Allianz France se réinvente en mode écosystème

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La filiale française du géant allemand affirme être pionnière dans le groupe Allianz dans cette approche et se voit comme un influenceur sur le marché français.
La filiale française du géant allemand affirme être "pionnière dans le groupe Allianz" dans cette approche et se voit comme un "influenceur sur le marché français". (Crédits : Gonzalo Fuentes)
L'assureur, qui a dégagé un résultat opérationnel record l'an dernier malgré les ouragans Irma et Maria, transforme son organisation autour de thématiques comme la mobilité pour répondre aux nouveaux usages.

Si l'année 2017 a été marquée par les catastrophes naturelles, notamment les ouragans Irma et Maria, qui vont représenter un coût brut de 850 millions d'euros (seulement 25 millions en nets après réassurance) pour Allianz France, très présent aux Antilles, la filiale française de l'assureur allemand ne perd pas son cap de long terme, fixé par son plan stratégique 2020 "Innovation et confiance". L'ex-AGF, qui a dégagé un résultat opérationnel "historique" de 1,1 milliard d'euros (+2,8%) en 2017 pour un chiffre d'affaires de 12,88 milliards (+4,6%), entend accélérer sa transformation en lançant ce qu'il appelle des "écosystèmes", un nouveau mode de travail collaboratif et agile en équipes pluridisciplinaires, appelées des "squads", sur des thématiques centrées autour des besoins des clients qu'il veut anticiper.

Le premier écosystème a été lancé en novembre sur le thème de la mobilité, qui taraude tous les assureurs, à l'heure des véhicules autonomes et de la place plus restreinte laissée aux voitures en ville.

"Les usages évoluent et de façon différente entre les très grandes villes et les milieux ruraux ou semi-urbains. Jusqu'ici nos activités d'assurance auto, de deux-roues ou de flotte étaient séparées. Or nous évoluons vers une mobilité à la demande" a expliqué lundi Jacques Richier, le Pdg d'Allianz France, lors d'un déjeuner avec la presse.

L'assureur français, qui pèse pour 10% du chiffre d'affaires et des bénéfices du géant allemand, affirme être "pionnier dans le groupe Allianz" dans cette approche et se voit comme un "influenceur sur le marché français".

"L'innovation fait gagner des clients"

Allianz France a ainsi réuni autour de la thématique de "Ma mobilité" toute une équipe de 120 personnes de ses différents métiers (actuaires, informaticiens, commerciaux, spécialistes du marketing des particuliers et des professionnels, etc), "colocalisées" sur un étage d'une des tours d'Allianz à La Défense.

"L'approche par produits n'est plus complètement pertinente, il faut raisonner par l'usage, par les flux pour assurer la continuité de tous ces modes de mobilité, covoiturage, scooter électrique en libre-service, trottinette électrique, etc. Nous avons une mission commune : protéger nos clients dans tous leurs déplacements" a expliqué Delphine Asseraf, responsable de l'écosystème "Ma mobilité".

Ce mode d'organisation a permis de "brasser les expertises", stimuler la créativité des équipes et faire émerger "des solutions nouvelles", par exemple sur les véhicules semi-autonomes. "Ce pari a déjà permis de générer de bons résultats" affirme Delphine Asseraf, qui indique que le chiffre d'affaires dans la mobilité aurait progressé de 5%, plus vite que le parc automobile français.

"L'innovation nous permet de gagner de nouveaux clients" assure-t-elle.

La moitié des clients ayant souscrit l'assurance pour les véhicules semi-autonomes, une première sur le marché lancée en 2016, étaient de nouveaux clients pour Allianz.

Allianz France va lancer six écosystèmes dans les mois à venir : celui de la santé a démarré en février, les suivants porteront sur "mon quotidien", "mon avenir" (assurance vie, épargne, gestion de patrimoine), "mon entreprise" et "ma construction" (comment les bâtiments "intelligents" ou "communicants" changent la donne de l'assurance et la valeur des biens).

Si Allianz France affirme être passé "du digital par défaut au digital par nature", en revanche, du côté de la vente en ligne, le marché ne décolle pas.

"Le marché français est atypique par rapport au britannique ou à l'italien sur ce point : la vente directe purement en ligne reste très peu significative, de l'ordre de 2%. Mais 20% de nos contrats dans l'auto ont transité par le Net, par un lead. Ces clients "hybrides" choisissent dans les deux tiers des cas d'aller signer leur contrat chez un agent près de chez eux" a relevé Jacques Richier.

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