Cette salade à 58.000 dollars qui tourne Kickstarter en dérision

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Ce mardi à 15h30, heure de Paris, le projet salade de patates avait déjà obtenu 37.343 dollars, soit plus de 27.000 euros.
Ce mardi à 15h30, heure de Paris, le projet "salade de patates" avait déjà obtenu 37.343 dollars, soit plus de 27.000 euros. (Crédits : Décideurs en région)
Sur le site Kickstarter, un projet consistant à financer la confection d'une salade de pommes de terre a réuni plus de 50.000 dollars et fait beaucoup de bruit outre-Atlantique. Ce succès met en lumière certaines faiblesses du système de sélection mis en place par le site de financement participatif.

Une initiative absurde d'un côté, une somme rondelette d'une autre, un site web célèbre entre les deux... Tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette salade de patates un phénomène médiatique.

Salade médiatique

D'ailleurs, la sauce a pris très rapidement. Le 3 juillet, Zack Brown, originaire de Columbus (Ohio), a lancé une levée de fonds sur le site de financement participatif Kickstarter afin de subventionner la réalisation de sa "première salade de pommes de terre". Projet qui l'a mené, une semaine plus tard, sur le plateau télévisé de la chaîne ABC ou bien à se faire interviewer par le site web du prestigieux Washington Post.

Il faut dire qu'entre-temps cet employé d'une compagnie de développement web a convaincu plusieurs milliers de personnes de lui verser au moins 10 dollars (ce mercredi à 11h17, heure de Paris, il avait déjà obtenu 58.194 dollars, soit plus de 42.000 euros). En guise de récompense, il propose des photos, des poèmes ou suggère de prononcer le nom du donateur pendant la confection de ladite salade ou même de l'inviter dans sa cuisine... Ce système de gradation des cadeaux en fonction du montant donné est de mise pour les projets habituellement financés sur ce type de sites.

Il dépasse ainsi très largement l'objectif de 75 dollars à partir duquel il promettait d'organiser de partager une pizza. Avec les sommes récoltées, il propose d'organiser une grande fête dans sa ville et pourrait même éditer un livre de recettes, affirme-t-il apparemment avec sérieux au Washingon Post.

"Le type qui va faire la salade"

Mais comment ce facétieux américain, qui en guise de biographie écrit simplement "je suis le type qui va faire la salade de pomme de terre", a-t-il pu faire passer son idée saugrenue entre les mailles du filet de la sélection opérée par le site de crowdfunding? Peut-être son projet a-t-il bénéficié d'un contrôle allégé depuis la mise en place d'une gare de tri automatique par le site, conjecture par exemple le site spécialisé PCWorld?

Ce système prend en compte la description du projet, ses objectifs, les récompenses associées aux fonds versés etc. Mais c'est un algorithme qui permet de trier ceux qui paraissent en ligne avec le règlement du site. Si le projet a le feu vert de la machine, il peut ainsi être publié rapidement.

Ni armes, ni OGM et pas de projets caritatifs

Pour avoir le droit de lever des fonds, Kickstarter impose trois conditions principales. Il faut "créer quelque chose que l'on puisse partager avec les autres", qui soit "honnête et clairement présentée" et "ne pas lever des fonds à des fins caritatives, offrir des incitations financières ou impliquer des objets prohibés". Sont interdits prostitution, vente d'armes, de drogue, mais aussi campagne politique, OGM, tous produits se réclamant d'une cure quelconque, boissons et aliments énergétiques, paris etc.

L'opération "salade de patate" remplit apparemment ces conditions. Elle démontre surtout par l'absurde certaines failles des sites de financement participatif, et leur propension à servir de support de promotion.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2014 à 12:24 :
@phil
Je ne vois pas non plus où est le problème, les gens ont donné de l'argent en connaissance de cause, tant mieux pour le "Monsieur qui fait la salade" !
a écrit le 09/07/2014 à 11:04 :
C'est là, que vous devriez, si vous étiez perspicaces, vous poser la question de la réalité pure et simple des sommes d'argent dont on parle.
Ceci est vrai pour KickStarter, mais également pour Google, Facebook et n'importe quelle boite dont il est strictement impossible de vérifier officiellement le chiffre d'affaire.
a écrit le 09/07/2014 à 9:43 :
En quoi est-ce une faille du site ? Les gens sont responsables de l'argent qu'ils donnent, un point c'est tout. S'il y en a que ça amuse de donner de l'argent pour ça, tant mieux pour eux !
Réponse de le 09/07/2014 à 12:34 :
Le pied c'est que les "Investisseurs" sont probablement aussi des automates qui ont analysé automatiquement le produit et ses fondamentaux... mouarfffffff....

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