"Taxe Tobin" : les ministres des finances ne parviennent toujours pas à s'entendre

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Les divergences ressurgies lundi 8 décembre entre les ministres européens ont douché l'espoir des ONG de la voir adoptée en 2016, comme prévu initialement.
Les divergences ressurgies lundi 8 décembre entre les ministres européens ont douché l'espoir des ONG de la voir adoptée en 2016, comme prévu initialement. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les ministres des finances européens se sont retrouvés ce mardi 9 décembre à Bruxelles pour tenter de trouver un accord avant la fin 2014 sur le projet d'une taxe sur les transactions financières (TTF), mais rien de concret n'a abouti.

Les 11 pays européens souhaitant créer une taxe sur les transactions financières (TTF) n'ont pas réussi à s'entendre mardi 8 décembre pour en dessiner les contours.

"Nous restons collectivement déterminés à travailler avec acharnement pour trouver des solutions concrètes en vue d'effectuer un premier pas vers une TTF, même si ce ne sera probablement pas avant la fin de cette année mais au début de l'année prochaine", à déclaré Michel Sapin à ses pairs, en anglais, lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles, mardi 9 décembre.

Bercy recule

Au départ, c'était la Grande-Bretagne qui freinait des quatre fers contre l'adoption d'une "taxe Tobin" européenne. Aujourd'hui, alors que onze pays dont la Belgique, l'Italie, l'Autriche et l'Espagne se sont entendus sur le principe, c'est Paris -instigateur initial du projet avec Berlin- qui met de l'eau dans son vin.

En novembre, le ministre des Finances Michel Sapin s'est en effet prononcé pour une taxation très limitée des produits dérivés, cantonnée aux "CDS", les contrats d'assurance contre le risque de défaut de paiement. Une part qui ne représente que 3% de l'ensemble des dérivés dans le monde.

Plusieurs organisations non gouvernementales, dont Oxfam, ont ainsi rendu la France responsable de l'impasse des négociations la semaine dernière, estimant qu'elle voulait imposer sa version d'une "taxe au rabais" afin de "protéger les intérêts du secteur financier français", là où notamment l'Allemagne et l'Autriche voudraient aller plus loin.

Des ministres européens divisés

Les divergences ressurgies lundi 8 décembre entre les ministres européens ont douché l'espoir des ONG de la voir adoptée en 2016, comme prévu initialement. Les 11 pays de la zone euro concernés ne sont pas en effet parvenus à se mettre d'accord sur les grandes lignes du projet, avaient indiqué les diplomates hier. "Un accord ne sera pas possible d'ici la fin de l'année", a assuré l'un d'eux. Un délai d'un an est en effet jugé nécessaire avant que le dispositif puisse entrer en vigueur.

Malgré d'innombrables rencontres, les "onze" n'ont réussi à se mettre d'accord ni sur l'assiette ni sur le lieu de taxation (le lieu d'émission des titres ou celui où a lieu la transaction), ni sur l'affectation du produit de la taxe, que les ONG espéraient voir profiter à l'aide au développement et à la lutte contre les pandémies. La réunion Ecofin de ce mardi avait ainsi peu de chance de débloquer une situation enlisée depuis des mois.

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Commentaires
a écrit le 10/12/2014 à 9:24 :
Amusant... On sait par les expériences de différents pays par le passé que la taxe Tobin est une mauvaise idée, parfaitement contreproductive. Seuls certains politiciens la poussent encore, par dogmatisme ou souci de communication comme Sarkozy l'a fait durant son mandat ! Et voilà que devant le fait accompli, nos dirigeants se retrouvent à faire des pirouettes pour limiter la casse, au lieu d'oser simplement dire qu'ils ont lancé l'idée en Europe contre l'avis de toutes leurs administrations uniquement parce que ça permettait de donner une image sympa anti-finance !
On a vraiment les élus qu'on mérite !
Réponse de le 11/12/2014 à 9:06 :
Contreproductif, oui bien sûr. Par contre l'impôt sur le revenu, c'est productif. La TVA c'est productif. La taxe d'habitation c'est productif. La CSG c'est productif.

Aucun impôt n'est productif par nature.
Réponse de le 11/12/2014 à 14:04 :
A l'origine, la taxe Tobin avait pour objectif de limiter la volatilité des marchés. On sait aujourd'hui grâce aux pays l'ayant instauré qu'elle renforce au contraire cette volatilité. Donc elle ne fonctionne pas pour ce pourquoi elle a été créée...
Vue comme une taxe classique faite uniquement pour remplir les caisses, alors ça c'est autre chose !
a écrit le 10/12/2014 à 9:09 :
Franchement ?
Une taxe complètement indolore qui rapporterai 15 milliards par an rien qu’en France … faut bien prendre cet argent quelque part, ça ne passe pas inaperçu quand même.
Le montant total des produits dérivés qui représente 100 fois le PIB mondial … Pour un jeu à somme nul, on ne voit pas beaucoup d’accidents, si c’était vrai il y aurait de quoi faire couler la moitié de la planète tous les mois …
Réveillez-vous, renseignez-vous, essayez de comprendre un peu … Et quand on ne comprend pas, on ne se permet pas de commenter, et encore moins de réguler ou dire comment faire … Comprendre est un préalable absolument INDISPENSABLE …
Non mais allo quoi !!!
a écrit le 10/12/2014 à 8:22 :
Ras le bol des taxes.
a écrit le 10/12/2014 à 8:22 :
Ras le bol des taxes.
a écrit le 10/12/2014 à 2:51 :
Il me parait normal que la démagogie soit stoppée par la réalité. Les montants de produits dérivés énoncés sont complètement faussés et mal compris par une ignorance totale des commentateurs et journalistes.
Si vous payez une baguette a 2 euros avec un billet de 50, on vous rend 48 euros, considérez-vous que la transaction a portée sur 98 euros ? et taxeriez-vous ces 98 euros à 0.1% soit près de 10 centimes soit disant indolores mais pas tant que ça si on réalise que c’est sur 2 euros … c’est sans doute pas si négligeable par rapport à la marge du boulanger …
Sur les produits dérivés c’est pareil, les banques sont teneurs de marché, cotent et traitent ce que leurs clients leur demandent et revendent un autre produit qui ressemble pour un montant similaire, a d’autres intervenant du marché, souvent une autre banque, pour au bout du compte ne garder en portefeuille qu’ une part infime du risque initial …
a écrit le 10/12/2014 à 0:30 :
Cette taxe devrait porter d'abord sur les produits spéculatifs par nature, comme ceux à effet de levier.
Pour les actions, ce devrait être plutôt à la sortie avant 5 ans, n'étant plus spéculatif après.
Réponse de le 10/12/2014 à 0:59 :
Tout à fait d'accord. j'ajouterais que la taxe ne devrait concerner que les ordres créés et annulés dans la même séance par des algos car c'est bien ça la spéculation de grand chemin, sans foi ni loi.
Réponse de le 10/12/2014 à 3:21 :
Investir ou entreprendre c'est essentiellement spéculer sur les résultats futurs d'une société. Spéculer ce n'est pas un mot grossier comme souhaiterait nous le faire croire les collectivistes à temps partiel (sauf pour leur patrimoine). Peu importe la durée de détention, vous ne pourrez empêcher la cupidité des êtres humains. Pour sortir de la spirale de l'endettement il vaut mieux réguler le crédit, d'autant plus lorsqu'il s'agit de l'économie d'un pays (bulle obligataire).
a écrit le 09/12/2014 à 18:31 :
Faut être réaliste : les banques de la planète n'accepteront JAMAIS une taxe tobin. Ca permettrait de savoir qui fait quoi. Et ça, c'est mauvais pour les affaires...
a écrit le 09/12/2014 à 18:16 :
Je ne comprends pas ce refus puisque la taxe sur les transactions financières (TTF), a été mise en place le 1er août 2012. N'est-ce pas une taxe Tobin çà ?
Elle consiste à taxer les opérations boursières.
La taxe est d'un taux de 0,2 % du montant de la transaction boursière, elle n'est perçue que lors de l'achat d'actions de sociétés françaises dont la capitalisation boursière est supérieure à 1 milliard d'euros.
Concrètement, cela concerne les 109 plus grosses valeurs de la cote et bien évidemment toutes celles du CAC 40.
Réponse de le 09/12/2014 à 18:30 :
La taxe Tobin à l'échelle européenne rendrait illégale la TTF française puisqu'elle devrait être fixé à 0,1 % du montant des achats d'actions mais ne toucherait en aucun cas l'achat à crédit (souvent avec effet levier) de titres (non acquis avant règlement) tel que le SRD le permet à la bourse de Paris. De plus, s'attaquer au marché des actions est stupide puisqu'il permet de financer les entreprises tandis que l'essentiel de la masse monétaire est échangé de gré à gré sur le marché interbancaire (Forex) de manière algorithmique par des robots.
a écrit le 09/12/2014 à 18:15 :
Qu'est ce que c'est que cette europe?!.... ET nos ministres Français qui ne masquent plus de quel côté ils sont, ça va être difficile de dire qu'ils soutiennent les Français, combattent les injustices quand ils ne font rien pour amener de la justice fiscale
a écrit le 09/12/2014 à 17:13 :
Sans commentaire , on est foutu ! Les sans dents n'ont décidément pas de chance...
Réponse de le 09/12/2014 à 17:31 :
La gauche plurielle va pouvoir devenir encore plus plurielle en se divisant sur la question... ça va les occuper (et les journaux par la même occasion) !
a écrit le 09/12/2014 à 16:54 :
Il est pas beau notre garenne de ministre Sapin, il fallait pas de sa part s'attendre a autre chose (Tous des charlots qui défendent leur pré carré) Virez-le........
a écrit le 09/12/2014 à 16:03 :
Le petit francois qui n'ose même pas une petite taxe sur la finance !!
c'est le summum de la traîtrise Apres le Bourget
Réponse de le 09/12/2014 à 16:25 :
Pour l'instant les pionniers français au gouvernement n'ont su que détourner les petits porteurs des valeurs cotées à la bourse de Paris au profit des valeurs étrangères. Pour ma part je compte bien renforcer mes positions hors CAC en profitant au mieux des conventions fiscales en vigueur afin de financer mes vieux jours à défaut de pouvoir acquérir du parpaing hors de prix.
a écrit le 09/12/2014 à 15:33 :
Ca y est les Lobby sont arrivé a leurs fins.
a écrit le 09/12/2014 à 15:05 :
La France croit que le salut de l'humanité est dans la taxe et pourtant elle crève de la taxe. Qu'on en finisse....
Réponse de le 09/12/2014 à 15:34 :
Les taxes sont redistribuées aux rentiers actionnaires via de grasses subventions aux entreprises. Donc la France est loin de crever, elle s'engraisse au contraire et investi massivement à l'étranger. Pour preuve, le patrimoine n'a jamais autant augmenté que depuis cette "crise"...
Réponse de le 09/12/2014 à 17:48 :
tout dépend de ce que l'on nomme augmentation de patrimoine: propriétaire d'un petit pavillon de banlieue dont la valeur a doublé depuis la crise , je ne me sent pas pour autant ( à tord ?) deux fois plus riche.
Réponse de le 09/12/2014 à 19:10 :
@anonyme

Vous n'êtes peut être pas plus riche malgré la spéculation immobilière en tenant compte de l'inflation des prix notamment celles des charges et des impôts fonciers.
a écrit le 09/12/2014 à 15:01 :
Question con : Quels seraient les avantages d'une monnaie (physique) périssable ? Genre une monnaie avec DLC. Mon pote me dit : "pas con, ça éviterait le transfert de malettes. Obligation de déposer en banque. Plus d'économie sous le matelas. Plus de black...
Réponse de le 09/12/2014 à 16:31 :
ça s'appelle une hyperinflation et ça a pas que des avantages (sauf pour les fabricants d'étiquettes de prix)
Réponse de le 09/12/2014 à 17:23 :
L'heure est à la dématérialisation (carte de crédit virtuelle, virement électronique, etc) donc une monnaie physique jetable ne présente aucun intérêt, pas même économique! Pour mettre fin à l'économie informelle il faut supprimer la monnaie physique.
Réponse de le 10/12/2014 à 0:53 :
Pas trop vite svp la suppression des billets. Les dessous de table électroniques ça se détectent trop facilement.
a écrit le 09/12/2014 à 13:37 :
Faut être réaliste : les banques de la planète n'accepteront JAMAIS une taxe tobin. Ca permettrait de savoir qui fait quoi. Et ça, c'est mauvais pour les affaires.
a écrit le 09/12/2014 à 13:35 :
Le problème est que - même en situation de "coopération renforcée" de 11 États - le sacro-saint principe de l'unanimité des États reste applicable, si bien que le moins disant des 11 (en l'occurrence la France) reste maître du jeu. D'autre part, l'éloignement du spectre de Lehman Brothers fait renaître la résistance des banques à la limitation des opérations financières spéculatives. Enfin, les grandes banques françaises sont sans doute parvenues à convaincre le MinFin que leur précaire équilibre financier ne devait pas être affecté par une nouvelle taxe. JGG
Réponse de le 09/12/2014 à 17:28 :
c'est juste. C'est le prix à payer d'avoir une Europe des nations où chacun fait ce qu'il veut et l'esprit n'est malheureusement plus , vous le soulignez, à la coopération mais au "chacun pour soi et dieu pour tous".
a écrit le 09/12/2014 à 10:42 :
Il n'y a que la France (socialiste) pour plomber son secteur financier en appliquant seul la TTF pour continuer d'engraisser un état obèse... C'est tout bénef pour la compétitivité des autres places boursières! (même au sein de la zone Euro)
Réponse de le 09/12/2014 à 17:35 :
vous perdez la mémoire Michel ou bien semblez vouloir oublier qui a lancé l'idée de cette taxe et a essayé de la promouvoir. IL me semble qu'il s'agissait de M. Chirac si je ne me trompe pas. vous vous êtes trompé de corrézien quant à la paternité de cette "hooooooorrible" taxe, dont les autres gouvernements européens soutiennent la mise en palce aujourd'hui, dont la très très très communiste Mme Merkel.
Réponse de le 09/12/2014 à 18:36 :
@Jacques

Je ne perd pas la mémoire puisque ce sont les socialistes au pouvoir qui ont mis la TTF en application avant tous les états du monde et non M. Chirac qui en a eu l'idée sans jamais l'appliquer (avec sagesse ou lâcheté au choix selon son positionnement).
Réponse de le 11/12/2014 à 9:12 :
État obèse, mais bien sûr.

Parce que le système financier il est pas obèse lui peut être. C'est l’hôpital qui se fout de la charité.
Réponse de le 11/12/2014 à 17:38 :
@anonyme

Je vous rappelle que les banques centrales font partie du système financier tout en étant pilotées par les états et les politiques. L'oeil et la poutre...
a écrit le 09/12/2014 à 9:49 :
L'affaire du prêt du FN montre bien que les partis politiques sont dans les mains des banques, qui choisissent finalement les candidats aux élections. L'UMPS a fait une grave erreur politique en attaquant le FN sous cet angle, car il prouve de fait l'implication de la finance dans la politique. Ces partis politiques inféodés aux banques ont les mains liés pour taxer la finance, comme le montre cet article.
Réponse de le 09/12/2014 à 16:59 :
Affirmatif +

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