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Consolidation du secteur bancaire européen : le PDG de la Société générale ferme la porte à Macron

latribune.fr

Publié le 22 mai 2024 à 16:47 - Mis à jour le 22 mai 2024 à 16:47

« En ce qui nous concerne (...) la probabilité d'une opération d'ampleur transfrontalière en Europe est de mon point de vue nulle », a répondu Slawomir Krupa, le patron de la Société générale.

« En ce qui nous concerne (...) la probabilité d'une opération d'ampleur transfrontalière en Europe est de mon point de vue nulle », a répondu Slawomir Krupa, le patron de la Société générale.

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Le directeur général de la Société Générale, Slawomir Krupa, a estimé mercredi que « la probabilité d'une opération d'ampleur transfrontalière en Europe » impliquant le groupe bancaire était « nulle », à ce jour, en réponse à une polémique lancée par des propos d'Emmanuel Macron.

[Article publié le mercredi 22 mai 2024 à 12h23, mis à jour à 18h46] Le PDG de la Société générale donné une réponse claire et précise à la proposition d'Emmanuel Macron : c'est non.

La semaine dernière, lors d'un entretien accordé à l'agence de presse américaine Bloomberg, en marge du sommet sur l'investissement « Choose France » à Versailles, le président français, avait déclaré qu'il était favorable à une consolidation du secteur bancaire européen. Il était alors interrogé sur un exemple fictif selon lequel la première banque espagnole, Santander, souhaitait acheter Société Générale. « Cela fait partie du marché, mais agir en Européens signifie avoir besoin de consolidation en tant qu'Européens », avait répondu le chef de l'État, ajoutant que, « bien sûr », des fusions transfrontalières pourraient être possibles dans le secteur.

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Le président « s'exprimait sur une question de politique européenne, c'est dans son mandat. En ce qui nous concerne (...) la probabilité d'une opération d'ampleur transfrontalière en Europe est de mon point de vue nulle », a répondu Slawomir Krupa le patron de la banque, lors de son assemblée générale, ce mercredi. Les consolidations « sont aujourd'hui en Europe extraordinairement improbables pour toute une série de raisons », d'ordre réglementaire mais aussi industriel, les synergies d'une telle opération étant difficiles à exploiter, selon lui.

Mise au point

Ce mercredi, Emmanuel Macron a donc tenu à préciser ses propos sur Société Générale. Dans un entretien au journal L'Express, il a affirmé n'avoir « jamais » parlé d'un cas spécifique - car « ce serait très malvenu » - mais bien « de manière générique ». « Jamais je n'ai nourri ni ne nourrirai quelque spéculation sur quelque groupe français que ce soit », a-t-il martelé, le matin même de l'assemblée générale de la banque française.

« Si on dit qu'on est pour l'union bancaire et l'union des marchés de capitaux, on est pour que les acteurs européens s'organisent de manière optimale entre eux. Le reste, c'est la vie des affaires, ça ne me concerne pas »,a-t-il ajouté.

Le président français est aussi revenu sur une éventuelle consolidation du secteur bancaire européen. « Je n'ai pas dit que je souhaitais une consolidation. Je n'ai ni à la souhaiter ni à la bloquer », a-t-il affirmé, invoquant « une espèce de bulle médiatique (...) inappropriée » qui « s'est formée » après son interview à Bloomberg TV. « On ne peut pas dire qu'on est pour l'union des marchés de capitaux et l'union bancaire, et dire qu'on va faire, entre Européens, du protectionnisme », a-t-il complété.

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Le rachat de Société Générale a toujours été un scénario jugé crédible depuis son échec sur Paribas en 1999, finalement raflé par BNP. Le projet le plus abouti a sans doute été celui d'un rapprochement avec la banque italienne Unicredit juste avant la crise financière de 2007. Mais il a finalement été avorté par l'affaire Kerviel et la crise des Subprimes qui rendait l'exécution du rapprochement trop risqué. En outre, la fusion était jugée trop compliquée à réaliser et le gouvernement italien s'était montré assez hostile face à cette éventualité.

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Une vision qui fait débat

La position soutenue par Emmanuel Macron est néanmoins partagée, notamment par les régulateurs européens, qui militent depuis des années pour accélérer la consolidation transfrontière et qui ont mis en place les outils réglementaires pour faciliter ces opérations. Plusieurs voix, dont la Banque centrale européenne (BCE), se sont déjà exprimées en faveur d'un secteur bancaire européen plus concentré autour de quelques acteurs. Car, hormis la Britannique HSBC, aucune banque d'Europe ou du Royaume-Uni ne figure parmi les 15 premiers établissements dans le monde, selon leur capitalisation boursière.

D'autres sont en revanche farouchement opposés aux grands rapprochements, à l'image du gouvernement espagnol. En Espagne, le géant BBVA a tenté une offre de fusion sur sa compatriote Banco Sabadell, « la banque des PME ». Devant le rejet de cette dernière, elle a lancé une OPA hostile début mai. L'exécutif, qui juge l'opération « contraire aux intérêts » de l'Espagne, a alors menacé de la faire dérailler.

Le directeur général de Crédit Agricole SA, Philippe Brassac, a lui estimé ce mercredi lors de l'assemblée générale de son groupe que « la consolidation européenne cross-border (ndlr : transfrontalière) ne se fait pas ». Ce, « parce qu'elle n'est pas simple ». Interrogé au sujet d'un potentiel rachat de la Société générale, il a estimé « pas raisonnable, pas rationnel de considérer qu'un établissement de crédit comme la Société Générale (...) qui respecte tous ses ratios et de très loin, serait un établissement qui, nécessairement, devrait être consolidé ».

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Le directeur général de Société générale, Slawomir Krupa, va présenter ce mercredi le bilan de sa première année à la tête de cette banque, lors de l'assemblée générale des actionnaires. Parmi ses objectifs figurait celui de faire remonter le cours de Bourse. Atteint puisqu'en un an, le cours de l'action a augmenté de près de +13%, à plus de 27 euros, avec une progression toutefois en dents de scie. L'action a dernièrement bougé favorablement suite à la déclaration d'Emmanuel Macron. Reste que, parmi les trois banques cotées sur l'indice phare CAC 40, Société Générale est la moins bien valorisée par les investisseurs. Sa capitalisation boursière tournait ce mercredi autour de 22 milliards d'euros, alors que BNP Paribas vaut presque le quadruple et Crédit Agricole plus du double.

Société générale vise une croissance annuelle des revenus assez faible, entre 0% et 2% en moyenne entre 2022 et 2026, un taux de distribution compris entre 40% et 50% du résultat net publié, ainsi qu'un taux de rentabilité annualisé de capitaux propres (ROTE) compris entre 9% et 10% en 2026.

La banque s'est en outre engagée dans une phase de recentrage de ses activités, qui donne lieu à une vague de cessions : elle limite drastiquement son exposition en Afrique et est en train de se séparer de ses activités de financement de biens d'équipement pour les entreprises. Le média La Lettre a rapporté ce mercredi qu'elle cherche un repreneur pour sa participation de 75% dans Hanseatic Bank, filiale dédiée au crédit à la consommation en Allemagne. Société Générale a par ailleurs annoncé en début d'année la suppression de 947 postes au siège parisien, en plus des 3.700 liées à la fusion des réseaux de banques de détail en France.

(Avec AFP)

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