Coronavirus: les bancassureurs, à la rescousse des entrepreneurs, sèment la zizanie
Juliette Raynal
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Mercredi 22 avril, le Crédit Mutuel a annoncé dédommager à hauteur de 200 millions d'euros ses clients ayant souscrit une assurance multirisque professionnelle avec perte d'exploitation. Le Crédit Agricole et Société Générale Assurances ont fait des...
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Coronavirus: les bancassureurs, à la rescousse des entrepreneurs, sèment la zizanie
Depuis le début de la crise du coronavirus, de nombreuses voix s'élèvent pour que les assureurs prennent en charge les pertes d'exploitation, non couvertes par les contrats, subies par les artisans, commerçants, restaurateurs et plus généralement les TPE. Alors que les assureurs faisaient bloc sur ce point, trois bancassureurs ont décidé cette semaine d'aller au-delà de leur engagement contractuel et d'indemniser une partie de ces pertes. Un geste salué par les petites entreprises, mais critiqué par certains assureurs de la place.
Après le Crédit Mutuel, pionnier de la bancassurance, et Crédit Agricole, c'est au tour de Société Générale Assurances de s'engager à compenser une partie des pertes d'exploitation de ses clients assurés, en allant au-delà des clauses prévues dans les contrats.
Dans un communiqué de presse, la filiale du groupe Société Générale indique mettre en place "un dispositif de soutien
extracontractuel
" pour "accompagner ses assurés artisans, commerçants et TPE détenteurs d'une assurance multirisque professionnelle couvrant les pertes d'exploitation". Le montant de ce dispositif n'est pas indiqué mais il s'inscrit dans une enveloppe globale de 100 millions d'euros et est donc sensiblement inférieur à cette somme. Pour chaque client concerné, l
'indemnisation pourra aller jusqu'à 7.000 euros et représenter deux mois d'interruption d'activités.
Depuis le début de la crise liée au coronavirus, de nombreuses voix s'élèvent, notamment parmi les patrons de petites entreprises dans le secteur de la restauration-hôtellerie, pour demander aux assureurs de rembourser les pertes d'exploitation liées à la crise de l'épidémie de coronavirus et aux mesures de confinement, estimées à quelque 60 milliards d'euros par la Fédération française de l'assurance (FFA).
Des pertes colossales non couvertes par les contrats d'assurance
A l'arrêt total, ou presque, les entreprises du tourisme perdent, à elles seules, l'équivalent de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires par semaine. Sur le marché, il existe bien une assurance de pertes d'exploitation permettant à une entreprise de compenser les effets de la diminution de son chiffre d'affaires et de faire face à ses charges fixes. Mais cette assurance ne fonctionne que si elle est directement liée à un dommage matériel, comme un incendie par exemple. Dans la très grande majorité des cas, elle ne peut donc fonctionner en cas de pandémie.
Depuis plus d'un mois, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), tout comme la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), appelle ainsi les assureurs à aller au-delà de leurs engagements contractuels pour prendre en charge, au moins en partie, ces pertes d'exploitation vertigineuses, comme ont pu le faire certains assureurs en Allemagne.
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