière ?

Ensuite, quand bien même le Portugal viendrait en aide à BES, cela ne poserait pas de problèmes aux finances de l'Etat, ce dernier disposant d'un matelas de 6,4 milliards d'euros, précisément destiné aux banques en difficulté, et non encore utilisé. Un "coussin" qui conduit également Moody's à estimer que "les incertitudes entourant BES ne devraient pas avoir d'impact significatif sur le profil de crédit du gouvernement." A tel point que l'agence de notation financière a relevé vendredi la note de solvabilité du Portugal, de Ba2 à Ba1.

Christine Lejoux

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