55 milliards de dollars : la vertigineuse valorisation que vise la néobanque Nubank pour son entrée en Bourse

Huit ans à peine après son lancement, la néobanque brésilienne Nubank vise une valorisation de 55 milliards de dollars pour sa prochaine introduction en Bourse, prévue à la fin de l'année ou au début d'année prochaine. Un montant colossal dans la lignée des récentes valorisations tout aussi élevées des néobanques Revolut ou Chime. Alors que ces fintechs sont rarement rentables, elles suscitent l'emballement des investisseurs. Explications.

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La jeune néobanque se lance à la conquête de l'Amérique latine.
La jeune néobanque se lance à la conquête de l'Amérique latine. (Crédits : Reuters)

Toujours plus haut ! Même les néobanques atteignent les valorisations vertigineuses des ténors des paiements ou de la Bourse. Huit ans à peine après son lancement, la néobanque brésilienne Nubank vise ainsi une capitalisation de 55 milliards de dollars pour sa prochaine introduction en Bourse, prévue à la fin de l'année ou au début d'année prochaine, selon l'agence Reuters. Le montant est pharaonique. 55 milliards de dollars, c'est plus que la principale banque du pays, Itau Unibanco. Et même 80% de mieux que la dernière valorisation de Nubank en juin dernier, lors d'une levée de fonds de 500 millions, menée par le célèbre fonds Berkshire Hathaway de Warren Buffett.

Hypercroissance

Cette valorisation peut se justifier par la croissance extraordinaire de cette fintech sur un marché pourtant concurrentiel. La banque en ligne, qui a débuté avec une simple carte bancaire pour étoffer sa gamme à tous les services bancaires, a profité de la piètre qualité de la concurrence des banques traditionnelles pour se faire rapidement une place au soleil. Au Brésil, elle a su cependant convaincre près de 40 millions de clients à la fin du premier semestre 2021 (contre 11 millions deux ans plus tôt). Pourtant, avec de nombreuses licornes, comme Neon ou Banco Inter, les challengers sur le marché bancaire ne manquent pas. Et les grandes banques traditionnelles ont lancé des contre-offensives et grandement amélioré leur qualité de services.

Nubank se lance désormais à la conquête de l'Amérique latine avec des résultats tout aussi rapides qu'au Brésil : elle a séduit plus de 1,5 million de clients au Mexique en moins d'un an, tandis qu'en Colombie, 300.000 personnes sont sur liste d'attente. La banque, qui ne compte que 4.000 salariés, vise aussi l'Allemagne. La stratégie de la banque est simple : cap sur l'hypercroissance ! Elle réalise également des acquisitions ciblées, notamment dans la technologie et les services d'investissement, ou des prises de participation dans d'autres néobanques, notamment Jupiter en Inde.

Les performances financières ne sont cependant pas encore au rendez-vous. En 2020, la banque a perdu 230 millions de reais (37 millions d'euros) et affiche un encours de crédit de 18 milliards de reais (3 milliards d'euros).

Le futur de la banque

Les néobanques, qui dégagent rarement des profits, attirent décidément autant les investisseurs que les licornes déjà bénéficiaires. En juillet dernier, lors d'un tour de table piloté par le fonds japonais Softbank, la valorisation de la Britannique Revolut a atteint 33 milliards de dollars, six fois plus que l'année précédente.

Autre exemple, en août, une levée de fonds de 750 millions de dollars a valorisé la néobanque américaine Chime à 25 milliards de dollars : autant que certaines banques européennes, comme Société générale. Le modèle de Chime est d'ailleurs proche de celui de Nubank : à partir d'une carte de crédit, la banque a su développer de nombreux services. Là aussi, une tarification attractive et, surtout, une application mobile simple à utiliser font la différence.

Pour les investisseurs, le futur de la banque sera mobile ou ne sera pas. Ils misent donc des sommes folles car ils sont persuadés que ce type de banque poursuivra encore longtemps leur croissance à deux chiffres, sur un marché bancaire pourtant en panne. De fait, ces néobanques ne sont pas valorisées comme des banques, mais comme des sociétés de technologie. Et entre ces deux univers, les multiples de valorisation ne sont pas les mêmes !



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Commentaires 2
à écrit le 27/08/2021 à 8:42
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Faut dire qu'ils s'aiment tellement tout ces gens qui détruisent le monde en ronflant.

à écrit le 27/08/2021 à 8:16
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Lavage d'argent sale des cartel de Colombie et autres exportateurs de coke, voire d'armes. Ouvrir un compte chez nubank c'est courir le risque de se retrouver a poil.

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