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Entreprises & FinanceBanque

En Italie, la taxe sur les profits des banques risque de ne pas rapporter gros

latribune.fr

Publié le 26 octobre 2023 à 15:31 - Mis à jour le 26 octobre 2023 à 16:08

Après avoir essuyé de véhémentes critiques, y compris au sein même de sa coalition, la Première ministre Giorgia Meloni a été alors contrainte d'édulcorer son projet de taxe controversée.

Après avoir essuyé de véhémentes critiques, y compris au sein même de sa coalition, la Première ministre Giorgia Meloni a été alors contrainte d'édulcorer son projet de taxe controversée.

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La taxe sur les profits des banques, annoncée cet été par le gouvernement Meloni, risque de ne pas rapporter beaucoup d'argent à l'Etat. En effet, les banques ont préféré mettre de côté pour renforcer leurs réserves.

Décidé par le gouvernement Meloni cet été, la taxe sur les surprofits des banques risque de ne pas faire recette. L'une après l'autre, les banques italiennes se défilent. Cette taxe, fixée à hauteur de 40%, peut ne pas être acquittée si les banques mettent de côté des milliards d'euros pour renforcer leurs réserves. Une option autorisée par la loi.

Le gouvernement Meloni a mis cette taxe en place après que les banques italiennes ont vu leurs revenus engendrés par les intérêts s'envoler dans la foulée de la hausse des taux. Sans pour autant augmenter la rémunération des comptes courants de leurs clients. Annoncé début août dans la plus grande confusion, ce projet avait déclenché un mouvement de panique à la Bourse de Milan.

Des critiques véhémentes

Après avoir essuyé de véhémentes critiques, y compris au sein même de sa coalition, la Première ministre Giorgia Meloni a été alors contrainte d'édulcorer son projet de taxe controversée. Fustigeant les « marges injustes des banques », elle a pourtant défendu jusqu'au bout sa mesure, dont elle attendait des recettes de trois milliards d'euros. Mais dans le projet de budget 2024, aucune ligne n'est prévue à cet effet. Et pour cause : les banques peuvent en effet choisir entre payer le prélèvement ou augmenter leurs réserves non distribuables - réserves qui ne peuvent pas être versées sous forme de dividendes - d'un montant équivalent à deux fois et demie l'impôt.

Numéro un du secteur, Intesa Sanpaolo a annoncé mercredi vouloir accroître ses réserves de 2,07 milliards d'euros au lieu de verser 828 millions d'euros au fisc. Jeudi, la banque d'affaires Mediobanca a opté pour le même scénario, constituant des réserves de 226 millions d'euros. Les deux banques emboîtent dès lors le pas à leur rivale UniCredit, qui avait indiqué dès mardi augmenter ses réserves de 1,1 milliard d'euros pour échapper au paiement d'un impôt qui lui aurait coûté 440 millions d'euros. En revanche, si les banques utilisent ce type de réserves pour redistribuer des bénéfices aux actionnaires, elles s'exposent à une pénalité.

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Rassurer les actionnaires

D'ores et déjà, UniCredit a rassuré ses actionnaires, confirmant que « plus de 6,5 milliards d'euros » seraient redistribués en 2023. La banque s'attend, en effet, à un bénéfice net d'« au moins » 7,25 milliards d'euros cette année. Pour sa part, Intesa Sanpaolo compte verser 5,8 milliards d'euros à ses actionnaires et prévoit un bénéfice « bien supérieur » à 7 milliards d'euros.

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Son patron Carlo Messina avait été le seul banquier italien à ne pas rejeter l'idée d'une possible taxe bancaire, à condition que ses recettes soient affectées à « des mesures en faveur des personnes les plus en difficulté ». Pour marquer le coup, il a annoncé que sa banque comptait affecter 1,5 milliard d'euros sur la période 2023-2027 à des initiatives visant à « lutter contre les inégalités » sociales.

Et tant pis pour le fisc italien. Francesco Galietti, fondateur du cabinet de consultants Policy Sonar, juge « très probable que les recettes supplémentaires générées par la taxe bancaire seront inexistantes ». « Certains membres du gouvernement admettent ouvertement que l'idée même de cette taxe était mal conçue, car elle a fini par nuire à la crédibilité de l'Italie », a-t-il dit à l'AFP.

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Une mesure « démagogique »

Marina Berlusconi a dénoncé en septembre une mesure « démagogique » risquant de « rendre le pays moins attractif pour les investisseurs étrangers ». La fille aînée de Silvio Berlusconi, fondateur du parti conservateur Forza Italia décédé en juin, est la présidente de la holding familiale Fininvest qui contrôle une myriade de sociétés, dont une part de 30% dans la banque Mediolanum.

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Mi-septembre, la Banque centrale européenne a également critiqué le projet italien de taxe. Le montant de cette « taxe extraordinaire » unique à payer durant l'année 2024 pourrait « ne pas être proportionné à la rentabilité à long terme d'un établissement de crédit et à sa capacité de génération de capital », avait estimé la BCE qui a émis un avis juridique non contraignant sur le projet. Ces banques seraient in fine peu disposées à « absorber les risques de baisse potentiels d'un ralentissement économique ».

(Avec AFP)

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