En cas de coupures des aides, les banques restent exposées à des pertes subites

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(Crédits : Reuters)
L'éventuelle suppression cette année de mesures de soutien prises par les Etats pour amortir la crise « pourrait augmenter le risque d'effets de falaise », soit une dégradation brutale de la qualité des portefeuilles de prêts, a averti la banque centrale européenne.

Les grandes banques de la zone euro résistent bien jusqu'à présent à la crise liée au Covid-19, mais restent exposées à des pertes importantes sur leurs portefeuilles de crédit, relève jeudi la Banque centrale européenne.

La suppression progressive en 2021 de mesures de soutien prises par les Etats pendant la crise "pourrait augmenter le risque d'effets de falaise", en clair une dégradation brutale de la qualité des portefeuilles de prêts, prévient le superviseur des banques logé au sein de la BCE.

Pour encourager des approches prudentes en termes de prêts, le gendarme du secteur en zone euro a communiqué "un nombre considérablement plus élevé de recommandations aux banques" sur les derniers mois, indique la BCE au terme de sa campagne annuelle d'analyse des risques pesant sur les établissements.

Lire aussi : Réseaux, impayés, paiements, fonds propres, consolidation : les cinq défis qui attendent les banques en 2021

La multiplication des créances douteuses

La détérioration des conditions économiques pendant la pandémie a ralenti le nettoyage dans les bilans des banques des créances "pourries", qui progressait depuis des années. Aussi, il existe "un niveau de détresse enraciné dans les livres de prêts qui n'est pas encore tout à fait évident", souligne le superviseur.

Les banques de la zone euro ont pu jusqu'à présent résister au choc économique sans précédent causé par la pandémie grâce à des niveaux de fonds propres "nettement plus élevés" que ce ne fut le cas lors de la grande crise financière de 2008-2009, note la BCE.

La surveillance du risque de crédit va rester une priorité en 2021, comme la robustesse du capital des banques, la durabilité de leur modèle et leur gouvernance.

L'Autorité bancaire européenne (ABE) a de son côté annoncé lundi qu'elle lancerait le 29 janvier un test de résistance bancaire, dont elle prévoit de publier les résultats le 31 juillet.

Cet exercice, en pratique opéré par la BCE, va consister principalement à évaluer les effets de développements économiques et financiers négatifs sur la solvabilité des établissements bancaires et ainsi identifier des faiblesses potentielles.

Lire aussi : Les banques européennes ont durci leurs conditions de crédits aux entreprises

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Commentaires
a écrit le 28/01/2021 à 10:45 :
ben oui
10% des pge c'est 15 milliards
et le reste suivra, ca fait encore plus
donc l'etat exigera qu'on fasse ' des fonds propres' pour toutes ces entreprises pas rentables ( avec l'argent de l'assurance vie et l'l'exces d'epargne inegalitariste')
comme ca on pourra augmenter les salaires et payer les dettes fisc et urssaf ( c'est ' de l'investissement a la francaise', monsieur)
a écrit le 28/01/2021 à 10:05 :
Bref les banques veulent de l'argent, leur unique raison de vivre, leur pathologique lutte contre l'ennuie disait Nietzsche, mais elles le mangent ou quoi le pognon ? Ben oui et le système digestif s'appelle paradis fiscaux.

Et dans ces paradis fiscaux je suis sûr qu'il n'y a aucune créance douteuse... :-)

Quelle vaste imposture que notre système quand même hein.
Réponse de le 28/01/2021 à 13:46 :
Dans l'absolu les chiffres peuvent donner le tournis : l'argent est la matière première du banquier, comme l'aluminium pour d'autres industries.
Interessez vous a la rentabilité des banques, et vous comprendrez vite que, si elle a été exagérée dans le passé, elle est aujourd'hui 2 à 3 fois moins forte que la majeure partie des industries. Elles sont aujourd'hui passées sous tous les angles côté conformité. Interessez vous plutôt aux plates-formes numériques si vous souhaitez dénoncer l'aberrant, ou plus simplement au détournement d'argent public opéré par Macron : aider le capital privé à passer la crise avec de l'argent public (et à pousser le risque equity sur les salariés par les réformes du droit du travail), prenant ainsi le rôle des actionnaires qui eux gardent la valeur de leur patrimoine et leur dividendes.
Réponse de le 28/01/2021 à 14:04 :
Il vont bien nous refaire le coup des subprimes, version européenne. Les banques européennes avaient massivement investi aux USA au lieu de financer le développement de l'Europe. Et comme en 1929, on a beaucoup perdu en 2008. Et aujourd'hui il vont saisir l'opportunité de la pandémie pour rafler notre épargne, mais qui ne sera pas redistribué aux pauvres car ils risquerait d'en faire un mauvais usage...
Réponse de le 28/01/2021 à 19:51 :
C'est le problème des fuites, on peut aussi le mettre en perspective avec le scandale wirecard qui n'hésite pas à inventer des milliards, après tout au moins ils ont levé l'hypocrisie.

Dans la finance rien n'est illégal tant que l'on ne se fait pas prendre et sa tombe bien on ne distingue plus les hors la loi des shérifs.

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