« Notre enjeu est d'éviter que les dix prochaines années mènent à un déclassement supplémentaire de l’Europe » Frédéric Oudéa (Société Générale)
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... ofi, Frédéric Oudéa donne aussi quelques pistes d'avenir pour la banque au-delà de ses frontières classiques.
Entretien vidéo avec Frédéric Oudéa, directeur général de Société Générale sur le thème "La mondialisation dans tous ses états" au EY T-Day.
Société Générale est la banque française la plus impactée par la guerre en Ukraine puisque vous avez dû céder votre filiale russe Rosbank. Quel regard portez-vous sur ce basculement du monde auquel nous assistons ?
J'ai rarement connu une période avec autant de facteurs de risques et d'incertitudes mais les scénarios les pires ne sont pas nécessairement les plus probables. Ce qui est vrai, c'est qu'il y a des changements géopolitiques profonds : la Russie aujourd'hui, demain une relation Chine-Etats-Unis qui peut se durcir. Bref, un monde plein d'incertitudes et de tensions. Et puis, il y a également les éléments structurels très importants pour les entreprises autour du changement climatique, autour de la question du digital. Et au regard de tous ces défis, il y a évidemment la question de la capacité de l'Europe à faire face et à rester compétitive, vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine.
Il y a aussi le retour de l'inflation, on l'avait presque oubliée.
C'est effectivement un changement radical. Je vous rappelle qu'il y a trois ou quatre ans, les économistes parlaient de risque de déflation ! Il est extrêmement difficile aujourd'hui de prévoir de quoi vont être faites les trois ou quatre prochaines années. Nous sommes à un tournant avec une forte inflation et la hausse des taux d'intérêt. C'est la fin de l'anomalie des taux négatifs, qui a duré près de huit ans ! Pouvoir emprunter à des taux négatifs était une hérésie totale. Aujourd'hui, nous traversons donc une phase de normalisation mais qui peut conduire à des changements complexes et à de fortes turbulences. Les politiques monétaires font face à une inflation brutale, alimentée par les enjeux d'énergie, mais pas seulement. Il y a également les frictions sur les chaînes d'approvisionnement et sur les marchés du travail. Ce retour de l'inflation est un enjeu majeur pour nous, les banques, mais aussi pour tous les acteurs économiques. Les économistes de Société générale ont plutôt comme scénario central un atterrissage de la croissance, pas une récession violente. Une croissance faible pendant trois ans, qui devrait conduire naturellement à un ralentissement de l'inflation. Dans un tel scénario, les banques centrales, après avoir fortement et rapidement monté les taux et rassurées par la normalisation de l'inflation, pourraient les rebaisser...
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