Banques et FinTech, un mariage de raison et d’avenir

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La banque espagnole a lancé un fonds de capital-risque de 100 millions de dollars, dans la Silicon Valley. REUTERS.
La banque espagnole a lancé un fonds de capital-risque de 100 millions de dollars, dans la Silicon Valley. REUTERS. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les investissements dans les FinTech, ces jeunes sociétés innovantes spécialisées dans les technologies financières, ont triplé de 2008 à 2013, pour atteindre près de 3 milliards de dollars. Un nombre croissant de banques créent des fonds de capital-risque afin d'investir dans des FinTech.

Après les géants de la high-tech et les grands groupes industriels, c'est au tour des banques de se lancer dans le "corporate venture" (capital-risque d'entreprise). Le 1er octobre, la banque allemande Commerzbank a annoncé le lancement de CommerzVentures, un fonds de capital-risque basé à Francfort-sur-le-Main et destiné à investir dans des entreprises européennes innovantes, axées sur les services financiers. "Grâce à CommerzVentures, nous améliorerons notre accès aux innovations du secteur financier", explique Commerzbank.

 Le 2 juillet, c'est sa concurrente espagnole Santander qui avait levé le voile sur son propre fonds de capital-risque. Doté de 100 millions de dollars et basé à Londres, ce dernier a vocation à prendre des participations dans des start-up spécialisées dans le big data (analyse d'énormes masses de données permettant de mieux connaître les clients), ou bien encore dans le prêt en ligne, l'un des segments du crowdfunding (financement par la foule). L'objectif : "permettre aux clients de Santander de bénéficier des dernières innovations (du secteur), dans toutes les zones géographiques où le groupe est présent."

 Des fonds de 100 à 200 millions de dollars

 Commerzbank et Santander emboîtent ainsi le pas à la banque sino-britannique HSBC, qui avait lancé quelques mois plus tôt un fonds de corporate venture de 200 millions de dollars. Leur rivale russe Sberbank en avait fait autant l'an dernier, avec un fonds de 100 millions de dollars. En 2013 toujours, l'Espagnole BBVA avait créé un fonds de taille similaire, afin d'investir dans de jeunes pousses spécialistes de l'analyse de données et de la fidélisation des clients, entre autres. BBVA Ventures, qui a installé son quartier général dans la Silicon Valley (Californie) - où bat le cœur des technologies de pointe -, doit permettre à la banque espagnole "de renforcer sa compréhension des tendances émergentes" dans les secteurs de la banque et de la finance.

 Les banques ne seraient-elles donc plus capables d'innover toutes seules ? Non, en effet, comme toutes les grandes entreprises, d'ailleurs. Confrontés à la multiplication de start-up toutes plus innovantes les unes que les autres, les grands groupes ne peuvent plus se permettre de couver des innovations des années durant, au fond de leurs laboratoires de recherche. Et s'il existe un secteur où la capacité à innover rapidement est devenue indispensable, c'est bien la banque. Qu'il s'agisse des géants de l'Internet comme Google et Amazon ou de start-up telles que Square ou Lending Club, un nombre grandissant d'acteurs non bancaires investissent les métiers du prêt, des moyens de paiement, mais également de la gestion de l'épargne.

 Près du tiers des investissements dans les FinTech va à la Silicon Valley

 Pour ne pas se laisser doubler par ces concurrents d'un genre nouveau, les banques optent de plus en plus pour la co-création, en nouant des partenariats technologiques, commerciaux ou capitalistiques avec ces jeunes entreprises innovantes. Lesquelles bénéficient ainsi de débouchés commerciaux tout trouvés. Conséquence de cette tendance croissante des banques à prendre pied dans le capital de start-up du secteur financier, les investissements dans les FinTech (jeunes pousses spécialisées dans les technologies financières) ont triplé, de 2008 à 2013, pour avoisiner les 3 milliards de dollars, à l'échelle mondiale, d'après le cabinet Accenture. Une somme dont près du tiers (32%) concerne les FinTech de la seule Silicon Valley, contre 13% seulement pour les start-up européennes spécialisées dans les technologies financières.

 Mais le secteur financier européen commence, lui aussi, à donner dans le "corporate venture." En juin 2013, l'assureur Axa avait lancé Axa Seed Factory, un fonds d'amorçage doté de 10 millions d'euros et spécialisé " dans le digital et les services qui impacteront demain les métiers de l'assurance et de la banque." Le 26 septembre dernier, Axa Seed Factory a procédé à son premier investissement, en participant au tour de table de 300.000 euros réalisé par FundShop, une application de gestion en ligne de l'épargne des particuliers. De son côté, BNP Paribas, qui investira cette année 20 millions d'euros au total dans 11 fonds d'amorçage, "pourrait potentiellement prendre des participations (directes) dans des start-up", a indiqué Marie-Claire Capobianco, directeur des réseaux France de la banque, le 18 septembre, lors d'une conférence de presse.

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Commentaires
a écrit le 08/10/2014 à 14:35 :
Fintech = hacking et risques systémiques massifs ?
Réponse de le 08/10/2014 à 21:39 :
La technologie financière n'est pas synonyme de hacking : cela n'a rien a voir par contre cela à avoir avec la qualité des produits conçus et la compétence des gens qui les développent .. Vous confondez risque systémique et risque opérationnel ...
Réponse de le 09/10/2014 à 0:47 :
j'ai revu Die Hard 4. et je viens de voir JP Morgan Hacking (le 1er d'une longue série, je suppose). alors je m'interroge.
a écrit le 08/10/2014 à 14:11 :
Bon choix pour le nom : technologie de la fin de la finance, j'aurais pas fait mieux. J'ai déjà obtenu la suppression totale de mes données de la part d'une banque, et je pense que je ne serais bientôt plus le seul à être gavé d'être enregistré partout...

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