Avec le paiement mobile, la distribution concurrence un peu plus les banques

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Certaines banques captives peuvent représenter jusqu'à 10% du bénéfice net des distributeurs. REUTERS.
Certaines banques captives peuvent représenter jusqu'à 10% du bénéfice net des distributeurs. REUTERS.
Depuis les années 1980, les distributeurs alimentaires ont développé des banques captives, afin de favoriser la vente de leurs produits et de trouver des relais de croissance.

Banques, distributeurs, groupes de télécommunications, géants de l'Internet... Tous veulent leur part du gâteau du paiement mobile, un marché qui devrait bondir de 35% par an, en moyenne, d'ici à 2017, horizon auquel il devrait peser 721 milliards de dollars, à l'échelle mondiale, selon le cabinet Gartner. L'une des dernières innovations en date émane du distributeur français Auchan, qui vient d'annoncer la généralisation de sa solution Flash'N Pay à ses 120 hypermarchés, à partir d'avril 2015.

Ce portefeuille électronique - développé dans le cadre " d'une stratégie d'innovation ouverte, avec nos collaborateurs, nos clients, nos enseignes partenaires", selon Nicolas Dreyfus, directeur général de Oney Banque Accord, filiale d'Auchan - permet de régler ses achats en caisse avec son smartphone, mais également d'enregistrer l'ensemble de ses bons de réduction, sa carte de fidélité, ainsi que ses tickets de caisse. De son côté, Leclerc doit déployer dans ses magasins Paiement Flash, une solution de paiement mobile présentée fin 2013.

 des activités développées dans les années 1980

Il faut dire que les groupes de grande distribution alimentaire semblent particulièrement légitimes sur le marché du paiement mobile. "Cette activité se développe dans la continuité de leurs banques captives", explique Marc Sabatier, associé chez Sterwen Consulting, dans un récent entretien au magazine Point Banque. En effet, les distributeurs sont aussi des banquiers, un peu à la manière des constructeurs automobiles et de leurs filiales de services financiers. La preuve avec Auchan et Oney Banque Accord, Banque Casino, Carrefour Banque, Banque Révillon (Cora), Banque Edel (Leclerc) ou encore Banque Chabrières (Intermarché). C'est dans les années 1980 que la grande distribution a commencé à développer des activités bancaires. Avec un triple objectif. D'abord, inciter les consommateurs à acheter davantage, en leur proposant des facilités de paiement. Ensuite, les fidéliser au moyen de cartes de paiement intégrant des programmes de fidélité. Enfin, commercialiser leurs propres cartes de paiement pour réduire le coût des commissions versées aux banques lors de chaque paiement d'un client par carte.

Tesco a lancé son premier compte chèques en juin

Dans les années 1990, les enseignes de la grande distribution ont accéléré leur incursion au sein du monde bancaire au fur et à mesure que les Français réduisaient la part des dépenses alimentaires dans leur budget. La commercialisation, via leurs banques captives, de produits d'épargne et d'assurance représente pour les distributeurs un relais de croissance d'autant plus appréciable qu'il génère des marges autrement plus élevées que celles des biens de consommation de première nécessité. Au point que certaines banques captives peuvent peser jusqu'à 10% du bénéfice net des distributeurs.

Pour autant, les banques captives ne se sont pas encore aventurées dans l'ouverture et la gestion de comptes courants, ce qui ferait pourtant d'elles des banques de détail à part entière. Mais est-ce réellement leur but ? Non, ou du moins pas encore, à en croire Nicolas Dreyfus, chez Oney Banque Accord :

"Notre stratégie consiste à permettre à nos partenaires commerçants de proposer à leurs clients des parcours simples, sécurisés, multicanaux et innovants",

avec, à la clé, une augmentation du chiffre d'affaires de ces partenaires commerçants que sont les différentes enseignes du groupe Mulliez (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, etc.). Reste qu'au Royaume-Uni, Tesco a franchi le pas : le 10 juin dernier, Tesco Bank, la filiale de services financiers du premier distributeur britannique, a lancé son premier compte chèques. Dans le but, non dissimulé, de marcher sur les platebandes des vénérables Lloyds Banking Group, Royal Bank of Scotland, Barclays, HSBC et Santander UK. Lesquels gèrent les trois quarts des comptes de particuliers. Mais pour combien de temps encore ?

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Commentaires
a écrit le 20/11/2014 à 13:22 :
Essai
a écrit le 01/10/2014 à 0:38 :
A quel prix tout cela?
a écrit le 30/09/2014 à 13:56 :
Observateur extérieur , je ne comprends toujours pas la manière bien française de présenter les prix...que cela soit en grande surface qu'ailleurs. Le sigle se place soit devant le prix, soit après les cents mais jamais entre les euros et les cents....Bon, c'est pas grand chose mais j'avoue que cela m'exaspère de voir les prix ainsi en France et nulle part ailleurs! € 1.90 ou 1.90 € mais non pas 1€90! C'est pas compliqué tout de même d'appliquer ce qui est valable pour tous sauf pour les français visiblement. Visiblement les français ont autant de mal collectivement de passer à l'euro qu'ils ont eu du mal de passer des vieux francs aux nouveaux francs. pas étonnant alors que l'économie soit en si mauvaise état.....
Réponse de le 30/09/2014 à 15:11 :
Parce qu'on écrit dans le même ordre ce qu'on prononce dans le même ordre, à savoir "1 euro 90" = 1€90.

C'était déjà comme ça avec le franc.
Réponse de le 30/09/2014 à 18:17 :
Il vous en faut peu pour vous plaindre... Au Canada les prix affichés ne comptent pas la taxe, à quelques exceptions près (histoire que ce soit encore plus difficile de s'y retrouver). Les prix ne sont pas toujours affichés, et jamais quand il s'agit des vitrines et des catalogues de présentation des produits (pas étonnant pour ces derniers quand on voit l'inflation galopante).
a écrit le 30/09/2014 à 13:08 :
Y'en a qui vont avoir de drôles de surprise en arrivant à la caisse et en s'apercevant que leur téléphone n'a plus de batteries ...

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