La Fintech allemande Raisin lève 100 millions d'euros pour séduire les épargnants européens

 |   |  553  mots
Depuis sa création en 2012, la startup berlinoise Raisin a levé 170 millions d'euros.
Depuis sa création en 2012, la startup berlinoise Raisin a levé 170 millions d'euros. (Crédits : DR)
Paypal, Index Ventures, Ribbit Capital et Thrive Ventures investissent de nouveau dans la startup berlinoise. Créée en 2012, Raisin propose aux épargnants de placer leur argent dans les banques européennes offrant les meilleurs taux d'intérêt. Elle revendique aujourd'hui 160.000 clients.

Les startups allemandes de la finance ont le vent en poupe. Quelques semaines après que la néobanque N26 ait annoncé une levée de fonds de 300 millions de dollars, c'est au tour de la Fintech berlinoise Raisin, spécialisée dans les produits d'épargne, d'officialiser un tour de table de 100 millions d'euros. Il s'agit de « la plus importante levée de fonds du secteur WealthTech [sous segment de la Fintech dans la banque privée et gestion de fortune, ndlr] en Europe » se targue Raisin.

L'opération a été menée auprès d'investisseurs prestigieux, déjà actionnaires de la startup : Index Ventures, Paypal, Ribbit Capital et Thrive Ventures. Elle porte le montant total de l'argent levé en capital à 170 millions d'euros depuis sa création en 2012 par Tamaz Georgadze, Frank Freund et Michael Stephan.

Raisin opère en Allemagne, son principal marché, sous le nom de WeltSparen, « épargner dans le monde » : son concept est original, il consiste à proposer aux épargnants de placer leur argent dans les banques européennes offrant les meilleurs taux d'intérêt sur des comptes à vue flexibles ou des comptes à terme. La jeune entreprise n'a pas de licence bancaire, mais le statut d'intermédiaire en opération de banque. De leur côté, les établissements bancaires partenaires peuvent plus facilement attirer les dépôts de clients étrangers.

« Nous souhaitons éliminer les barrières inutiles qui empêchent d'accéder à des produits d'épargne performants et ainsi partager, avec le consommateur et les banques, les bénéfices de marchés ouverts. Notre but est donc d'offrir à l'épargnant et aux institutions financières les bénéfices d'un "Schengen" de la banque », expose Tamaz Georgadze, le dirigeant de la Fintech, dans un communiqué de presse.

160.000 clients et plus de 10 milliards d'euros de dépôts

La plateforme d'épargne allemande revendique aujourd'hui 160.000 clients provenant d'une trentaine de pays. Elle se targue d'avoir fourni plus de 10 milliards d'euros de dépôts à ses 62 banques partenaires, dont la banque belge KBC, ICICI Bank UK ou encore la banque en ligne allemande solarisBank. « Les clients de Raisin ont ainsi collecté près de 80 millions d'euros d'intérêts sur leurs dépôts », précise Raisin dans un communiqué de presse.

Outre cette offre dédiée au grand public (contrairement à d'autres Fintech, Raisin ne cible pas les Millennials, la majorité de sa clientèle a plus de 45 ans), l'entreprise berlinoise a développé une activité en B2B. Dans une logique de « banque ouverte », elle propose sa technologie à d'autres entreprises comme Telefonica en Allemagne. D'autres partenaires, comme la néobanque N26 ou le néerlandais BinckBank, ont intégré la solution de Raisin à leur service.

Depuis leur interface bancaire habituelle, leurs clients peuvent ainsi accéder à une place de marché proposant jusqu'à 250 produits d'épargne. Raisin a également noué un partenariat avec la startup française Younited Credit, spécialisée dans le prêt à la consommation, pour ses activités de collecte.

Grâce aux fonds levés, Raisin entend s'attaquer à deux nouveaux marchés européens en 2019. Elle est déjà présente aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. La jeune pousse pourrait également procéder à des acquisitions pour accélérer son internationalisation. Elle prévoit, par ailleurs, d'étoffer son offre de produits d'investissement.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :