A quelques jours de la prochaine réunion du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) qui doit se pencher sur un éventuel assouplissement des règles d’octroi de crédit immobilier, la sous-gouverneure de la Banque de France, Agnès Bénassy-Quéré, a présenté dans une note une vision bien moins pessimiste du marché du crédit immobilier que certains professionnels avancent auprès de Bercy. Selon l’économiste, le marché « se normalise » après des années exceptionnelles.Le message est clair : la baisse du marché du crédit immobilier relève d'une « normalisation après les exubérantes années de taux d'intérêt très bas », et non d'un effondrement du marché. Il est signé Agnès Bénassy-Quéré, sous-gouverneure de la Banque de France, par ailleurs économiste éminente et professeure des Universités.
La publication, ce jeudi, sur le blog de la Banque de France de ce long article sur le crédit immobilier, intitulé « la poule, l'œuf et le prix de l'œuf », ne doit rien au hasard : elle intervient dans un contexte de forte pression des professionnels du crédit et de l'immobilier sur les autorités pour assouplir les règles d'octroi imposées depuis 2022 par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), sous la supervision de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), présidée par le....gouverneur de la Banque de France. Or, ce même Conseil, doit se réunir le 13 juin prochain pour arrêter sa position, sur un possible assouplissement.
Une flexibilité pas entièrement utilisée
Pour mémoire le HSCF plafonne le taux d'effort des ménages (charge du crédit sur revenu) à 35% du revenu disponible mais les prêteurs peuvent de déroger à cette règle à hauteur de 20% de la production. Une flexibilité qui n'est d'ailleurs pas entièrement utilisée par les banques (en moyenne 14% de la production). La dérogation doit être réservée à 80% aux acquéreurs de la résidence principale (et au moins 30 % aux primo-accédants) mais cette clientèle a de plus en plus de mal à réaliser leurs projets avec la montée des taux et la relative inertie des prix.
Parallèlement, les ménages multi-propriétaires, acquéreurs de résidence secondaire ou de logements locatifs, ne respectent généralement pas le taux d'effort malgré des revenus confortables. C'est sur ce segment que les professionnels du crédit souhaiteraient plus de souplesse. Alors que le monde de l'immobilier et du BTP sonne l'alerte, Bercy semble plutôt ouvert à des ajustements, notamment sur l'investissement locatif.