« Bpifrance veut aussi être une Fintech »

Organigramme Bpifrance cdc
BPI
La banque publique d'investissement (Bpifrance) cultive sa différence. Lors de la présentation des résultats annuels ce mardi, le directeur général, Nicolas Dufourcq, a insisté sur le caractère atypique de cette banque « pas tout à fait comme les autres, certainement pas une administration ou une caisse. » Née fin 2012 du rapprochement d'Oséo, de CDC Entreprises, du FSI et du FSI Régions, l'entité détenue à 50% par l'État et à 50% par la Caisse des Dépôts à travers un établissement public Epic, est « une banque privée à capitaux publics et à mission d'intérêt général » fait-il valoir : Bpifrance est une compagnie financière au statut de société anonyme. « La Banque centrale européenne (BCE) a mis un peu de temps à s'habituer à cet animal un peu particulier », qui ressemble, selon lui, « un peu au groupe Paribas des années 1980 avec la Compagnie bancaire et la maison Paribas pour le private-equity [capital-investissement] : les banques à actionnariat privé doivent rendre un rendement élevé et ne peuvent plus avoir d'importante activité de private-equity, c'est aussi pour cela que Bpifrance a été créée » a-t-il analysé.
Les plus-values de cession ont d'ailleurs dopé les résultats de Bpifrance, qui a dégagé un bénéfice net record de 1,36 milliard d'euros (+88%), dont 883 millions de gains sur la vente de participations dans Schneider, Eiffage et Technip (plus-value technique liée à sa fusion avec FMC, sans sortie effective), pour des revenus de 2,32 milliards (+49%).
Aiguillon des grands groupes et PME pour accélérer leur transformation de l'intérieur, notamment face aux enjeux du numérique, Bpifrance doit aussi évoluer. La banque des startups, qui met en avant son taux de recommandation « exceptionnel » (+42), proche de celui des banques en ligne (ING et Boursorama), va devoir moderniser son activité et opérer sa propre transformation numérique, dans le cadre du chantier Bpifrance Digital.
Bpifrance est elle-même au capital de startups de la finance, comme Younited Credit, Tinubu Square et Kyriba, et partenaire d'IbanFirst et Kantox par exemple.
Le site de Bpifrance, qui se cantonnait à l'information, a commencé à proposer du « transactionnel » (des services bancaires en ligne). La banque publique compte s'appuyer sur les données pour améliorer sa connaissance du client : « avec le digital, on en saura plus sur sa comptabilité, on va pouvoir suivre ses flux, son quotidien. Nous allons faire travailler nos algorithmes d'intelligence artificielle sur la data client et mettre nos clients en relation les uns avec les autres. C'est notre rêve » a confié Nicolas Dufourcq.
À lire également
Cinq ans après sa création, Bpifrance prépare son nouveau plan stratégique pour les années 2020, en s'appuyant sur « le modèle résilient d'une banque frugale et très profitable, qui peut traverser les crises. Quand les critiques demandent comment ne pas faire un nouveau Crédit Lyonnais, nous répondons qu'il faut une politique du risque implacable, c'est ainsi que BPI est pilotée » a défendu son directeur général.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Le directeur général a défendu la nécessité d'être présent sur tout le continuum de financement.