Ma petite entreprise ne vaut plus grand-chose

Les PME non cotées de la zone euro ne valent plus que 6,3 fois leur excédent brut d'exploitation, soit une chute de 18% depuis janvier, selon l'indice Argos Soditic.

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Les PME non cotées de la zone euro valent 6,3 fois seulement leur excédent brut d'exploitation, contre un multiple de 9,1 il y a six ans, en 2006, selon Argos Soditic. Copyright Reuters
Les PME non cotées de la zone euro valent 6,3 fois seulement leur excédent brut d'exploitation, contre un multiple de 9,1 il y a six ans, en 2006, selon Argos Soditic. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

La valorisation des PME non cotées de la zone euro est en chute libre. Le ratio valeur d'entreprise sur excédent brut d'exploitation est tombé de 7 au 30 juin à 6,3 à la fin septembre, selon l'indice trimestriel publié ce mardi par la société de capital-investissement Argos Soditic. Soit un plongeon de 10% en trois mois, et de 18% depuis le début de l'année, quand les PME non cotées de la zone euro valaient encore en moyenne 7,7 fois leur excédent brut d'exploitation.

« Nous sommes passés d'un marché de vendeurs à un marché d'acheteurs », explique Gilles Mougenot, président d'Argos Soditic. Finis les processus d'enchères, quand les PME se payaient le luxe de ne pas même rencontrer leurs acquéreurs potentiels, sachant ces derniers si nombreux qu'elles se vendraient de toute façon au plus offrant : il y a six ans, les PME non cotées de la zone euro se payaient sur la base d'un multiple de 9,1.

Un marché des fusions et acquisitions en repli de 7%

Aujourd'hui, il existe toujours autant de petites entreprises à vendre, du fait des départs en retraite de leurs dirigeants, de la nécessité, pour leurs maisons-mères, de céder des actifs, ou bien encore des impératifs de cessions de participations des fonds de LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement). En revanche, les acheteurs ne sont pas légion. Et ce, qu'il s'agisse de fonds de LBO ou de groupes industriels. Les premiers peinent à lever de l'argent et à obtenir des crédits bancaires pour financer leurs acquisitions. A l'inverse, les seconds sont riches trésorerie mais la conjoncture économique incertaine les décourage de prendre le moindre risque. Résultat, le marché des fusions et acquisitions de PME dans la zone euro a plongé de 7% au troisième trimestre, par rapport au trimestre précédent, et tutoie son plus bas niveau depuis la création de la zone euro, en 1999.

Des multiples qui vont encore baisser

Aussi les rares entreprises qui tentent une opération de croissance externe n'hésitent-elles pas à profiter de l'absence de concurrence pour négocier le prix d'achat à la baisse. Alors que les acquéreurs industriels se montrent d'ordinaire plus généreux que les fonds de LBO, ils ne proposent désormais plus qu'un multiple de 6,3 en moyenne, en chute de 16% par rapport au deuxième trimestre et, surtout, inférieur à celui de 6,6 que les quelques fonds qui investissent encore acceptent de payer.

Si encore le fond du gouffre était atteint... Mais « les valorisations vont encore baisser », prédit Gilles Mougenot, qui invoque de nombreux plans de restructuration à venir au sein des entreprises françaises. La valorisation des PME non cotées de la zone euro avait dégringolé à 5,7 fois l'excédent brut d'exploitation, en 2009, quand la récession économique et la crise financière battaient leur plein. Un scénario qui ressemble à s'y méprendre à celui de 2012.
 

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Commentaires 13
à écrit le 20/11/2012 à 20:28
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bonjour Quelqu'un pourrait-il me dire comment connaitre ce marché des PME en vente ou en cession ? quels sont les sites/agences/canaux d'information ? Je suis en recherche d'emploi et ce serait une opportunité intéressante pour me reconvertir merci b...

le 20/11/2012 à 21:31
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les experts comptables sont en premieres lignes, certains avocats aussi; c'est certainement la que vous aurez le plus de contacts; apres si vous voulez vous lancer dans l'aventure en france, comptez TRES bien avant

le 20/11/2012 à 22:04
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Votre chambre de commerce locale, service creation et transmission

le 21/11/2012 à 8:51
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Les société de rapprochement d'entreprises, fusac etc...

le 21/11/2012 à 23:31
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Aussi au greffe du Tribunal pour les entreprises en depot de bilan, redressement, etc. Et encore plein de sites spécialisés. Pour ce qu'il est des ventes de fonds de commerce, il y a Leboncoin, basique, mais contact direct.

à écrit le 20/11/2012 à 20:12
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investir dans une pme francaise qui devra faire de la croissance et de l'emploi, mais sans faire de benef car c'est pour les actionnaires, ft avaoir un pet au casque... ca tombe bien ca n'interesse plus personne, les syndicats francais n'ont qau' de...

le 22/11/2012 à 11:20
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Et leur bon sens!... :-)

à écrit le 20/11/2012 à 18:35
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Si l'EBE est un indicateur objectif, l'évaluation de la "valeur" des entreprises est plus que douteuse. Le problème du non-coté, c'est l'extrême fragmentation de l'information, ce qui ne permet pas une détermination correcte du prix de marché moyen. ...

le 20/11/2012 à 20:14
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pour du non cote, vous commencez par prendre... les valeurs bilantielles; ca a au moins le merite de ne pas proposer des facebook avec un per a 100, et dont personne n'a regarde le bilan

le 20/11/2012 à 22:25
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@doute: la valeur d'une entreprise,c'est pas les plans qu'on tire sur la comète mais les bénéfices réels et les perspectives de continuation (et peut-être de croissance) des activités .. ce qui n'est pas gagné avec la crise et la réduction du nimbre ...

à écrit le 20/11/2012 à 17:50
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C'est clair que déjà les EBE des PME du secteur industriel sont minables quand existants, alors là..... Qui va investir en Europe avec au moins 8-10 ans de crise devant nous et des politiciens minables qui nous gouvernent? De multiples PMI/PME vont f...

le 20/11/2012 à 18:14
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De plus les décisions prises par la nouvelle majorité ne font qu'amputer la profitabilité nette de l'actionnaire, ce qui tire un peu plus le prix vers le bas.

le 20/11/2012 à 19:13
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Reste les sociétés de services dont l'EBE a, en principe, plus de corps. Or, dans ce cas, à part le cas de la reprise de protefeuille, et compte tenu que c'est souvent le dirigeant qui fait la valeur de l'affaire, on risque de racheter... du vent !

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