Chine : le secteur manufacturier décroche, les inquiétudes des marchés ravivées

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L'emploi dans le secteur manufacturier a reculé pour le 22e mois consécutif en Chine et les nouvelles commandes sont restées dans le rouge pour le deuxième mois d'affilée, enregistrant leur contraction la plus marquée depuis mars 2014.
L'emploi dans le secteur manufacturier a reculé pour le 22e mois consécutif en Chine et les nouvelles commandes sont restées dans le rouge pour le deuxième mois d'affilée, enregistrant leur contraction la plus marquée depuis mars 2014. (Crédits : © China Daily China Daily Infor)
En août, la contraction de l'activité manufacturière s'est encore accélérée en Chine. A la clôture, le CAC 40 perdait 2,4%.

| Article publié à 16h20, mis à jour à 19h40.

La publication de cet autre indicateur de la santé de l'économie chinoise était attendu, après les inquiétudes ayant secoué les marchés au mois d'août. Et les nouvelles ne sont pas de nature à rassurer les investisseurs.

Selon les résultats définitifs de l'enquête mensuelle Caixin/Markit auprès des directeurs d'achats, publiés mardi 1er septembre, la contraction de l'activité du secteur manufacturier s'est encore accélérée en Chine en août, à son rythme le plus soutenu depuis six ans et demi.

L'indice PMI a reculé à 47,3 le mois dernier, son plus bas niveau depuis mars 2009, après 47,8 en juillet. Bien que légèrement supérieur à la première estimation (47,1), il reflète un sixième mois consécutif de contraction de l'activité en s'inscrivant sous la barre de 50, qui marque la séparation entre une expansion et une réduction de l'activité économique du secteur.

L'emploi dans le secteur manufacturier a reculé pour le 22e mois consécutif et les nouvelles commandes sont restées dans le rouge pour le deuxième mois d'affilée, enregistrant leur contraction la plus marquée depuis mars 2014.

Les services aussi au ralenti

Encore plus inquiétant, le secteur chinois des services, qui constituait jusqu'ici l'un des rares points positifs, montre à son tour des signes de ralentissement marqué, enregistrant sa croissance la plus lente en plus d'un an.  L'enquête de Caixin/Markit révèle que l'indice correspondant est tombé à 51,5 le mois dernier, au plus bas depuis juillet 2014, contre 53,8 en juillet. La croissance de l'emploi dans ce secteur est tout juste restée positive en août avec un sous-indice à 50,1, son rythme de progression le plus lent depuis août 2013.

Ces tendances sont d'ailleurs confirmées par les indices PMI officiels, dévoilés mardi par le Bureau national des statistiques de Chine (National Bureau of Statistics of China, NBSC) chinois, qui ont également baissé en août. Celui du secteur manufacturier est ainsi tombé à un plus bas de trois ans, à 49,7 (contre 50 en juillet), alors que celui des services a ralenti à 53,4 (contre 53,9 le mois précédent).

De Paris à New York, les Bourses perdent encore

Sans surprise, ces résultats ont été mal accueillis par les investisseurs, craignant que les chocs combinés de la dévaluation du yuan et de l'effondrement des Bourses chinoises cet été aient encore accru les risques sur l'économie et le système financier de la deuxième économie mondiale.

  • La Bourse de Paris a terminé en forte baisse (-2,4%). L'indice CAC 40 a perdu 111,79 points à 4.541,16 points, dans un volume d'échanges de 4,5 milliards d'euros. La veille, le marché parisien avait lâché 0,47%.
  • A la Bourse de Londres, l'indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 3,03% à 6.058,54 points, reculant de 189,40 points. L'indice est néanmoins resté au-dessus du seuil symbolique des 6.000 points.
  • A Francfort, l'indice vedette Dax a lâché sur la séance 2,38% à 10.015,57 points après avoir reculé de plus de 3% dans la matinée. L'indice des valeurs moyennes MDax l'a suivi, avec une glissade de 1,96% à 19.291,91 points.
  • La Bourse de New York ouvrait en baisse mardi, après avoir terminé dans le rouge lundi. Elle baissait fortement à la mi-séance: à 16h21 GMT (18h21 à Paris), le Dow Jones perdait 2,00% et le Nasdaq 1,54%.
  • Après un rebond marqué amorcé en fin de semaine dernière, les prix du pétrole chutaient mardi en fin d'échanges européens. Vers 16h20 GMT (18h20 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 50,51 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 3,72 dollars par rapport à la clôture de lundi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance perdait 3,16 dollars à 46,04 dollars.

    | A lire aussi : L'Opep influence-t-elle encore les cours du baril ?

Au FMI, Christine Lagarde appelle à la prudence

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, appelait pour sa part les économies émergentes à faire preuve de vigilance face au ralentissement d'activité en Chine. En avertissant que la croissance mondiale serait cette année sans doute plus faible que prévu, Christine Lagarde, qui s'exprimait au cours d'une allocution à l'Université d'Indonésie, à Jakarta, a estimé que le ralentissement de la croissance chinoise était attendu et n'est pas brusque.

Elle a néanmoins observé que la transition de ce pays vers une plus grande économie de marché était "complexe et pourrait être quelque peu chaotique", en soulignant:

"D'autres économies émergentes, incluant l'Indonésie, doivent être vigilantes pour faire face aux retombées potentielles du ralentissement de la Chine et au resserrement des conditions financières mondiales".

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 01/09/2015 à 20:07 :
Recherchez, par Ixquick, Mylène Gaulard viméo. Et pas seulement sur viméo, mais aussi sur La Tribune. Elle a tout compris.
a écrit le 01/09/2015 à 16:52 :
Qq1 peut il me dire pourquoi il se vend plus de voiture a en France ??
Réponse de le 01/09/2015 à 17:58 :
Parce que les vieilles caisses sont mortes et les loyers tout petits..
Réponse de le 02/09/2015 à 8:29 :
Ça s'appelle un rebond, et c'est dû au contact avec le plancher. Mais à terme c'est la gravité qui gagne :-)
a écrit le 01/09/2015 à 16:36 :
Si la bourse décroche, l'immobilier suivra. J'espère vendre avant mais il n'y a presque pas d'acheteurs en ce moment.
Réponse de le 01/09/2015 à 20:03 :
Ha, vous aussi, vous voulez vendre au prix de la bulle..?? Remerciez les us de nous avoir foutu là-dedans...

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