Pourquoi les PME sont en mal d'argent
Christine Lejoux et Fabien Piliu
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C'était l'un des projets phares du candidat François Hollande, martelé pendant la campagne. Mercredi, la Banque publique d'investissement (BPI), son organisation et sa gouvernance, ont été succinctement présentées en Conseil des ministres, première phase de sa création effective. Ouf ? Reposant sur les forces de la CDC, du Fonds stratégique d'investissement (FSI) et Oséo, cette énième structure publique au service des entreprises est censée s'attaquer aux maux du financement des TPE, PME et ETI. De l'amorçage au soutien à l'innovation, du financement en fonds propres à l'aide à l'export, la BPI, dirigée par le tandem Jouyet-Dufourcq, aura de lourdes responsabilités.
Qu'en pensent les entrepreneurs? « La BPI ne pourra pas régler tous les problèmes, en particulier la faiblesse de l'amorçage. La BPI étant une banque, on la voit mal prendre plus de risques financiers que les banques classiques », explique Olivier Duha, le président de Croissance Plus. Il le faudra pourtant, car le financement de l'économie française souffre de multiples maux. Confrontées aux incertitudes liées à la crise, à la mise en place de nouvelles normes prudentielles, les banques sont plus sélectives qu'auparavant. Le capital-investissement? Pour les mêmes raisons, il vit sur les levées de fonds réalisées ces dernières années. « Les investissements se tariront très vite si l'épargne de long terme des Français n'est pas rapidement redirigée vers le financement des PME les plus dynamiques, et si des mesures encourageant la prise de risque entrepreneuriale ne sont pas prises », anticipe Grégoire Sentilhes chez Nextstage. La Bourse? Les entreprises rechignent, pour des raisons objectives et culturelles, à franchir le cap. Par ailleurs, la place boursière de Paris ne joue plus son rôle de financement de l'économie, ne s'étant pas remise de l'éclatement de la bulle Internet en 2000.Avec une force de frappe estimée à 40 milliards d'euros, le lancement de la BPI est d'autant plus urgent que les entreprises, et en particulier les PME, souffrent. Leur trésorerie est asséchée par l'allongement des délais de paiement, leur taux de marge est historiquement bas, l'autofinancement en chute libre... Le défi de la BPI est donc crucial. De son succès dépend en grande partie l'avenir de l'économie française.
Christine Lejoux et Fabien Piliu
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