A Niort, les mutualistes continuent de réinventer l'assurance avec les startups

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(Crédits : Niort Tech)
L'accélérateur French Assurtech vient de recruter les huit startups qui composeront sa deuxième promotion. Initié par cinq assureurs mutualistes et rejoint par d'autres, le programme explore notamment les technologies de l'intelligence artificielle et vise à développer de nouveaux services en dehors des terrains de jeux traditionnels de l'assurance.

L'assistant administratif en ligne Izi Family, la plateforme de marketing prédictif Afterdata et le distributeur de médicaments automatisé d'i-MEDS Healthcare... A première vue, aucune de ces solutions n'a de lien direct avec le monde de l'assurance. Pourtant, elles ont toutes tapé dans l'œil de plusieurs assureurs mutualistes.

Jeudi 29 mars, les membres de l'association Niort Tech (la Maaf, la Macif, la Maif, Covea, le groupement Inter Mutuelles Assistance, Mutuelle de Poitiers Assurance, Groupama, le groupe P&V, NiortAgglo et Medef Deux-Sèvres), ont sélectionné les jeunes pousses de la deuxième promotion de l'accélérateur French Assurtech qu'ils ont lancé il y a un an.

« Notre volonté est de repousser nos frontières. Le monde de l'assurance a besoin de se régénérer, d'aller sur des nouveaux territoires d'innovation pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. Il nous semble intéressant de travailler dans une forme de coopération avec d'autres mutuelles pour servir le plus rapidement possible nos clients », expose Pierre de Barochez, président de Niort Tech et responsable du digital et des systèmes d'information au sein de la Macif.

Repousser les frontières de l'assurance

Huit startups ont été retenues sur 86 candidatures. Ces entreprises innovantes, qui ont toutes un certain niveau de maturité, bénéficieront d'un accompagnement gratuit sur une durée de 9 mois. Parmi elles, plusieurs sont spécialisées dans les technologies d'intelligence artificielle, comme Golem.ai et Afterdata.

« En l'espace de dix ans, le volume de données que nous avons à gérer a été multiplié par dix. Il nous faut faciliter la gestion de ces flux », commente Pierre de Barochez.

Le deuxième cru comprend également Advitam, une plateforme de gestion de l'organisation des obsèques, Unkle qui propose aux locataires, dont les caractéristiques ne collent pas aux exigences du marché, de devenir leur garant, et Neuroprofiler, qui édite des serious games pour permettre aux conseillers financiers d'évaluer le profil d'investissement de leurs clients.

IA, chatbots, systèmes collaboratifs et cyber risques

Seule la jeune pousse La Maison opère dans le cœur de métier des assureurs. Créée en 2018, elle développe, commercialise et gère des contrats d'assurance multirisque habitation.

« Nous étions collectivement intéressés par cette startup qui propose de renouveler l'expérience utilisateur dans l'assurance habitation à partir d'une feuille blanche », indique Pierre de Barochez.

Plus généralement, l'accélérateur French Assurtech souhaite investir les thématiques autour de la mobilité, de la gestion de l'habitat, de la santé et de la silver economy. Le programme d'accélération s'intéresse également de près à la relation client et aux technologies du moment, comme le big data, l'IA et la Blockchain. « Nous nous penchons aussi sur les systèmes collaboratifs qui permettent d'améliorer la gestion de la connaissance, les cyber risques et les agents conversationnels », complète le président de l'association.

« Nous cherchons des startups qui ont déjà un premier produit minimum viable, une équipe déjà construite et un marché, même s'il est réduit. Notre ambition est de démultiplier ce qu'elles ont déjà fait. »

Outre l'accompagnement collectif prodigué par Startup Palace, entreprise nantaise spécialisée dans l'animation de programmes d'innovation, l'accélérateur French Assurtech propose de mettre en relation les startups avec différents experts métiers. Les entreprises accélérées bénéficient également de la force de frappe des grands groupes mutualistes pour réaliser des tests grandeur nature de leur solution. Pour donner un ordre d'idée de ce vaste marché, les clients des cinq entreprises fondatrices de l'association représentent 12 millions de foyers et 15 millions de véhicules assurés.

Des premières synergies

Au cours de la première promotion, quelques synergies ont pu se matérialiser entre startups et grands groupes. L'appli Coorganiz qui vise à faciliter la vie des aidants est désormais commercialisée par le groupement Inter mutuelles assistance (IMA). Fotonower, qui propose d'automatiser la gestion des sinistres automobiles grâce à des algorithmes de reconnaissance d'image, est en discussions avancées avec Groupama. Testamento, qui digitalise les procédures autour de la transmission de patrimoine, a quant à elle pu réaliser des études de marché en s'appuyant sur les clients des mutuelles. La startup a récemment levé 3 millions d'euros auprès de trois assureurs (Allianz France, La France Mutualiste et Malakoff Mederic Humanis), qui ne font pourtant pas partie de l'accélérateur.

French Assurtech, qui met l'accent sur un ancrage territorial fort (le secteur de l'assurance représente plus de 16 000 emplois directs et indirects dans l'agglomération niortaise), s'apprête à s'ouvrir en accueillant de nouveaux acteurs de l'assurance qui n'ont pas d'implantation locale.

Dans l'Hexagone, les initiatives pour faire grossir les startups de l'assurance se multiplient. La Fédération française de l'assurance (FFA) a lancé son propre Hub, l'incubateur parisien Le Swave a fait de l'assurtech l'une de ses priorités et à Lille, EuraTechnologies a lancé un incubateur dédié, entre autres, aux startups de la finance et de l'assurance.

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