Fiscalité, éducation : Philippe déroule le tapis rouge à la finance post-Brexit

 |   |  662  mots
(Crédits : POOL New)
Flat-tax sur le "carried interest" des fonds, école européenne en 2019 : le Premier ministre a dévoilé de nouvelles mesures pour séduire les milieux financiers qui s'interrogent sur leurs plans après la sortie du Royaume-Uni de l'UE, lors d'un dîner organisé au Quai d'Orsay avec le gratin du secteur.

"Londres est une énigme, Paris est une explication". C'est en citant une formule de l'écrivain britannique G.K. Chesterton, en anglais dans le texte, que le Premier ministre a résumé son plaidoyer, devant plus de 200 acteurs issus du gratin de la finance. Lors d'un dîner au Quai d'Orsay organisé par Paris Europlace, l'association en charge de la promotion de la place financière de Paris, Edouard Philippe a annoncé ce mercredi soir de nouvelles mesures pour attirer en France les institutions financières qui s'interrogent sur leur accès au marché unique après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne prévue en mars 2019.

« Cette offre est audacieuse et directe : nous voulons offrir aux investisseurs mondiaux, aux institutions financières, de nouvelles opportunités et un environnement solide et stable pour investir, relocaliser, développer leur activité en France et en Europe. Nous voulons que vous vous sentiez tous les bienvenus, chaleureusement les bienvenus, en France » a déclaré Edouard Philippe dans un discours en partie dans la langue de Shakespeare. 

Du côté de la fiscalité, le Premier ministre a notamment annoncé que la "flat-tax" (prélèvement forfaitaire unique) à 30% s'appliquerait au "carried interest" (système d'intéressement des gestionnaires de fonds de capital-investissement aux résultats) perçu hors de France serait traité en France comme un revenu du capital et non plus du travail, réduisant ainsi l'imposition des impatriés : la mesure sera  incluse dans le projet de loi de finances à l'automne. D'autres, comme la suppression de la tranche marginale de la taxe sur les salaires et celle de l'extension prévue de la taxe sur les transactions financières aux opérations infra-quotidiennes figureront aussi dans le projet de loi de finances 2018.

La dispense temporaire d'affiliation à l'assurance vieillesse pour les salariés impatriés (quelle que soit leur nationalité, dès lors qu'ils justifient d'une couverture minimale par ailleurs), pour trois ans (renouvelable une fois), fera l'objet d'un amendement dans le projet de loi Pacte de Bruno Le Maire.

La France n'est plus un  « épouvantail »

Le Premier ministre a également indiqué que la France souhaite permettre l'amortissement des goodwills (survaleurs) comme c'est le cas en Allemagne, sujet qui doit être traité dans le cadre de la directive européenne ACCIS.

Edouard Philippe a rappelé que le gouvernement a mis en place un guichet unique, baptisé "Tax 4 business" afin de faciliter les démarches des acteurs internationaux qui souhaiteraient s'implanter en France et les informer sur le régime fiscal des "impatriés".

« En un an, nous sommes parvenus à faire revenir en France des investisseurs étrangers. À inverser une tendance, qui avait presque fait de notre pays un « épouvantail » à investisseurs. Désormais, la France attire. Les investisseurs reviennent » s'est félicité le Premier ministre.

Ecole européenne à Courbevoie

En matière d'éducation, un des sujets de préoccupation des financiers susceptibles d'être relocalisés en famille de Londres à Paris, Edouard Philippe a annoncé l'ouverture d'une école européenne près de La Défense.

« Avec le soutien de la mairie de Courbevoie, avec celui du Conseil départemental des Hauts-de-Seine et celui de la région Île-de-France, nous allons créer une école européenne. Le dossier d'agrément a été déposé cette semaine. Cette école, qui ouvrira ses portes en septembre 2019, accueillera des élèves de la maternelle à la terminale. Elle préparera notamment au Baccalauréat européen » a-t-il précisé.

Cette école publique accueillera de 300 à 400 élèves et dispensera l'enseignement dans la langue maternelle de l'élève sans être tenue par la limite d'au moins 50% d'enseignement en langue française. Elle s'adressera « d'abord aux enfants des personnels » de l'Autorité bancaire européenne (ABE) qui doit déménager de Londres à Paris d'ici à mars prochain, mais sera ouverte aux enfants franciliens aussi.

Edouard Philippe a également indiqué que dès la rentrée 2018, plus de 1.000 nouvelles places seront ouvertes dans les lycées internationaux et les sections internationales.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/07/2018 à 10:03 :
Apparemment coté fiscalité le Sieur Levy n'a pas bien reçu le message, ou bien, il envoie une fin de non recevoir au gouvernement et dit à action ouverte, revoyez votre copie et on reparlera fiscalité. Dans l'immédiat le Luxembourg , c'est mieux !
a écrit le 13/07/2018 à 9:17 :
"Philippe déroule le tapis rouge à la finance post-Brexit"
En terme populaire cela s'appelle "compter les œufs dans le cul de la poule". Parce qu'il croit, ce ravi de la crèche, que les british vont rester les bras croisés.
a écrit le 13/07/2018 à 9:03 :
bof,à+
a écrit le 12/07/2018 à 17:40 :
Pendant que le gouvernement ferme des classes en province il en ouvre pour les riches parasites de la finance. Il transforme une rémunération du travail en rémunération du capital ni vu ni connu. Il continue de torpiller la taxation des transactions financières ce qui accroit l'instabilité du système financier. Tout cela pour quoi ? La greffe ne prendra pas, la France est allergique aux usuriers et ils ne se sentiront pas bien ici de toute façon.
a écrit le 12/07/2018 à 16:46 :
La France ne serait-elle pas en train d'offrir des possibilités d'optimisation fiscale qu'on cherche à bannir. Est-ce que Bruxelles ne va pas faire oppostion??
Réponse de le 12/07/2018 à 18:23 :
Le gouvernement veut offrir un nouveau paradis fiscal et social pour attirer les banquiers de la city et le gratin de la mafia financière internationale.

Comme quoi il n'y a pas que les réfugiés qui font (selon Collomb) du benchmarking, et les financiers semblent nettement plus avides que les migrants en matière de droits et privilèges.
Il ne suffit pas de leur garantir sécurité et liberté, en plus il leur faut une fiscalité adoucie, des écoles d'exception où le français est facultatif, une sécurité sociale particulière...

Pour Macron liberté-égalité-fraternité, a une signification différente en fonction du compte en banque. C'est une expression directe du racisme social.
a écrit le 12/07/2018 à 16:01 :
Le premier ministre est dans le déni d’un RU qui imposera une nouvelle fois ses exigences à l’Europe. Mme May débarrassée des ultras Brexit présente un meilleur visage et surtout son plan Brexit devient plus « doux » aux yeux de l’Union. Autres points insupportables le premier ministre donne plus que des gages des avantages en terme de fiscalité aux entreprises financières qui s’installeront à Paris mais également aux salariés concernés alors que nos entreprises croulent malgré les discours pompeux sous la paperasse tricolore mais aussi sur une fiscalité confiscatoire et des salariés qui eux la aussi malgré les grands discours ne voient pas une amélioration de leur pouvoir d’achat enfin on trouve l’argent pour des écoles internationales alors que nos régions manquent de la part de l’Education Nationale de cette fenêtre de l’enseignement d’écoles internationales. Ces propositions du premier ministre confirme s’il en était encore besoin que la France est Paris et les « bouseux » de la province ne sont que des pourvoyeurs de l’impôts et des taxes. Le premier ministre pourrait être éventuellement crédible si nos entreprises et les salariés pouvaient être sur le même bateau. Attention de ne pas créer des entreprises qui seront sur notre sol que pour les avantages laissant aux tricolores l'impôts et la paperasse et non enfants exclus de formation internationale. Le bouseux pourrait se rebeller avec son arme le bulletin de vote en 2019 mais aussi en 2022 date déjà dans l'esprit de l'exécutif.
a écrit le 12/07/2018 à 15:17 :
Il manque 140 000 places dans l'enseignement supérieur pour accueillir les étudiants français post bac.

Il manque 80 milliards de recettes fiscales pour équilibrer le budget de l'état.

La sécu est à peine équilibrée et manque cruellement de moyens.

Alors pourquoi va t'on dépenser un fric de dingue pour faire venir chez nous des gens qui appartiennent aux couches les plus fortunées du monde occidental et les inciter à vivre en parasite à nos dépends?

Comme si on n'avait pas déjà nos propres banquiers qui nous ont foutu dedans avec leurs malversations financières en 2008 et qu'il a fallu sauver avec le pognon de dingue du contribuable.
Réponse de le 12/07/2018 à 21:45 :
"pourquoi va t'on dépenser un fric de dingue pour faire venir chez nous des gens qui appartiennent aux couches les plus fortunées"
Parce qu’ils vont payer en France des impôts d'un montant plus important que le fric de dingue pour les faire venir.
Quant à aider les banquiers, en 2008, nous n'aurions pas du le faire.
Réponse de le 14/07/2018 à 9:42 :
"Inondez les riches de richesses et ils vous le rendront au centuple..."
Toujours cette fameuse théorie du ruissellement.

L'ingénierie financière a déjà fait plus de dégâts dans les sociétés européennes que tous les trafics de drogue réunis.

Il n'y a pas de raisons d'encourager cette activité par des statuts fiscaux particuliers, qui sont contraires aux principes d'égalité républicaine française.
a écrit le 12/07/2018 à 13:52 :
Il n'en reste pas moins que le droit british des affaires restera prépondérant, et ça, ça n'a pas de prix.
a écrit le 12/07/2018 à 13:46 :
Bien beaucoup d'inégalités des droits et des destins dans ces mesures, c'est tendre le baton pour se faire battre, ce qu'il merite d'ailleurs amplement. Ces 4 prochaines années risque de ne pas être ennuyeuses.
a écrit le 12/07/2018 à 13:25 :
"« En un an, nous sommes parvenus à faire revenir en France des investisseurs étrangers. À inverser une tendance, qui avait presque fait de notre pays un « épouvantail » à investisseurs. Désormais, la France attire. Les investisseurs reviennent » s'est félicité le Premier ministre." Mensonge. Les graphes de l'un de vos derniers articles sur le sujet montrait que la France maintenait sa forte position en europe, sans qu'il n'y ai d'influence du brexit.
a écrit le 12/07/2018 à 12:27 :
Une ecole privee a Courbevoie. Combien l'inscription a l'annee ?
Réponse de le 12/07/2018 à 15:54 :
Vu la couche sociale qui va entrer dedans cela ne devrait pas poser de probleme :

"Elle s'adressera « d'abord aux enfants des personnels » de l'Autorité bancaire européenne (ABE) qui doit déménager de Londres à Paris d'ici à mars prochain".Cette phrase la :"mais sera ouverte aux enfants franciliens aussi"., c'est pour faire joli.Une fabrique à LREM est en marche
a écrit le 12/07/2018 à 11:30 :
Méritoire, mais suffisant?
a écrit le 12/07/2018 à 10:50 :
Tout ça à 80 km/h!
a écrit le 12/07/2018 à 9:57 :
On comprendrait son "ouverture" si la France était encore maître de ses décisions, mais il ne fait rien de plus que de préparer un nid douillé a la finance cosmopolite pour le compte de l'UE de Bruxelles!
a écrit le 12/07/2018 à 8:53 :
Encore des mesures ?? Donc contrairement a ce qu ili nous ont vendus, la reforme du code travail ne nous a pas emmenés au Nirvana de l investissement étranger, c est ballo !!
Enfin chacun ses problèmes, visiblement les Allemands en ont aussi. pour freiner l arrivée à Francfort de stes financières venant d UK, la Bundesbank a sortie un communiqué rempli de menace (sic) !!
a écrit le 12/07/2018 à 8:23 :
Tandis que le RU et les USA chassent la gangrène financière, le serviteur des riches leur ouvre grand la porte.

Au secours.
Réponse de le 12/07/2018 à 12:54 :
Le RU et les USA chassent la gangrène financière?

J'ai ri.
Réponse de le 12/07/2018 à 15:08 :
Hé bien faudrait peut-être nous expliquer pourquoi alors, sinon là on pourrait croire que vous êtes fou de rire de cette phrase.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :