HSBC est à son tour attaquée par le liquidateur américain de Bernard Madoff

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Irving Picard réclame à la banque sino-anglaise 9 milliards de dollars. C'est le plus gros montant demandé à ce jour.

Sans surprise, HSBC a été assignée par Irving Picard, le liquidateur de Bernard Madoff L. Investment Securities (BLMIS), à qui il réclame 9 milliards de dollars. Le 6 décembre, ce dernier a porté plainte devant le tribunal des faillites à New York contre la banque, ainsi que des entités et fonds nourriciers impliqués dans la fraude Madoff, soit au total 81 personnes physiques et morales.
Dans un document de 165 pages, le liquidateur a pointé 24 chefs d'inculpation dont ceux de fraude financière et malversation à l'encontre de la banque sino-anglaise. Irving Picard reproche à la banque d'avoir permis cette arnaque "en créant, faisant la promotion et soutenant un réseau international d'une douzaine de fonds nourriciers domiciliés en Europe, aux Caraïbes et en Amérique Centrale". D'ailleurs, la plainte cite les noms des fonds, les sociétés de gestion, les prestataires de services ainsi que leurs dirigeants.

HSBC était la principale banque dépositaire des fonds nourriciers offshore comme Hermes, Kingate, Lagoon, mais également de deux produits Ucits (coordonnés) enregistrés en Irlande (Thema) et au Luxembourg (Herald) qui représentaient environ 1 milliard d'euros d'encours.

En août dernier, le juge des faillites américain Burton Lifland donnait son accord pour que la Haute Cour de Londres oblige HSBC a lui remettre différents documents sur le contrôle de BLMIS réalisés par le cabinet KPMG. En effet, par deux fois, ce cabinet a été engagé par HSBC pour réaliser des audits sur BLMIS. Et à chaque fois, le cabinet de conseil a souligné des raisons de suspecter une fraude chez Madoff. Son dernier rapport date même de septembre 2008. Il y est indiqué que les clients de HSBC représentent 33% des actifs sous gestion de BLMIS.

Malheureusement pour les investisseurs, par deux fois la banque n'a pas tenu compte de ces avertissements. Pire, HSBC s'est servi du rapport de 2008 comme outil marketing pour encourager les placement par l'intermédiaire de sociétés de conseils en investissement. Par conséquent, le liquidateur estime que la banque était bien au courant et lui reproche de ne pas avoir tenu compte des alertes émises par KPMG. Toutefois, comme dans le dossier UBS, les auditeurs ne sont pas (encore ?) poursuivis par le liquidateur.

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