Google Pay en France « ne veut pas devenir une banque »

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Google Pay débarque ce mardi en France avec comme partenaires les néobanques Revolut et N26 ainsi que  Boursorama Banque.
Google Pay débarque ce mardi en France avec comme partenaires les néobanques Revolut et N26 ainsi que Boursorama Banque. (Crédits : Google)
La solution de paiement mobile sans contact du géant de l'Internet est proposée à partir de ce mardi chez des banques en ligne, Boursorama, Revolut et N26, et l'appli Lydia, mais aucun grand réseau traditionnel n'est partenaire au lancement. Elle est pourtant gratuite pour la banque et le commerçant, Google assurant ne pas utiliser les données à des fins de ciblage publicitaire.

On l'attendait « à l'automne » et « d'ici à la fin de l'année » : comme nous l'annoncions en septembre, Google Pay débarque en France. La solution de paiement mobile sans contact du géant de l'Internet est disponible à partir de ce mardi 11 décembre. « Nous nous lançons avec tout un écosystème de partenaires » a fait valoir Florence Diss, la responsable des partenariats commerce en Europe chez Google, lors d'une présentation à la presse ce lundi.

Seules des banques en ligne ou mobiles sont partenaires au lancement : Boursorama Banque (filiale de Société Générale), le leader en ligne avec plus de 1,5 million de clients, qui propose déjà Apple Pay et Samsung Pay, la néobanque britannique Revolut (plus de 400.000 clients revendiqués en France) et l'allemande N26 (500.000 dans l'Hexagone), mais aucun grand réseau traditionnel, même pas BPCE (Banques Populaires Caisses d'Epargne) pourtant pionnier en France pour Apple Pay et Samsung Pay, n'est au rendez-vous au lancement. Sont aussi partenaires les applications de paiement Lydia (plus d'un million d'utilisateurs en France) et Boon (de l'allemand Wirecard) ainsi qu'Edenred (les titres Ticket restaurant).

« Nous sommes en discussion avec toutes les banques. C'est une question de temps » a répondu Florence Diss.

Cette absence des grands poids lourds bancaires français, qui ont leur propre solution de paiement mobile sous Android, Paylib, qui revendique plus de 1,4 million d'utilisateurs mais souffre encore d'un déficit de notoriété, va limiter la portée du lancement, par rapport au nombre d'utilisateurs potentiels ayant un smartphone fonctionnant sous Android. Si votre banque n'est pas partenaire, impossible d'utiliser Google Pay avec votre carte.

Pourtant, Google Pay a un avantage de taille face à Apple Pay - qui n'est pas directement concurrent puisque les deux solutions ne sont pas compatibles (Google Pay ne fonctionne que sur Android et Apple Pay que sur iPhone ou iPad).

 « Tout est gratuit ! » a expliqué Florence Diss. « Pour l'utilisateur, pour la banque, pour le commerçant : nous ne prenons pas de commission » a-t-elle précisé.

Données géolocalisées

Si c'est gratuit.... vous connaissez la suite. Google est bien sûr intéressé par les données mais il se défend de tout usage inconsidéré.

« Nous n'utilisons jamais les données de transactions pour du ciblage publicitaire » a insisté la responsable des partenariats commerce de Google. « Nous n'avons pas accès au panier, mais seulement au montant, au lieu, si la géolocalisation est activée, au nom de l'utilisateur et aux quatre derniers chiffres de la carte » a précisé le responsable de la stratégie des paiements grand public pour l'Europe Mounir Mouawad.

Cet été, Google avait démenti avoir accès aux informations personnelles de paiement après la révélation par Bloomberg d'un « accord secret » avec Mastercard.

« On nous demande souvent si on veut devenir une banque. Non, clairement, Google ne veut pas être une banque, mais apporter de la simplicité dans le paiement » a plaidé Florence Diss. « Les banques peuvent intégrer Google Pay dans leur propre application pour garder la relation client » a-t-elle mis en avant.

Théoriquement, Google Pay fonctionne sur n'importe quel terminal de paiement doté de la technologie NFC sans contact, après une simple mise à jour. Google cite une série d'enseignes partenaires comme Etam, Sephora, Relay, H&M, Conforama, Oxybul et Mr Bricolage.

Programmes de fidélité et stockage de tickets

Tout un ensemble de marchands ont par ailleurs intégré le « bouton Google Pay » sur leur site ou leur application mobile, notamment Etam, Asos, Deliveroo, Drivy, Flixbus, Vueling et prochainement Lacoste ou Foodchéri. La solution doit permettre d'augmenter le taux de conversion des sites marchands, en évitant l'abandon de panier, le consommateur n'ayant plus de compte à créer ou de formulaire à remplir - même discours que celui d'Amazon Pay lancé récemment avec l'assureur Aviva en France. Google Pay propose aussi d'intégrer les cartes de fidélité, car l'enjeu va au-delà du paiement pour le géant du Web qui lorgne l'e-commerce.

« Google Pay est un vrai portefeuille digital pour dématérialiser toutes ses cartes bancaires et stocker ses cartes de fidélité, ses billets d'avion ou tickets de cinéma » a indiqué Mounir Mouawad.

A partir de janvier, les cartes d'embarquement d'Air France (en version "dynamique") pourront ainsi être stockées dans Google Pay, comme c'est déjà possible dans le wallet d'Apple sur iPhone. D'autres marques vont proposer leur carte de fidélité sur Google Pay dont la Fnac, Franprix, Jacadi, Du pareil au même, Intersport, etc. L'utilisateur pourra recevoir des notifications d'offres promotionnelles en temps réel à proximité s'il a autorisé la géolocalisation dans l'application.

Au-delà de l'écosystème limité au lancement, un point pourrait limiter l'adoption au lancement : les craintes sur la sécurité. Le paiement inférieur à 30 euros ne nécessite aucune authentification (à la différence d'Apple Pay qui requiert une empreinte digitale) : il suffit de "réveiller" le smartphone sans le déverrouiller pour payer en approchant l'appareil du terminal du commerçant. Les Français ont mis du temps à s'accoutumer au paiement sans contact, qui a vraiment décollé depuis l'an dernier, et le paiement mobile reste confidentiel : seulement 10 millions le nombre de paiements réalisés depuis un smartphone  en France sur l'ensemble de l'année 2018 selon le Groupement Cartes Bancaires.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2018 à 9:47 :
Non merci ! Si c'est gratuit, c'est moi le produit.
a écrit le 10/12/2018 à 21:48 :
On ne voit pas bien l'intérêt du système par rapport aux cartes sans contact des néo banques, mise à part donner encore une volée de données à Google !

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