Pour l’assureur Swiss Life, les contrats "euro-croissance" sont mort-nés

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S’ils louent l’initiative intellectuelle de créer des contrats d’assurance-vie "euro-croissance", les dirigeants de l’assureur Swiss Life sont très sceptiques sur le succès du nouveau dispositif auprès des clients.

Prévu dans le cadre de la loi de finance 2014, le contrat d'assurance vie "euro-croissance" fait déjà l'unanimité dans son principe dans le monde de l'assurance. Le lobby de la profession, la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), s'est même publiquement réjoui de la création de ce contrat proposé dans le rapport des députés PS Karine Berger et Dominique Lefebvre. Il devrait en effet avoir la sécurité d'un fonds en euros et le rendement plus attractif des supports en unités de compte (UC), dans lesquels les sommes versées sont placées dans un portefeuille qui se compose en majorité d'actions, mais qui peuvent, en cas de marchés baissiers, afficher un rendement négatif. L'"euro-croissance" a en fait été "élaboré sur le principe des contrats "euro diversifiés" existant et reposant sur une allocation d'actifs combinant mieux au profit de l'économie le risque et la sécurité", indique le rapport Berger-Lefebvre.

Les assureurs cherchent à introduire davantage d'unités de compte dans leurs contrats

Ce nouveau contrat émerge dans un contexte où les assureurs cherchent à introduire le plus possible d'unités de compte dans leurs contrats d'assurance-vie. Le niveau général des taux d'intérêt est en effet historiquement bas, ce qui rend les contrats en euros peu rentables. L'assureur Swiss Life France fait partie de ceux là. Axé sur une clientèle haut de gamme qui a pour avantage d'être "plus stable", selon son PDG Charles Relecom, l'assureur a introduit 36% d'UC dans ses contrats d'assurance-vie, et en intègre même 50% en moyenne dans ses nouveaux contrats.

"Les clients ne voudront pas" de l'"euro-croissance"

Le lancement du contrat "euro-croissance" va donc dans le sens de la politique commerciale du groupe. Seulement voilà, l'un des directeurs généraux de l'assureur Eric Le Baron le certifie, "les clients n'en voudront pas", au même titre que les contrats "euro-diversifiés".
L'"euro-croissance" voit en effet ses fonds bloqués pendant plusieurs années dans des entreprises et surtout le capital garanti au terme des huit ans seulement. L'épargne ne serait donc pas garantie en cours de vie comme c'est le cas pour un contrat ou un fonds en euros. Pour Eric le Baron, fin connaisseur du comportement des souscripteurs de contrats d'assurance-vie, l'épargnant moyen souhaite avant tout "investir ses économies à long terme et pouvoir les récupérer rapidement à court terme en cas de coup dur".

Une contrainte fiscale pour les encours supérieurs à 500.000 euros

Le contrat "euro-croissance" pourrait in fine trouver son salut chez les souscripteurs les plus aisés, moins concernés par les pépins de la vie. Mais ils seront contraints fiscalement, ce qui exaspère les assureurs : pour les encours de contrats de plus de 500 000 euros, l'avantage fiscal inhérent à tous les contrats d'assurance vie sera à l'avenir réservé "aux contrats en unités de compte et aux contrats "Euro-Croissance"", indique le rapport Berger. Pour Charles Relecom, il serait désastreux d'instaurer "une assurance-vie à deux vitesses" entre les souscripteurs les plus aisés et les autres. "Créer un support "euro-croissance" pourrait être une bonne chose, mais si cela doit s'inscrire dans un dispositif compliqué, où il faut distinguer les contrats des épargnants selon leur montant, cela les découragera", avertissait pour sa part le président de la FFSA Bernard Spitz, en avril dernier.

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a écrit le 28/08/2013 à 16:32 :
un certain nombre d'investisseurs étrangers ont des fonds non négligeables en assurance vie en France et je pense qu'ils vont massivement les retirer car ils n'accepteront jamais les contraintes fiscales prévues, à savir une fiscalisation aux tranches de l'IR
a écrit le 28/08/2013 à 14:57 :
la valeur des contrats sera garantie au bout de 8 ans, sauf s'il y a des pertes... il sera ene ffet tjs temps pour le gvt deargente d'expliquer que vu les montants en jeu, les pertes ne seront prises en compte qu'a hauteur de 40% sur la tranche comprise entre 500 et 600 ke, et encore, si le montant n'excede pas 3000 euros, et soumises a une csg negative sur les pertes generees ( en clair ' une csg sur pertes realisees')...... 8 ans c'est long, et personne ne fait confiance a des gens qui changent systematiquement les regles en cours de jeu
a écrit le 28/08/2013 à 12:11 :
Et comment on fait pour les personnes dont les montants d'épargne fluctuent au cours du temps ? Ex : En 2013 j'ai 600 keuros, en 2015 je n'ai plus que 450 keuros. Et inversement.
Encore une usine à gaz inventé par nos experts de Bercy et autres énarques payés à fouiner dans le portefeuille du français moyen pour renflouer les caisses vides. Plafonnez les revenus, indemnités de nos élus (parlementaires, président régional, sénateurs, ministres etc), enlevez les logements de fonctions, les chauffeurs, les frais de bouche, frais d'informatiques etc et c'est quelques dizaines de millions qui seront économisés pour le peuple.
a écrit le 28/08/2013 à 11:52 :
Bien vu, les UC, on a déjà donné.Merci.
a écrit le 28/08/2013 à 11:50 :
Sinon pour ceux qui ont 500Ke et plus actuellement à placer je vous recommande le contrat d'assurance vie de droit luxembourgeois... à bon entendeur
Réponse de le 28/08/2013 à 13:29 :
Ce ne sont que des "containers" qui cachent des fonds type trust. Classique et tres efficace pour dissimule de l argent a l etranger. Les swiss et jersey sont les specialistes. Ils utilisent ce subterfuge depuis 10 ans pour investisseur sur des valeurs europeennes. Ce qui explique la reaction de swiss life qui ne fait que de l intox a preserver ses interets.
Réponse de le 28/08/2013 à 18:40 :
C'est marrant ça, Luxembourg, ça me fait penser à Luxalpha , le fond d'un certain Madoff
Réponse de le 28/08/2013 à 23:54 :
haha oui :) sacré Madoff voler les riches pour se donner à lui même^^ , @Absolum : en effet mais pas nécessairement, l'assurance vie lux peut très bien être tout à fait fiscalement transparente et légale, ouverte depuis la france on ne recherchera alors pas à éluder les impôts, mais plus une sécurité sur les fonds, une stabilité du cadre fiscal et réglementaire et une très grande souplesse d'utilisation. Mais n'importe quel honorable établissement financier pourra vous en dire plus.

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