Union bancaire : François Villeroy de Galhau milite pour des géants paneuropéens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, souhaite relancer l'union bancaire.
SARAH MEYSSONNIER
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, souhaite relancer l'union bancaire.
SARAH MEYSSONNIER
Après son souhait de relancer l'Union des marchés de capitaux, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, plaide pour une Union bancaire, un projet européen inachevé. « L'Europe a trop longtemps laissé la puissance financière aux autres ; elle a trop longtemps négligé l'atout que sont les banques et des institutions financières compétitives », a notamment déclaré le gouverneur, ce mardi, lors du Paris Finance Forum.
L'Europe doit mobiliser au service de ses entreprises « la ressource inconnue », l'excédent d'épargne, soit une capacité de financement nette de plus de 300 milliards d'euros. C'est l'objectif du marché unique des capitaux. Mais, estime le banquier central, l'Europe doit reprendre le chantier de l'Union bancaire, déjà engagé depuis dix ans avec l'union de la supervision bancaire et la mise en place du mécanisme de surveillance et de résolution unique, doté d'un fonds de garantie de 80 milliards d'euros.
Mais cela n'est pas suffisant. Il faut davantage d'harmonisation entre les systèmes bancaires européens. La trop forte fragmentation des systèmes bancaires est, selon le banquier, un frein « à l'émergence de banques paneuropéennes ». Or, « la taille est un facteur objectif de compétitivité, en particulier parce qu'elle permet aux banques d'amortir le coût des investissements indispensables » dans les nouvelles technologies. « Les autorités européennes doivent inlassablement renforcer leur combat contre encore trop de divergences nationales à courte vue et d'obstacles nationaux », estime le gouverneur. L'échec récent de créer un scheme de cartes bancaires paneuropéen, dans le cadre du projet EPI, en est une illustration.
À lire également
Le gouverneur avait déjà appelé à une plus forte consolidation du secteur bancaire en Europe lors de la présentation, fin mai, du rapport annuel de l'ACPR, le superviseur français de la banque et de l'assurance. Ces propos ont eu un écho particulier moins de quinze jours après que le président de la République, Emmanuel Macron, en réponse à une question de Bloomberg TV, s'était plutôt ouvert aux fusions transfrontières en zone euro. Le journaliste américain avait alors évoqué le cas fictif d'une fusion entre la banque espagnole Santander, trop vite interprété comme un scénario qui aurait l'assentiment de l'Élysée. Ce que l'exécutif a dû démentir.