Les assureurs français sous le feu des critiques, comment font nos voisins allemands ?

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En Allemagne, Allianz va couvrir jusqu'à 15% les pertes d'exploitation enregistrées par les boulangeries, restaurants et hôtels, pénalisés par la période de confinement.
En Allemagne, Allianz va couvrir jusqu'à 15% les pertes d'exploitation enregistrées par les boulangeries, restaurants et hôtels, pénalisés par la période de confinement. (Crédits : Charles Platiau)
En Bavière, plusieurs assureurs, dont Allianz, vont couvrir jusqu'à 15% des pertes d'exploitation enregistrées par les boulangeries, restaurants et hôtels, touchés de plein fouet par les mesures de confinement. En France, c'est un sentiment d'abandon qui l'emporte du côté des petites entreprises, lourdement affectées par la crise. De leur côté, les assureurs tricolores défendent leur mobilisation et rappellent les engagements qu'ils ont pris, parfois sous la pression du gouvernement.

Depuis le début de la crise économique liée à l'épidémie de coronavirus, le monde de l'assurance est la cible de nombreuses attaques sur son manque d'intervention et notamment son refus de prendre en charge les pertes d'exploitation sans dommage. Aujourd'hui évaluées à près de 60 milliards d'euros, ces pertes de chiffre d'affaires touchent de plein fouet les petits commerces et les professionnels de la restauration et de l'hôtellerie. Mais en France, comme dans de nombreux pays, les garanties ne couvrent souvent que les pertes liées à un dommage matériel, comme un incendie par exemple, qui empêcherait un professionnel de faire marcher ses cuisines. Pour une entreprise, la baisse de revenus liée à la pandémie de coronavirus n'est donc pas indemnisée.

Lire aussi : S'assurer contre le coronavirus : un vrai casse-tête pour les entreprises

La solidité des assureurs menacée

En France, les assureurs expliquent ne pas être en mesure d'indemniser des pertes pour lesquelles aucune prime n'a été collectée en amont. Le lobby des assureurs à l'échelle internationale (GFIA) estime même que contraindre les compagnies d'assurance à prendre de telles mesures pourrait "menacer sérieusement la stabilité de l'industrie" et pourrait "nuire significativement à la capacité des assureurs à indemniser d'autres types de sinistres".

Pour autant, les assureurs français, sous le feu des critiques, ne cessent de rappeler leur mobilisation. "L'effort global se chiffre à pas moins de 3,2 milliards d'euros d'engagement", a souligné Florence Lustman, la présidente de la Fédération française de l'assurance (FFA), lors d'une conférence de presse ce mercredi 15 avril. Dans les détails, cette enveloppe globale se compose d'une poche de 1,75 milliard d'euros de mesures extra-contractuelles et de solidarité, dont 400 millions d'euros alloués au fonds de solidarité dédié aux TPE et indépendants, et de 1,5 milliard d'euros d'investissements dans les PME et ETI, notamment dans le secteur de la santé.

Lire aussi : Coronavirus : la mobilisation des assureurs face à la crise en cinq chiffres

Peu d'entreprises concernées en Allemagne

Toutefois, les petites entreprises tricolores touchées par ces pertes d'exploitation inédites gardent un goût amer. Celui-ci est accentué par un récent accord noué en Bavière, où le ministère de l'Économie est parvenu à convaincre certains assureurs de prendre en charge entre 10 et 15% des pertes d'exploitation des restaurants et hôtels pénalisés par la période de confinement, comme le rapportaient en début de semaine nos confrères des Echos.

Comment expliquer une telle mesure chez nos voisins d'outre-Rhin ?

"Les contrats de pertes d'exploitation sont très peu répandus en Allemagne. Ils ne concernent pas plus de 73.000 entreprises. C'est un contrat très peu souscrit", explique Florence Lustman.

"Par ailleurs, il ne s'agit pas de contrats d'assurance dommages comprenant des clauses de pertes d'exploitation comme nous les connaissons en France, mais des contrats de garantie en cas de fermeture d'entreprise. Ce sont des contrats très spécifiques et très peu développés", complète Jean-Laurent Granier, vice-président de la FFA et PDG de Generali France.

Indemnisation maximale de 500 millions d'euros

Les entreprises ayant souscrit à ce type de garantie n'étaient initialement pas couvertes en cas de pandémie, mais les autorités bavaroises ont exigé des assureurs qu'ils prennent en charge 15% du montant des pertes d'exploitation enregistrées par ces entreprises sur une période de trente jours, dans un cadre extra-contractuel. Allianz, qui fait partie des assureurs signataires, proposera cette solution à l'échelle de l'Allemagne.

"Même si cette mesure était étendue à toute l'Allemagne, cela représenterait une indemnisation maximale de 500 millions d'euros et ne concernerait que les 73.000 entreprises qui ont souscrit à ce type de contrat", souligne la présidente de la FFA. "C'est donc moins que notre participation de 400 millions d'euros au fonds de solidarité qui, non déductible fiscalement, représente l'équivalent de 600 millions d'euros", défend-t-elle.

Selon la patronne du lobby des assureurs, il existe deux façons d'indemniser les commerçants et artisans dans le contexte de la crise sanitaire : la méthode française, qui consiste à mettre en place un fonds de solidarité. Et la méthode allemande, "qui cible uniquement les entreprises ayant choisi de s'assurer et qui demande un effort inférieur aux assureurs".

Quelques exceptions françaises

L'Hexagone devrait toutefois compter quelques exceptions. En effet, certains assureurs, dont Covea, qui regroupe les marques MAAF, MMA et GMF, ont commercialisé de manière ponctuelle des contrats permettant à des entreprises de s'assurer contre l'éventuelle fermeture de leur établissement, provoquée par un risque sanitaire. Ces entreprises seront indemnisées.

"Le niveau d'indemnisation sera très important au regard des primes versées pour ces contrats mais ces contrats seront appliqués", a assuré Florence Lustman.

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Commentaires
a écrit le 16/04/2020 à 16:41 :
Alors la GMF silence radio ! Vive la Maif assureur militant ! Encore bravo !
a écrit le 16/04/2020 à 14:23 :
Il faut que le CODIV-19 soit reconnu comme une maladie professionnelle pour les enseignants au même titre que pour le persnnel soignant ou les militaires sur le porte avions Charles De Gaulle qui vont leurs ouvrir des droits à pensions d'invalidité !
a écrit le 16/04/2020 à 11:28 :
Certains jours j'avoue mon étonnement.
Le COVID tombe à mes yeus naturellement comme catastrophe naturelle. Il ne s'agit pas d'un sinistre pour incendie ou problème sanitaire, mais de ce que l'on appelle en jargon juridique anglo saxon: Un acte de dieu.
Ces actes sont couvert par les lois sur les catastrophes naturelles. Le decret devrait être paru. Pourquoi ne le fait on pas? Parce que le fonds sera vite épuisé et dans ce cas l'état doit indemniser le manque. Les outils légaux sont là, mais comme d'habitude l'état francais se défausse derrière une habile communication.
Ceci dit, en cas de faillite je ne serais pas étonné que des entreprises aillent au conseil d'état pour deöander la catastrophe naturelle et les indemnisations qui vont avec.
Cela promet de beaux débats juridiques qui engraisserons les avocats.
Réponse de le 16/04/2020 à 12:05 :
Le covid est un problème de santé public, qui doit être pris en charge par l'assurance maladie.

La gestion politique pour le moins étrange du problème, n'est pas assurable parce que les dégâts sont inchiffrables et imprévisibles,.... à l"inverse, d'une crue, d'un incendie, d'un accident de voiture.

Rappelons simplement que la crise économique est volontaire et totalement d"origine politique.

Ce n'est pas le virus qui a fermé les frontières, les écoles, les magasins, les usines, les transports et assigné les français à résidence.
Réponse de le 16/04/2020 à 21:40 :
C'est qd même pas compliqué à comprendre qu'on dde aux assureurs institutionnels un effort de solidarité auprès de leur clients E. ou particuliers, eux dt un nbre considérable les ont engraissés pdt des années en période de paix, sans déclarer le moindre sinistre.
Comme l'Etat (cad nous ) qui fait preuve de solidarité vis à vis des chômeurs partiels, des soignants, du petit commerce, TPE, PME... ou qui a forcé la main des ténors du CAC40 dt pas mal d'assureurs privés, aidés par ailleurs par l'Etat (cad nous), à ne pas verser de dividendes.
Comme disait le regretté Coluche " C'est nx, ça vient de sortir !! ".
Alors, SVP, pas de raisonnements fumeux qui conduisent à raconter des c....ries, puisque par sa nouveauté, un tel risque n'est pas quantifiable en terme de probabilité au même titre qu'un acte terroriste, de sinistralité sur les biens ou les personnes ( du moins, tant qu'un vaccin ou un traitement approprié n'aura pas été identifié).
Du reste, le PDG d'AXA a évoqué, je crois, la création d'un fond spécifique, un peu analogue au fonds Attentat...
Réponse de le 16/04/2020 à 22:02 :
L'assurance maladie devrait couvrir des pertes d'exploitation? Au nom de quelle logique?
Si unb organisme couvre c'est l'état par les fonds de catastrophe naturelle. L'assurance maladie couvrira les frais de soins.
a écrit le 15/04/2020 à 21:01 :
Décidément, l'Allemagne fait tout mieux que nous !
a écrit le 15/04/2020 à 19:10 :
On voit plus dans cette dispute une opération de communication du gouvernement, qu'un rationnel (il n'y a aucun rationnel de demander à une compagnie d'assurance de couvrir un risque pour lequel personne n'a souscrit).. Ce n'est pas raisonnable, mais pas nouveau, puisque l'état avait déjà pris à sa charge les dégâts fait par la tempête Xynthia y compris pour les propriétaires non assurés (il était pourtant possible de le faire...). C'est un choix de société que de savoir ce que la collectivité -ce n'est pas l'état qui paient, ce sont les citoyens..- doit assumer, et ce que les particuliers doivent assumer. La situation cependant n'est pas logique quand on change les règles du jeu après la catastrophe..
a écrit le 15/04/2020 à 18:49 :
Les assureurs n'oublient pas de prélever leur prime pendant le confinement
a écrit le 15/04/2020 à 18:48 :
Le marché de l'assurance en France tourne aux alentours de 220 mds, dt 60% en assurance vie placé essentiellement sur le marché obligataire.
On voit dc que la contribution péniblement arrachée par l'État à ce secteur ( soit 3.2 mds), pour l'aider à financer la sinistralité Covid19 est dérisoire, inférieure à 2% de son CA et globalement payée par l'augmentation annuelle mécanique des primes, de 2 à 3 pt sup à l'inflation.
Et qu'ils viennent pas nous dire que les charges de fonctionnement augmentent ss arrêt, car à l'heure d'internet, de + en + de contrats st souscrits et gérés en ligne, de même pour la gestion des sinistres, contribuant fortement à réduire les frais fixes.
a écrit le 15/04/2020 à 17:51 :
Très peu d'entreprise se sont assuré contre les pertes d'exploitation moins de 2% des contrats
Le secteur de l’assurance se mettrait en danger s’il payait un sinistre pour lequel personne n’a cotisé. L'argent des assureurs vient directement de la poche de ceux ayant souscrit des contrats si l'effort qui leur est demandé est trop important, les prime d'assurance des prochaine année va exploser.
Peut être devrions nous plutôt nous tourner vers la chine pour avoir des dommages et intérêt suite au mensonge du gouvernement chinois qui a minimiser les chiffres de l’épidémie, a fait pression sur les lanceur d'alerte pour qu'ils se taisent.
L'OMS n'ont plus n'a pas joué sont role, ils ont pris a la lettre les chiffres chinois sans faire aucune vérification.
a écrit le 15/04/2020 à 16:25 :
Et les ministres, députés , sénateurs, hauts fonctionnaires, ils font quoi ??? a part demander aux autres de payer leur addition.

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