Le gouvernement italien a demandé à l'Agence spatiale européenne de retirer les lanceurs de la famille Vega du portefeuille commercial d'Arianespace. Un dossier à l'agenda du sommet spatial de Séville, prévu les 6 et 7 novembre.C'est peut-être l'heure du Vexit (contraction de Vega et exit)... C'est le nom de code donné pour le divorce entre Arianespace et Avio, le constructeur italien des lanceurs de la famille Vega, qui pourrait être très certainement consommé lors du sommet spatial de Séville prévu les 6 et 7 novembre prochain. Ce dossier est d'ailleurs inscrit à l'agenda de ce sommet qui sera important pour la filière européenne notamment dans le domaine des lanceurs et de l'exploration spatiale. Contacté par La Tribune, Avio a répondu qu'« il n'avait aucune information à ce sujet ». Quant à l'Agence spatiale européenne (ESA), interrogée par La Tribune, elle n'a pas donné suite à nos demandes.
Selon nos informations, le gouvernement italien a fait une demande officielle pour retirer les lanceurs Vega de l'orbite d'Arianespace, la société qui commercialise actuellement les lanceurs Ariane et Vega. Pour autant, « il n'est pas sûr encore que le sommet de Séville donne une réponse définitive à l'issue de ce sommet », explique-t-on à La Tribune. Il y sera notamment question des modalités de sortie d'Avio.
Un vieux rêve de Giulio Ranzo
La rupture semble définitive entre la France et Avio même si son PDG Giulio Ranzo souhaite rester... au Centre spatial guyanais (CSG) pour lancer Vega-C, et puis très certainement Vega E (+ 20% de performances), qui pourrait se révéler être un futur concurrent pour Ariane 62 et dont le premier vol est actuellement prévu en 2026. C'est un vieux rêve de Giulio Ranzo de voler de ses propres ailes sur le plan commercial depuis la fin des années 2010 pour des questions d'autonomie stratégique. Son rêve de bâtir un « Vega Space » avait été mis entre parenthèses à la suite du premier échec de son lanceur Vega en juillet 2019, suivi d'un deuxième en novembre 2020.
Cette nouvelle initiative n'est donc pas surprenante. Il l'a relancé en 2022 et avait réussi à convaincre l'ancien gouvernement de le suivre dans cette aventure. Mais les élections parlementaires italiennes ont désigné en octobre 2022 une nouvelle majorité. Résultat, toute la filière des lanceurs a été suspendue pendant des mois à la position du nouveau gouvernement italien. « Je constate aujourd'hui que le gouvernement italien suit les positions de Giulio Ranzo », précise-t-on à La Tribune. Tout comme le groupe Leonardo, actionnaire à hauteur de 29% du constructeur des lanceurs Vega.