C'est peut-être le premier acte fort de Slawomir Krupa en tant que futur directeur général du groupe Société Générale. L'actuel patron des activités de banque d'investissement, qui doit succéder à Frédéric Oudéa d'ici à mai prochain, tenait en effet à ce projet. Ce dernier permet de confirmer la volonté de Société Générale de rester un acteur important dans le domaine de la recherche et du courtage sur les actions.
La banque a ainsi annoncé ce mardi 22 novembre avoir conclu un accord avec le gestionnaire d'actifs américain AllianceBernstein pour créer une co-entreprise regroupant les activités de cash actions et de recherche actions.
La banque française détiendra dans un premier temps 51% de cette joint-venture, basée à Londres sous le nom de « Bernstein », avec la possibilité de monter à 100 % du capital au bout de cinq ans. L'opération devrait être finalisée avant la fin de l'année 2023. L'actuel patron de Bernstein Research, Robert van Brugge, deviendra responsable de la nouvelle entité, alors que Stéphane Loiseau, responsable du cash actions à Société Générale, en deviendra le numéro deux.
La Société Générale précise que ce projet sera « relutif à partir de 2025 », avec une hausse de la rentabilité estimée entre « 15 et 20 points de base ». Les modalités financières de cette transaction n'ont pas été communiquées.
« Ce partenariat avec l'un des établissements les plus reconnus dans les domaines de la recherche et du cash actions, combiné à notre leadership mondial sur les dérivés actions, créerait un leader incontesté sur l'ensemble du métier actions au service des clients émetteurs et investisseurs », avance Slawomir Krupa dans un communiqué.
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«Ce partenariat a un sens stratégique, surtout depuis la mise en œuvre de (la directive européenne) Mifid2. Les capacités de Bernstein en matière de recherche et de Société Générale sur les actions, les dérivés et les services prime offrent une bonne complémentarité et permettent d'accroître l'effet de taille sur une gamme de services plus large avec davantage de synergies », commente le courtier Jefferies dans une note.
La banque confirme donc ses ambitions sur les actions et estime que ce partenariat est une étape vers la création d'un acteur global dans les métiers actions. Elle prend ainsi le même virage stratégique que BNP Paribas qui ne cesse de renforcer son pôle actions sur tous les métiers (cash, dérivés, recherche, prime). Le groupe avait d'ailleurs porté l'an dernier à 100% sa participation dans le capital du broker (courtier) Exane.
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D'autres banques ont fait le choix inverse en se dégageant de la recherche ou de l'intermédiation depuis plusieurs années. C'est le cas de Crédit Agricole qui a cédé il y a dix ans sa filiale de courtage Cheuvreux à Kepler, ou bien, plus récemment Natixis qui a vendu son activité de courtage à Oddo. Pour de nombreux professionnels, la directive européenne Mifid2, visant à une meilleure transparence (notamment sur la facturation de la recherche), a pesé sur la rentabilité des activités de courtage et de recherche.
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