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En pleine crise bancaire, Dexia joue sa survie

Mathias Thépot, actualisé par latribune.fr

Publié le 27 septembre 2011 à 14:29

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Fitch Ratings a annoncé mardi avoir abaissé la note de viabilité de Dexia de "BB" à "B+" au nom de l'impact de la dégradation de l'environnement opérationnel sur les faiblesses structurelles de la banque. Entre cessions d'actifs imposées par la Commission européenne et rumeurs de démantèlement de ses activités de financement des collectivités locales, l'établissement vit des jours difficiles. Son modèle semble dépassé.

Le président du conseil d'administration de Dexia, Jean-Luc Dehaene, a souligné ce mardi dans un communiqué que "contrairement à certaines rumeurs, le conseil d'administration et les actionnaires de Dexia, qu'ils soient publics ou privés, excluent tout scénario de scission du groupe". "Il est de la responsabilité de l'ensemble des actionnaires du groupe de gérer l'héritage du passé et d'assurer son avenir", a-t-il poursuivi.

Depuis que la Commission européenne lui a imposé, à la fin 2008, une restructuration massive en contrepartie d'un sauvetage par les Etats français, belge et luxembourgeois, Dexia vit sur le fil du rasoir. Minée par des actifs toxiques hérités de la crise et par des activités pas assez rentables par rapport aux fonds propres qu'elles consomment, la "banque des collectivités locales" a déjà été contrainte de réduire son bilan de 73 milliards d'euros, à 518 milliards à fin juin. Elle a aussi cédé des activités dans une dizaine de pays, aux Etats-Unis, au Japon, au Mexique, en Europe centrale, en Europe de l'Est ou en Australie. Pour la seule année 2011, 24,5 milliards d'euros ont été cédés.

Mais Dexia souffre toujours d'un besoin de financement à court terme de 96 milliards d'euros. C'est certes 160 milliards d'euros de moins qu'en 2008, mais c'est assez pour maintenir la banque sous tension dans les conditions de marché actuelles. Ce mardi, Fitch Ratings a d'ailleurs annoncé avoir abaissé la note de viabilité de Dexia de "BB" à "B+" au nom de l'impact de la dégradation de l'environnement opérationnel sur les faiblesses structurelles de la banque.

Pour éviter de revivre le cauchemar d'il y a trois ans, l'établissement veut céder son portefeuille obligataire d'actifs toxiques le plus rapidement possible, tout en limitant ses pertes. Selon Les Echos de lundi, la banque franco-belge envisage de céder 20 milliards d'euros d'actifs, tout en concédant un manque à gagner de 10%. Une opération qui lui ferait perdre 2 milliards d'euros mais maintiendrait au-dessus de 9% son ratio de fonds propres les plus fiables ("Core Tier One"). Cette somme de 20 milliards "ne correspond pas aux objectifs du groupe, qui ne souhaite du reste pas communiquer sur ce point", a commenté Dexia ce lundi, ce qui n'a pas empêché le titre de regagner 6,56%.

Un autre moyen de réduire son bilan serait d'extérioriser les crédits accordés aux collectivités locales, ce qui lui permettrait de l'alléger de 80 milliards d'euros. Une rumeur récurrente depuis plus de deux ans, relayée ce week-end par Le Figaro, indiquait que Dexia, la Caisse des dépôts et La Banque postale négocient la création d'un nouvel établissement public spécialisé dans le financement des collectivités locales. Dexia se refuse à "tout commentaire sur les hypothèses de discussions invoquées dans la presse".

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Une chose est sûre : la période n'est pas propice au financement des collectivités locales. Pour Pierre Mariani, administrateur délégué de Dexia, nommé dans la crise de 2008 : "nous allons vers une modification profonde de la structure du financement des collectivités locales. Les prêts à 25 ans ne seront dans le futur plus des produits possibles pour les banques." "Il y a un très fort ralentissement des activités de crédit aux collectivités locales, dû notamment au coût très élevé de la liquidité", ajoute-t-il.

Depuis que Pierre Mariani est arrivé à la tête de Dexia, la stratégie de financement des collectivités locales de Dexia a pris un virage clair : il y a un avant et un après Mariani. Avant, Dexia prêtait massivement aux collectivités en dégageant de faibles marges. Après, la banque a réduit le volume de ses lignes de crédits aux collectivités et a développé des activités plus traditionnelles comme le crédit-bail ou l'assurance. Dexia détient pourtant toujours 40% des encours totaux de crédits aux collectivités locales en France, mais ne réalise plus que 15% des affaires nouvelles.

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La banque, pour survivre, est à la recherche d'un nouveau modèle, plus équilibré, moins dépendant des financements de marché : les métiers du groupe Dexia sont réorganisés autour de trois activités : la banque de détail et commerciale en Belgique, au Luxembourg et en Turquie ; le financement des acteurs publics et parapublics en France, en Belgique, en Italie, dans la péninsule Ibérique et en Allemagne ; et enfin, les activités de gestion d'actifs, de services aux investisseurs et d'assurance. Plus grand-chose à voir avec la vieille CAECL, devenue Crédit Local de France, qui se rêvait en grand acteur de la finance française au bon temps des années 1990.

Mathias Thépot, actualisé par latribune.fr

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