Le Crédit Agricole lance une marketplace emploi pour les jeunes

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Le projet à trois ans du groupe Crédit Agricole prévoit se développer des services extra-financiers pour être utile à ses clients.
Le projet à trois ans du groupe Crédit Agricole prévoit se développer des services extra-financiers pour être utile à ses clients. (Crédits : Xavier Isaac)
La plateforme Youzful cherche à connecter les jeunes avec les millions de clients professionnels et entreprises du Crédit Agricole. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de développer des services extra-financiers « utiles » aux clients de la banque. Une tendance qui se développe dans l’univers bancaire, grâce notamment à l’open banking.

Numéro un en France sur le marché des jeunes, Crédit Agricole lance une initiative pour soutenir leur emploi dans les territoires. Le groupe bancaire mutualiste met ainsi en place une plateforme (www.youzful-by-ca.fr) qui vise à connecter, au niveau local, les jeunes en quête d'emploi ou de stages avec les entreprises qui recrutent. Au-delà d'un module d'informations pratiques, alimenté par des partenariats avec l'Etudiant et l'Apprenti, la plateforme recense quelque 320.000 offres d'emploi, qui émanent à ce jour, pour l'essentiel, de Pôle Emploi.

Mais ces offres, et c'est l'originalité de cette plateforme, seront progressivement enrichies par les professionnels et les entreprises eux-mêmes. Chaque caisse régionale et chaque caisse locale du Crédit Agricole inciteront en effet leurs propres clients professionnels à alimenter la plateforme selon leurs besoins. Sans exclusivité cependant car la plateforme est également ouverte aux non-clients du réseau bancaire.

Annuaire et prises de rendez-vous

Mais l'idée est bien de faire converger les demandes des quelque 4 millions de clients jeunes de la banque avec les quelque 4 millions clients professionnels ou entreprises, et ce au plus près des bassins d'emploi. Le groupe doit amorcer la pompe du lancement de la plateforme d'abord auprès ses clients professionnels et, ensuite, la faire connaître plus largement auprès de ses jeunes clients et du grand public.

Un annuaire, qui recense tous les professionnels inscrits sur la plateforme, permet aux jeunes de rechercher rapidement les offres disponibles, en fonction de plusieurs critères, et d'entrer directement en contact via une messagerie privé. Enfin, les caisses régionales animeront des « Youzful Cafés » pour faciliter les prises de rendez-vous et des évènements seront organisés pour faire la promotion auprès des jeunes des entreprises qui recrutent. Une approche qui a déjà fait ses preuves : depuis trois ans, le réseau a déjà organisé plus de 300 évènements « premier stage, premier job » avec 2.100 entreprises partenaires.

Déploiement de services extra-bancaires

Cette initiative du Crédit Agricole n'est pas une démarche isolée : elle s'inscrit dans le cadre du projet du groupe qui vise à multiplier les services extra-bancaires afin de renforcer son utilité auprès de ses clients et de la société.

« Nous sommes à la frontière de l'écosystème du Crédit Agricole mais dans une approche plus centrée sur les besoins des clients, nous sommes persuadés de notre utilité en donnant un coup de pouce aux jeunes, qu'ils soient clients ou non, dans des moments clés de leur vie, comme la recherche du premier emploi. Nous pensons également que c'est un vecteur fort de fidélisation », explique Pierre Metge, directeur marketing Groupe Crédit Agricole.

C'est dans cet esprit que la banque mutualiste avait lancé, en octobre dernier, le service Yapla, une plateforme de gestion et de paiement pour les associations. Développée par l'incubateur du groupe « La Fabrique by CA », l'application, téléchargée à ce jour par 12.000 associations, permet d'accéder gratuitement à des services de gestion des adhérents et des cotisations et l'organiser des évènements, le tout au sein d'une application unique.

De nombreux projets dans les cartons

Dans quelques semaines, une application similaire sera lancée pour les auto-entrepreneurs et les très petites entreprises pour les accompagner dans leur gestion administrative. L'objectif est le même : permettre d'alléger au maximum les tâches fastidieuses de la vie de l'entrepreneur ou du trésorier d'une association.

D'autres projets sont dans les cartons dans des domaines aussi variés que le logement, la sécurisation des données personnelles (coffre-fort numérique), la mobilité (choix d'une voiture) ou bien la santé (téléconsultation, prévoyance, coaching...). Ces projets s'appuient tous sur des partenariats, notamment des start-up, comme Hello Charly (coaching) pour la plateforme Youzful.

Du "nudge" au concept "beyond banking"

De fait, s'il est assez courant pour les fintechs de faire appel à cette notion d'utilité pour attirer de nouveaux clients, notamment dans le domaine du coaching financier, il est plus rare de voir de grandes banques se lancer dans les services extra-financiers pour simplifier la vie de leurs clients Pourtant l'idée n'est pas nouvelle.

Le concept du « coup de pouce » (nudge en anglais) a été notamment popularisé il y a une dizaine d'année aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Il repose sur l'idée qu'aider un client dans ses démarches ou ses achats ou même l'inciter à modifier son comportement est un pari gagnant-gagnant. L'initiative la plus connue dans ce domaine a été celle d'HSBC visant, grâce à des alertes, à prévenir les découverts de ses clients.

Et, de façon plus récente, le développement de l'open banking incite les banques à développer des offres extra-financières périphériques, en amont et en aval des besoins bancaires, grâce notamment aux partenariats. De nombreuses réflexions sont lancées dans le crédit immobilier, notamment pour accompagner le client dans sa recherche de bien.

Autre exemple, la banque belge KBC offre à ses clients la possibilité de réserver des billets de train depuis l'application bancaire. Plus avancée encore, la banque russe Tinkoff propose une « super app » qui intègre à la fois des services financiers et des boutiques d'e-commerce, dans des domaines aussi variés que les loisirs, le voyage ou des services, comme le nettoyage. C'est ce que l'on nomme désormais le beyong banking, de plus en plus perçu comme un avantage concurrentiel dans un monde financier en pleine mutation.

Lire aussi : Revolut, N26, Nubank, Chime, Ualá... Cinq néobanques qui séduisent des millions d'utilisateurs

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Commentaires
a écrit le 11/01/2021 à 15:11 :
Pas brillant l'état de santé des salariés des milieux bancaires actuellement, directeurs de banques compris également.

Avant de vouloir sauver les jeunes, sauvez déjà vos employés hein, vous vous distinguerez ainsi facilement er rapidement de la concurrence.
Réponse de le 11/01/2021 à 18:52 :
Il n'y a rien à sauver dans les banques privées puisqu'elles ne disposent d'aucune protection de fonds sinon celle des banques centrales dont les dettes sont galactiques après avoir repris l'ensemble des créances pourries des banques privées...

Par ailleurs, n'importe quel opérateur financier (cf. création du CAC) peut être remplacé par un automate à l'appellation édulcorée en "Intelligence Artificielle". L'avantage des machines sur l'homme est indéniable lorsqu'il s'agit de calculer.
Réponse de le 12/01/2021 à 8:42 :
Le directeur de ma banque, petit bled, est arrêté pour dépression depuis 3 mois, et je sais que celui d'une petite ville toute proche également, et j'en connais un autre qui est au bout du rouleau l'annonçant régulièrement je suis un peu inquiet pour lui d'ailleurs.

J'imagine ce que ça doit être dans les grandes villes hein... -_-

L'économie financière c'est le massacre à tous les étages.

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