Fonds de LBO : petits arrangements entre amis

Faute de trouver des acquéreurs ou des cédants industriels, les fonds de capital-investissement s'achètent et se revendent leurs participations entre eux.
Le marché des LBO secondaires a atteint 28 milliards de dollars, depuis janvier. Copyright Reuters
Le marché des LBO secondaires a atteint 28 milliards de dollars, depuis janvier. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Jamais les fonds de capital-investissement n'avaient fait autant d'affaires entre eux, depuis cinq ans. Sur les huit premiers mois de l'année 2012, le nombre de LBO (leverage buy-outs : acquisitions par endettement) secondaires -c'est-à-dire de transactions conclues entre deux fonds et non pas entre un fonds et un groupe industriel- s'élève à 28 milliards de dollars, selon le cabinet Dealogic. Plus de deux fois supérieur à celui de l'ensemble de 2011, ce montant semble bien parti pour battre le record de 2007, année qui avait vu le marché des LBO secondaires grimper à 51,1 milliards de dollars. Pourquoi ces ventes entre fonds de LBO ont-elles ainsi le vent en poupe, au point de représenter aujourd'hui 38% du marché total des acquisitions avec effet de levier, contre 13% seulement en 2007 ?

L'absence des industriels

D'abord, c'est par défaut que les fonds de LBO se vendent et s'achètent des entreprises entre eux. En effet, les groupes industriels ont déserté le marché des fusions et acquisitions depuis un an. D'une part car la volatilité de la Bourse rend la valorisation des actifs très complexe, ce qui empêche nombre de sociétés de céder des filiales à bon prix. D'autre part, la dégradation de l'environnement macro-économique n'encourage guère les chefs d'entreprise à se lancer dans des opérations de croissance externe.

Des actionnaires impatients

Or, à la différence des entreprises, les fonds de LBO, eux, ne peuvent se permettre d'attendre indéfiniment pour acquérir ou céder des participations. Tout simplement parce que leur métier consiste précisément à acheter des entreprises et à les revendre afin de rémunérer leurs actionnaires. Nombre de fonds disposent aujourd'hui de capitaux levés il y a plusieurs années, et qu'ils doivent investir sans plus attendre, faute de quoi ils devront rendre cet argent à leurs actionnaires. A contrario, d'autres fonds sont contraints de céder rapidement des actifs. Non seulement pour rémunérer leurs actionnaires mais également pour séduire d'autres investisseurs potentiels, en leur démontrant leur capacité à revendre des participations avec de coquettes plus-values.

Des rendements inférieurs

Le hic, c'est que les LBO secondaires génèrent -pour les fonds- des taux de rendement inférieurs aux transactions réalisées avec des industriels. Pour la simple raison que, dans le cas d'un LBO secondaire, le fonds vendeur a déjà fait une bonne partie du travail de restructuration de la société, ce qui laisse un potentiel d'appréciation moindre pour le fonds acquéreur. Mais les fonds n'ont pas d'autre porte de sortie, pour le moment.

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Commentaire 1
à écrit le 19/09/2012 à 17:58
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Article très pertinent de Christine Lejoux. Il mériterait d'être plus fouillé devant l'ampleur des actifs détenus pas ces fonds. On les laisse stagner pour ne pas entamer la fortune des gérants. L'on voit la CdC acheter des sociétés entières pour ven...

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