Pour l’instant, tout va bien pour le secteur bancaire en Europe. Après des profits exceptionnels en 2022, les banques européennes profitent à plein de la montée des taux pour reconstituer leurs marges d’intérêt. Seule exception, les banques françaises, du moins dans leurs activités de détail en France. Selon l’agence de notation Standard & Poor’s, la perspective du secteur est relevée à stable et beaucoup de banques européennes ont vu leur notation s’améliorer cette année. Selon Allianz GI, le secteur bancaire est aujourd’hui la meilleure opportunité sur le marché du crédit.La banque suisse UBS vient d'annoncer son intention de rembourser, à la première échéance (call) le 28 novembre prochain, 700 millions de dollars singapouriens (483 millions d'euros) de dette AT1 (Alternative Tier-1). Et la banque pourrait même émettre à nouveau ces titres hybrides assimilés à des fonds propres. Un retour très attendu, du moins pour sa portée symbolique.
Lors du rachat de Credit Suisse par UBS en mars, dans le cadre d'un plan de sauvetage, les détenteurs de titres AT1 du Crédit Suisse ont vu en effet leur investissement réduit à zéro sur décision du régulateur - soit 17 milliards de dollars effacés d'un trait de plume - provoquant au passage de multiples poursuites judiciaires (pour un montant de 9 milliards de dollars) et la quasi-fermeture du marché des AT1, autrefois prisé par les banques.
Les obligations AT1 ont été spécialement créées pour absorber les chocs, selon certains critères, comme par exemple un ratio de solvabilité qui passerait sous le seuil des 7%. Mais les investisseurs y voyaient des obligations à haut rendement (finalement peu risquées), alors que les superviseurs jugeaient ces titres comme des coussins de sécurité à utiliser en cas de problème.
Quelques émissions cet été, notamment celle de BNP Paribas en dollars, ont un peu réanimé le compartiment. Les marchés de dette ont généralement la mémoire courte. Mais l'appétit n'est plus vraiment là.
« Les AT1 sont des titres attractifs quand l'environnement macroéconomique est bon et que les taux sont bas. Aujourd'hui, les taux sont hauts, l'environnement plus incertain et les rendements élevés pour les dettes les moins risquées. Alors pourquoi prendre inutilement du risque ? »,explique un gérant taux.