UBS, accusée de manipulations «généralisées et systématiques» dans le dossier du Libor

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L'enquête a permis de déterminer l'implication d'au moins 45 personnes, dont des cadres supérieurs de la banque entre début 2005 et fin 2010.

Accusées d?avoir engendré la crise financière à l?origine de la crise économique actuelle, mises aux piloris après la révélation de manipulations mondiales et de collusion généralisée autour du taux du Libor, les banques doivent aujourd?hui payer. Au mois de juillet, le britannique Barclays avait annoncé le versement de 450 millions de dollars aux régulateurs américains et britanniques pour mettre fin aux enquêtes à son égard sur la manipulation de ce taux de référence mondial. Mercredi matin, le suisse UBS a découvert qu?il devra payer trois fois plus : il versera 1,2 milliard de dollars au régulateur financier américain et au département américain de la justice, 160 millions de livres au régulateur financier britannique et 59 millions de francs suisses à son équivalent suisse, soit un total de 1,15 milliard d?euros.

Son directeur exécutif Sergio Ermotti, nommé en septembre 2011 après la découverte de la perte de 2,25 milliards de dollars enregistrée par l?équipe de son trader londonien Kweku Adoboli, a admis qu?«au cours de ces enquêtes, nous avons découvert que certains collaborateurs avaient eu un comportement inacceptable», avant de se féliciter d?avoir coopérer avec les autorités (ce qui lui a permis en effet de réduire le montant de son amende britannique de 20%).

Les traders pas uniquement concernés

Dans son communiqué de presse, le régulateur suisse explicite les accusations : «des traders d?UBS ont demandé à multiples reprises aux collaborateurs de la banque responsables de la communication des taux d?intérêt d?annoncer des valeurs plus élevées ou plus basses (..) de manière à favoriser les positions de négoce pour compte propre d?UBS». Les «collaborateurs» dont parle le patron d?UBS ne concernent pourtant pas uniquement des traders : « Il est démontré qu?une grande partie de ces demandes a été acceptée par les collaborateurs responsables à Zurich et à Londres de la communication du Libor; rares ont été les cas où il a été établi qu?elles avaient été refusées.»

La FSA très sévère

L?autorité financière britannique se veut bien plus sévère et plus précise dans ses accusations. Elle estime que les manipulations ont été «généralisées et systématiques» entre début 2005 et fin 2010. «Au moins 45 personnes, y compris les traders, les gestionnaires et les cadres supérieurs ont été impliqués, ou au courant de la pratique consistant à tenter d?influencer les soumissions.» Elle détermine également la généralisation du procédé: «Au moins 2.000 demandes de soumissions inappropriées ont été documentées - un nombre de demandes orales non quantifiable, qui par leur nature ne sont pas documentées, ont également été faites. La manipulation a également été abordée dans les forums de discussion ouverts en interne et dans des courriels groupés, et était largement connue.» Malgré tout, cinq audits internes n?ont donné aucun résultat. Autant de motifs justifiant l?imposition de «la plus importante amende» de l?histoire du régulateur. Et qui démontre, comme le déclarait le trader Kweku Adoboli, condamné le mois derniers à 7 ans de prison fermes, qu?UBS n?était rien moins que «vérolée».
 

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Commentaires
a écrit le 19/12/2012 à 20:22 :
Certe l'amende existe mais réellement qu'elles mesures sont mises en place pour réguler au mieux les activités de trading et la finance mondiale ? Afin d'éviter de nouvelles dérives à l'image de celle qui ont plongées le monde dans des crises successives et douloureuses.
a écrit le 19/12/2012 à 15:33 :
une chose est sûre : aucun de ces beaux messieurs fraudeurs et truqueurs n'ira en taule, et aucun naura à rembourser les commissions touchées sur ses tripatouillages : la "banque" paiera, en clair les clients. Et l'impunité est une garantie de récidive. Ce système financier est pourri au coeur.
Réponse de le 20/12/2012 à 9:11 :
" Et l'impunité est une garantie de récidive."
On peut même ajouter, en toute justice, que c'est une forme de complicité au regard de comportements criminels.

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