Epargne : 2022 signe le retour en grâce des livrets réglementés
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Le taux d'épargne des Français va rester à un niveau élevé, supérieur à celui d'avant la crise sanitaire.
DADO RUVIC
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Le taux d'épargne des Français va rester à un niveau élevé, supérieur à celui d'avant la crise sanitaire.
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L'inflation grimpe, le moral des ménages baisse. « Le sentiment de dégradation du pouvoir d'achat est plus fort que pendant la crise des gilets jaunes en février 2019 », remarque Alain Tourdjman, directeur des études économiques & prospective de BPCE lors de la présentation de la dernière édition du baromètre BPCE-Audirep sur les Français et l'épargne.
A cette perception négative s'ajoutent des préoccupations de plus long terme, comme la succession de crises à venir, une remontée anticipée des impôts ou la réduction du niveau de protection sociale, notamment la retraite. Le comportement de consommation commence à s'en ressentir, selon l'économiste, avec une capacité à épargner plus faible même si l'aspiration à épargner « reste forte ». Et ce pessimisme est « en train de se diffuser des catégories les plus modestes aux classes moyennes ». Bref, le tableau que dresse BPCE du comportement des Français face à l'inflation est plus que morose.
« L'inflation joue un rôle important sur l'épargne, du moins tant que cette inflation reste en-dessous d'un certain seuil, estimé entre 8 à 10% », avance Alain Tourdjman. Au-delà, l'effet « fuite devant la monnaie » domine et les ménages préfèrent consommer tout de suite plutôt que d'épargner. Pour l'heure, les Français ne semblent pas prêts à consommer leur « surépargne » accumulée en 2020 et 2021, un surplus largement concentré (70%) sur les 20% des ménages les plus aisés.
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Selon les prévisions de BPCE, le taux d'épargne devrait donc rester à un niveau élevé en 2022, à 16%, certes loin derrière le pic du confinement de 2020 (27%) mais toujours supérieur à celui d'avant crise sanitaire (15%). Toutefois, le recul du pouvoir d'achat conduit à recul des flux de placements financiers (différence entre versements et remboursements, hors capitalisation des intérêts et valorisation boursière), estimés à 89 milliards d'euros en 2022 et 66,7 milliards en 2023 (contre 111 milliards en 2021). Ces montants fléchissent mais demeurent à des niveaux élevés, supérieurs à la moyenne de 44 milliards sur longue période (1993-2011).