Banques européennes : la crise de la dette souveraine sépare le bon grain de l'ivraie

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L'agence de notation Fitch Ratings ne prévoit pas d'abaisser les notes de crédit des banques d'Europe du Nord, de France et d'Italie sous perspective stable, mais elle se montre plus réservée sur l'Espagne, et plutôt pessimiste pour le Portugal et la Grèce.

La crise de la dette souveraine fragilise les banques des pays en difficulté, mais sans vraiment déstabiliser les autres, estime l'agence de notation financière FitchRatings dans deux rapports publiés ce jeudi.

Le premier rapport indique que la plupart des banques d?Europe du nord devraient être capables de faire face à la crise de la dette souveraine sans dégradation notable de leur solidité financière. L?agence de notation de crédit précise en effet que plus de 80% des établissements qu?elle suit en France, au Royaume Uni, en Allemagne et dans les pays scandinaves bénéficient d?une perspective stable, ce qui signifie qu?elle ne prévoit pas de modifier leur note de solidité financière d?ici un à deux ans.

Les banques de la zone, qui profitent de l?amélioration de la conjoncture économique, notamment en Allemagne et en Suède, ont largement assaini leur bilan, et les provisions sur prêts devraient poursuivre leur reflux en 2011. Fitch pointe toutefois un motif de préoccupation, à savoir la faible croissance des revenus, dont les effets vont se faire sentir davantage à mesure que la baisse des provisions ralentit et que les programmes de réduction de coûts arrivent à terme.

L?agence souligne que les banques d?Europe du Nord ont dans l?ensemble amélioré leur solvabilité et leur liquidité, mais note que ce processus, largement basé sur la réduction des actifs pondérés des risques, devra sans doute se poursuivre "bien au-delà de 2011", tant les actifs accumulés pendant la bulle du crédit sont difficiles à revendre sur le marché. Fitch, qui maintient près de 20% des banques de la région sous perspective négative, souligne que si elle est amenée à modifier certaines notes, ce sera probablement à la baisse, notamment si les mécanismes de résolution de crise qui doivent être mis en place devaient faire peser une partie du coût de restructuration sur les détenteurs d?obligations senior, ou si la croissance devait de nouveau piquer du nez.

Sans surprise, la situation est nettement plus délicate pour les banques d?Europe du Sud, selon le second rapport publié ce jeudi par FitchRatings. La perspective est ainsi négative pour les établissements du Portugal et de Grèce, à cause de la faiblesse de la conjoncture et de difficultés persistantes de refinancement. Fitch évoque des perspectives contrastées pour les banques espagnoles, les plus grandes bénéficiant d?une perspective stable quand le secteur des caisses d?épargne se voit attribuer une perspective négative à cause de la faiblesse du secteur immobilier, auquel elles sont massivement exposées. L?agence a d?ailleurs déjà abaissé la note de crédit de plusieurs "cajas" (caisses d'épargne), parfois de plusieurs crans.

En revanche, le secteur bancaire italien jouit d?une perspective stable, Fitch prévoyant une légère amélioration de leur marge d?intermédiation. Leurs provisions pour créances douteuses, si elles restent élevées, ne devraient en effet pas revenir aux sommets atteints en 2009 et 2010.

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a écrit le 21/01/2011 à 6:45 :
Dans une zone de libre échange, et la zone Euro n'est rien d'autre, il est inévitable que les faibles soient écrasés par les plus fort.
Libre échange c'est l'équivalent de la lutte libre dans une court de recréation pour tous les ages. Alors attention l'infirmerie.
Les responsables des règles qui regissent cette zone de lutte libre (surtout France et Allemagne) devraient être jugés soit pour stupidité soit pour cupidité mais encore mieux pour les deux.
Réponse de le 21/01/2011 à 7:21 :
La chute du mur de Berlin, la réunification allemande et la dissolution de l'Union Soviétique ont obligé les responsables Européens de l'époque à prendre des décisions trop rapidement. Ces décisions, comme il s'avère maintenant, n'étaient pas toujours judicieuses.
En fait il aurait mieux valu faire avancer le processus européen avant d'admettre autant de nouveaux membres. Les choses étant ce qu'elles sont, il convient maintenant de changer les règles pour permettre une intégration réelle de tous les nouveaux membres. Pour atteindre ce but des nouvelles institutions Européennes dotés de pouvoirs doivent être crées. Une harmonisation des économies est indispensable. Sans quoi la fin de l'Euro et par coonsequent de l'UE est inévitable.
a écrit le 20/01/2011 à 22:34 :
Très peu de créativité!...«Copier-Coller»...Tout cela c'est de l'air chaud exhalé par des «agences pyromanes» en quête de maintien d'honoraires...
a écrit le 20/01/2011 à 18:02 :
La parodie continue. Les actifs toxiques ont tous été transférés sur des consortiums de réalisation qui sont exclus du périmètre du "stress-test", par ailleurs à la limite du ridicule dans ses niveaux de benchmarking. Enfin, plus dure sera la chute pour les simples.

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