Goldman Sachs injecte 25 millions d’euros dans la Fintech Raisin

Frank Freund, cofondateur et directeur financier de la Fintech allemande Raisin, nous détaille l'entrée au capital de Goldman Sachs.
Lukas Schramm

Frank Freund, cofondateur et directeur financier de la Fintech allemande Raisin, nous détaille l'entrée au capital de Goldman Sachs.
Lukas Schramm
Un nouvel investisseur prestigieux s'invite au capital de la startup de la finance allemande Raisin. La Fintech berlinoise, spécialisée dans l'épargne en ligne, annonce ce mardi 16 juillet l'entrée à son capital de Goldman Sachs, qui investit 25 millions d'euros. La banque d'investissement américaine rejoint PayPal, Orange Digital Ventures, le fonds de l'opérateur télécoms français, et les fonds de capital-risque Index Ventures, Ribbit Capital et Thrive Capital. Ce nouveau financement, qui intervient après le méga-tour de table de 100 millions d'euros annoncé en février, porte à 195 millions d'euros le montant total levé depuis la création de Raisin en 2012.
La valorisation n'est pas publique mais la jeune entreprise, qui emploie 320 personnes, serait déjà largement une « demi-licorne » (valorisée plus de 500 millions de dollars) confirment des sources bien informées. Elle revendique le titre de « startup technologique la mieux financée dans le domaine de l'épargne et des investissements en Europe », segment où les nouveaux entrants les plus significatifs sont américains (Betterment, Robinhood, Acorns).
Outre l'Allemagne et l'Autriche, sous la marque WeltSparen, Raisin est disponible en France (en français), en Espagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni (avec une filiale prête pour le Brexit), et dans les autres pays européens en anglais. La place de marché propose aux épargnants de faire fructifier leurs dépôts en trouvant le meilleur rendement dans une sélection de comptes à terme (moins d'un an à dix ans). Plus de 185.000 clients particuliers ont placé 14 milliards d'euros via sa plateforme en six ans.
Goldman Sachs est la première banque à entrer au capital de la startup qui travaille en partenariat avec 80 établissements de crédit, par exemple la Fintech française de crédit à la consommation Younited Credit.
Les services de la place de marché sont gratuits pour les utilisateurs et Raisin se rémunère par le biais de commissions versées par les banques partenaires en fonction des montants déposés (et non au nombre de déposants comme les comparateurs), dont elle reverse une partie à la banque en ligne belge Keytrade (filiale du français Arkéa), qui gère les comptes courants en ligne assurant l'interface entre le compte bancaire personnel du client et le compte à terme dans une banque étrangère. Raisin se présente comme une plateforme de "dépôts à la demande" (deposit as a service) pour les banques qui cherchent à accéder à des liquidités dans toute l'Europe. Pour mémoire, les dépôts sont garantis jusqu'à 100.000 euros par client, une règle généralisée dans toute l'UE.
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Raisin met en avant la fidélité de ses clients, qui réinvestissent après l'échéance, et leur satisfaction, mesurée par un score de recommandation (Net Promoter Score) très élevé de 73.
L'argent frais va servir à acquérir des talents et élargir sa gamme de produits. Si Raisin propose en tout 480 produits d'épargne, dont des fonds indiciels (ETF) en Allemagne en partenariat avec l'américain Vanguard, « nous n'avons pas encore de produits de très long terme pour la retraite ni à terme intermédiaire, entre 3 et 10 ans, nous y réfléchissons activement » indique le directeur financier.
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Pas de projet d'entrée en Bourse à ce stade pour Raisin qui préfère rester avec des investisseurs privés pour accélérer son expansion internationale, son ambition étant de devenir la première marketplace financière mondiale pour les produits d'épargne : l'entreprise berlinoise va ouvrir deux autres pays européens cette année et se lancer l'an prochain sur le marché américain, estimé à 12.700 milliards de dollars.
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