Le banquier d'affaires Matthieu Pigasse aime les SPAC (special purpose acquisition company), ces instruments financiers cotés, destinés à financer une ou plusieurs acquisitions, et qui connaissent depuis 2020 un vent de folie aux Etats-Unis, qui déborde désormais en Europe. Et pour cause. Matthieu Pigasse a été non seulement le premier à lancer en France un SPAC, en 2015, devenu le groupe Mediawan (retiré de la cote en 2020), mais il a récidivé en 2020 en créant 2MX Organic, toujours avec son partenaire Xavier Niel, le fondateur de Free, puis, en juillet 2021, avec son projet I2PO aux côtés du family office de la famille Pinault.
Avec trois SPAC à son actif, sur la petite cinquantaine lancée en Europe depuis 2015 (dont 24 en 2021), Matthieu Pigasse est en bonne place pour défendre les SPAC, à l'heure où des doutes commencent à apparaître aux Etats-Unis, y compris auprès du régulateur, la Securities Exchange Commission (SEC).
Lors d'une table ronde organisée par le cabinet d'avocats Racine, très actif sur ce marché, le banquier a certes reconnu « une certaine fatigue » outre-Atlantique, liée « au fait que n'importe qui a essayé de faire n'importe quoi » et qu'il est donc temps de « remettre un peu d'ordre ». Mais pas question de revenir sur l'utilité de ces véhicules d'investissement dans le développement et le financement des entreprises. Et encore moins d'évoquer un risque de de bulle financière.