Après Alan, une deuxième startup française devient une compagnie d’assurance
Juliette Raynal

Seyna emploie actuellement une dizaine de salariés et prévoit d'en compter 15 d'ici la fin de l'année 2020.
DR
Juliette Raynal

Seyna emploie actuellement une dizaine de salariés et prévoit d'en compter 15 d'ici la fin de l'année 2020.
DR
Seyna, spécialisée dans l'assurance dommage en marque blanche, est la nouvelle venue dans le secteur de l'Assurtech tricolore, ces startups qui entendent réinventer le monde de l'assurance. Mais Seyna se distingue des quelque 120 jeunes pousses identifiées sur le marché français par le cabinet spécialisé Klein Blue, dont une large majorité d'entre elles opère en tant que courtier en assurance, comme Luko et Lovys, ou comme fournisseur de technologies pour les assureurs, comme Shift et Zelros par exemple.
Seyna, elle, vient de décrocher un agrément auprès de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). En d'autres termes, cela signifie que Seyna portera les risques financiers liés à son activité d'assurance et ne s'appuiera pas sur un assureur partenaire. Elle rejoint ainsi la startup Alan, spécialisée dans l'assurance santé, qui était jusqu'à présent la seule Assurtech à avoir obtenu l'agrément ACPR.
"Nous estimions qu'il fallait être assureur pour avoir la main sur la création de produits que nous voulons à la fois simples et sur-mesure pour répondre aux évolutions des modes de vie et de consommation. Notre agrément nous permet d'intervenir sur les dommages, la responsabilité civile et les pertes financières", précise Philippe Mangematin, directeur général et cofondateur de la startup, aux côtés de Guillaume d'Audiffret et Jean Nicolini, notamment passé par l'ACPR.
En parallèle de ce processus réglementaire, débuté il y a plus d'un an, la nouvelle Assurtech, accompagnée par l'incubateur Platform58 de La Banque Postale, a procédé à une levée de fonds de 14 millions d'euros. Cette augmentation de capital, d'une taille significative pour une première levée de fonds, doit à la fois "servir à financer nos premières années d'activité et à assurer la solvabilité de l'entreprise qui, en tant que compagnie d'assurance, doit avoir des fonds propres immobilisés", explique le dirigeant.
Le tour de table est mené par le fonds allemand Global Founders Capital (notamment au capital de la néobanque Revolut). L'assureur Allianz France, la Financière Saint James (le family office du cofondateur de vente-privée.com, Michaël Benabou) et une douzaine de business angels participent également à cette levée de fonds.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Seyna opérera en marque blanche par l'intermédiaire d'un réseau de partenaires (distributeurs spécialisés ou autres Assurtech). Elle prévoit de commercialiser six produits, dont "un verra le jour d'ici la fin du mois", indique Philippe Mangematin. Parmi eux, une assurance locative à destination des étudiants, une autre couvrant leurs frais de scolarité dans les établissements privés en cas de maladie entraînant un redoublement, mais aussi une assurance dédiée aux travailleurs indépendants pour couvrir leur matériel ou encore une couverture annulation de billetterie.
Quelle innovation dans une assurance pour les produits de spectacle ? "Ces assurances sont très souvent proposées, mais beaucoup d'acheteurs ont des doutes sur leur capacité à être remboursés à la fin. Dans notre cas, le remboursement s'effectuera en quelques clics et sans aucun justificatif", fait valoir l'entrepreneur, notamment passé par Swiss Re, où il suivait l'activité Fintech et Assurtech.
À lire également
Seyna, qui emploie une dizaine de personnes actuellement, ne communique pas le volume de polices qu'elle souhaite commercialiser au cours de sa première année d'activité. Un développement européen est envisagé à moyen terme "mais nous nous concentrerons sur le marché français la première année", indique Philippe Mangematin. A l'international, Seyna a pour modèle l'allemand Element ou le chinois ZhongAn, grand spécialiste de l'assurance contextuelle (une assurance à la demande que l'on contracte lors d'un acte d'achat) et dont s'est aussi largement inspiré Moonshot-Internet, spin-off de Société Générale Assurances, mais qui n'a en revanche pas d'agrément.
Juliette Raynal