Les PME françaises devraient bientôt avoir leur Bourse

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Face aux menaces toujours plus précises de « credit crunch », les petites et moyennes entreprises ont un besoin pressant de trouver des solutions pour financer leur développement. Copyright Reuters
Face aux menaces toujours plus précises de « credit crunch », les petites et moyennes entreprises ont un besoin pressant de trouver des solutions pour financer leur développement. Copyright Reuters (Crédits : REUTERS)
La rapport Giami/Rameix, très violent contre Nyse-Euronext, préconise la création d'une Bourse dédiée soit par filialisation, soit par création ex-nihilo. La Bourse londonienne pourrait être dans la boucle.

Comme la Tribune l?avait révélé dans son édition du 17 octobre 2011, la Bourse de Paris s?apprête à vivre une véritable révolution. Et pour cause, si l?on en juge par les conclusions du rapport Giami/Rameix diligenté par le ministre de l?Economie François Baroin et rendu public ce soir, les petites et moyennes entreprises devraient bientôt retrouver un espace leur étant spécifiquement dédié. Car après avoir interrogé un grand nombre d?entreprises, d?associations professionnelles et de spécialiste boursiers, les deux responsables du rapport se sont en effet rendus compte à quel point il y avait un malaise. Malaise certes renforcé par la crise financière de ces dernières années, avec à la clef, de sensibles baisses de valorisation des actions cotées.

Du coup, les deux rapporteurs sont allés jusqu?au bout du raisonnement. Compte tenu de la grogne de l?ensemble des parties prenantes ils proposent deux issues :
1 ? "La création d?une bourse des pme-eti, par NYSE Euronext, actionnaire de référence, qui associerait des partenaires ancrés dans le financement de ces entreprises, qu?une participation minoritaire de la Caisse des Dépôts aiderait à rassembler et organiser. Cette bourse spécialisée qui regrouperait les marchés de pme-eti cotées existants, mettrait en oeuvre une stratégie visant à refonder une politique active à l?égard de ces entreprises et à relancer une présence commerciale auprès de ces sociétés".
2 ? "L?ouverture à la concurrence du marché français, en facilitant l?installation d?un opérateur professionnel alternatif, qui pourrait également mobiliser des partenaires financiers, et en assurant la possibilité aux sociétés cotées de changer de fournisseur".

Doutes sérieux sur la volonté de Nyse Euronext

"La première solution représente une mutation rapide à réaliser, en rapport avec les évolutions intervenues dernièrement et la volonté des acteurs économiques de disposer d?un moyen plus efficace en matière de financement des entreprises. C?est à notre sens la solution qui présente le plus d?avantages. Cependant, le bilan des entretiens que la Mission a eus avec l?entreprise de marché ne permet pas de lever un doute sérieux sur la volonté de NYSE Euronext de s?engager clairement dans cette voie et d?aller au-delà de quelques aménagements de principe de sa ligne actuelle. Si cette situation était confirmée, il appartiendrait au ministre de l?économie, des finances et de l?industrie et au régulateur d?apprécier les conditions d?ouverture à la concurrence sur ce marché", stipule le rapport.

Le LSE à l'affût

La Bourse londonienne est dans la boucle. Les rapporteurs ont en effet auditionné Xavier Rolet, son directeur général, qui a fait valoir l'expertise de l'Alternative Investment Market londonien (AIM). On sait que le LSE aimerait bien participer à la création d'une bourse pour valeurs moyennes, mais à la seule condition d'avoir l'aval des autorités. "La position de la Mission est qu?il n?existe aucune raison pour les pouvoirs publics français de décourager une telle démarche. En outre, des investisseurs français pourraient être intéressés par ces projets et souhaiter y prendre part", ajoute le rapport.

 

Rapport qui se montre par ailleurs, d'une grande violence à l'encontre de Nyse Euronext : "A ces difficultés structurelles s?est ajoutée une évolution des tarifs de l?entreprise de marché qui est défavorable aux valeurs moyennes et intermédiaires. NYSE Euronext n?a pas souhaité communiquer à la Mission l?incidence de cette nouvelle tarification. La Mission a pu en avoir une estimation lors de ses entretiens avec les professionnels. Il semble que les commissions de négociation perçues par l?entreprise de marché NYSE Euronext aient triplé pour celles qui concernent les pme-eti, quand elles ont été divisées par deux pour les négociations des titres des grandes valeurs. Il en est résulté une baisse de la marge sur le chiffre d?affaires des courtiers spécialisés dans le marché financier des pme-eti", précise ainsi le rapport.


Ces conclusions ne font donc pas les affaires de Nyse-Euronext qui ne ménage pourtant pas ses efforts depuis de nombreux mois pour tenter de renouer le lien avec les petites et moyennes entreprises cotées. Il n?est pas dit d?ailleurs, que l?entreprise de marché ne propose pas des solutions alternatives pour empêcher une telle issue.

Au-delà de cette problématique purement financière, les petites et moyennes entreprises semblent indéniablement au c?ur des préoccupations des politiques mais aussi des grandes institutions françaises. Face au mur du crédit, aux menaces toujours plus précises de « credit crunch », ces sociétés ont un besoin pressant de trouver des solutions pour financer leur développement.

Or, le marché boursier fait clairement partie de ces options, même si statistiquement, ces entreprises font peu appel au marché, une fois introduites. Tendance qui pourrait justement s?inverser si la Place de Paris se dotait d?une structure spécialement dédiée au x valeurs moyennes.

Les différentes parties ne devraient pas manquer de commenter ce rapport ces prochaines heures. Il faut dire que les deux rapporteurs mettent ici un véritable pavé dans la marre. Il ne fait aucun doute que la mise en oeuvre d'une nouvelle Bourse est bel et bien amorcée.
 

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a écrit le 22/02/2012 à 23:58 :
Il y a 30 ans, les Français découvraient, grâce aux Second et Troisième Marchés, l'investissement direct dans les TPE et PME.
En 2012 nous sommes revenus au point zéro d'avant les années 80 : Malgré les incitations fiscales les Français investissent via les fonds et ont oublié l'investissement en direct.
- Les bourses régionales ont disparu.
- Le marché national des actions est entre les mains des financiers internationaux qui se désintéressent des actions des TPE et PME

Quelles actions mener aujourd'hui ?
- Modifier le régime des incitations fiscales au profit d'une assurance risque qui indemniserait de 25% à 50 % des sommes investies par les particuliers en cas de dépôt de bilan ?
- Faut-il proposer, à l'échelle régionale, des marchés d'actions de gré à gré, supervisés par l'association Love Money pour l'Emploi ou un autre organisme ?
- Faire accepter aux Français, d'acquérir une formation financière et économique adaptée au développement des entreprises ?
- Supprimer l'impôt de 1% sur les cessions d'actions de PME de gré à gré entre particuliers ?

L'association ove Money pour l'Emploi organise une conférence-débat jeudi 23 février 2012 (de 18h00 à 20h00) à la Mairie du 19ème arrondissement :
UN "NOUVEAU CAPITALISME" POUR LES PME-PMI ET L'EMPLOI EN FRANCE ?

a écrit le 22/02/2012 à 9:32 :
Je trouve en effet la base de ce projet excellente.
Cela pourrait permettre à l?épargne des particuliers français de s?investir dans les PME.
Bonne idée donc , mais à condition que l?on fasse on sorte d?interdire que ce marché spécifique se trouve pollué par des dérivés en tout genre. Rêvons d?un marché pour les pères de famille souhaitant contourner les OPCVM qui manquent de transparence en temps réel.
a écrit le 22/02/2012 à 8:44 :
C'est bete, chercher la petite PME en France alors que la bourse n'est plus qu'a Londre, bon courage aux banquier, fini les hotels de luxe des capitales, bonjour le formule1 des zones industrielles...
a écrit le 22/02/2012 à 5:24 :
Faire et defaire...Nouveau marché, marché libre....la realite, des frais d introduction exorbitants, pas de volume en titres echanges, des teneurs de marches /specialistes inexistants, un NYSE Euronext qui a fermé les bureaux de representation en "province", là meme ou se trouve le tissu industriel....
le systeme farncais prefere les grosses capitalisation CAC 40.....
Réponse de le 22/02/2012 à 9:35 :
On peut comprendre votre réaction,
Mais il ne faut pas jetter trop systématiquement les réformes.
Du temps des bourses provinciales Lyon, Lille Bordeaux, etc il n'y avait pas internet.
Mon bémol à moi c'est la condition que l?on fasse on sorte d?interdire que ce marché spécifique se trouve pollué par des dérivés en tout genre. Rêvons d?un marché pour les pères de famille souhaitant contourner les OPCVM qui manquent de transparence en temps réel.
a écrit le 22/02/2012 à 3:37 :
Cela ne s'appellerait-il pas déjà le Nouveau Marché depuis des années ??
Réponse de le 19/03/2012 à 21:28 :
NYSE Alternext n'est pas déjà une réponse pour les PME /ETI ?
a écrit le 22/02/2012 à 0:47 :
Excellente nouvelle !

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