La BCE relance son programme d'achats d'actifs

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(Crédits : Kai Pfaffenbach)
Pour soutenir l'activité économique en berne dans la zone euro, la Banque centrale européenne va relancer, à compter du 1er novembre et pour une durée indéterminée, son programme de rachats d'obligations à raison de 20 milliards d'euros par mois. Le taux de dépôt va lui passer à -0,50%.

Super Mario a tenu ses promesses. À l'occasion d'une conférence de presse très attendue, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a sorti le grand jeu monétaire, en baissant l'un de ses taux et en relançant ses rachats nets de dette, pour stimuler une économie au ralenti en zone euro. Ces mesures ne constituent pas une surprise et étaient très attendues par les marchés depuis le 25 juillet dernier où Mario Draghi avait évoqué ouvertement la possibilité de baisser les taux d'intérêt.

Mais la mesure phare - et sans doute la plus controversée - porte sur la réactivation des rachats de dette publique et privée, à raison de 20 milliards d'euros par mois à compter de 1er novembre prochain pour une période indéterminée, financée par de la création de monnaie. Cette puissante arme anti-crise, baptisée "QE" pour "Quantitative Easing", a déjà été déployée entre mars 2015 et fin 2018. Au total, 2.600 milliards d'euros ont ainsi été déversés sur les marchés.

Un taux de dépôt à -0,50%

La BCE a aussi annoncé l'abaissement du taux de dépôt frappant les liquidités excédentaires des banques, déjà négatif depuis 2014, pour le porter de -0,40% à -0,50%. La mesure était attendue et largement plus consensuelle. L'idée est de dissuader plus fortement les banques de laisser leur excès de trésorerie au guichet de la BCE, pour les encourager plutôt à les prêter aux ménages et aux entreprises.

Par ailleurs, le taux "de refinancement", qui permet aux banques de se financer sur une semaine, a lui été maintenu à 0%, son niveau le plus bas où il campe depuis trois ans.

Comme attendu, la BCE a également annoncé une mesure pour compenser les effets négatifs sur les banques des taux de dépôts négatifs, qui revient à les taxer. Ainsi une partie des liquidités ne seront pas soumises aux taux négatifs. Par ce biais, la banque centrale cherchera à réduire la facture estimée à environ 7,5 milliards d'euros en 2018 et principalement supportée par les banques allemandes et françaises.

Prévisions de croissance et d'inflation à la baisse

Elle anticipe par ailleurs de nouvelles baisses des taux, abandonnant également dans son communiqué toute échéance pour les relever.

L'institution présidée par Mario Draghi s'était montrée déterminée lors de sa dernière réunion de juillet à redoubler d'efforts pour stimuler l'activité et les prix, alors que l'inflation demeure éloignée de son objectif "proche mais en dessous de 2%" en zone euro.

L'institution de Francfort a d'ailleurs abaissé ses prévisions d'inflation en zone euro pour 2019, 2020 et 2021. Elle s'attend pour ces trois années à voir les prix progresser respectivement de 1,2%, 1,0% et 1,5%, contre respectivement 1,3%, 1,4% et 1,6% lors de ses précédentes prévisions de juin.

La BCE a aussi abaissé ses prévisions de croissance économique de la zone euro pour 2019 et 2020. La Banque centrale mise sur une hausse du Produit intérieur brut (PIB) de 1,1% cette année (contre 1,2% prévu auparavant) et de 1,2% l'an prochain (contre 1,4%). Pour 2021, la BCE continue à miser sur une hausse de 1,4%.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 15/09/2019 à 9:33 :
La définition de la folie, c'est de refaire toujours la même chose, et d'attendre des résultats différents. – Albert Einstein.
a écrit le 13/09/2019 à 16:22 :
d'achats d'actifs ou de fictifs ?
a écrit le 13/09/2019 à 8:58 :
Le seul objective de cette mesure sous pression des pays d'ail c'est de reduire leur dettes. Mais un credit vous engage et doit etre rembourse. Preparez vous parce que ces pays la France inclus n'ont pas des richesses naturelles pour trading apres l'implosion de l'euro.
a écrit le 13/09/2019 à 7:06 :
Quel entêtement a vouloir que la réalité rejoigne la théorie.
Situation a la japonaise, le protectionnisme et le denatalisme en moins. Ca va faire mal.
Tout ça parce qu'ils croient que 2% d'inflation ça rassure la menagere et lui fait acheter sa botte de poireaux (dont tous les economistes serieux savent qu'elle est l'alpha et l'omega de l'economie moderne) plus tôt
a écrit le 12/09/2019 à 20:20 :
"Messieurs, nous sommes au bord du précipice, faisons un pas en avant".
a écrit le 12/09/2019 à 18:42 :
Le consortium financier européen est logique avec lui même, né pour l'argent il mourra pour l'argent.
a écrit le 12/09/2019 à 16:57 :
T’as raison Mario, continue comme ça !
De toute façon tu transmettras la patate chaude dans pas longtemps. Lorsque Christine prendra en pleine face l’éclatement des bulles que tu auras au mieux entretenues, au pire renforcées, tout le monde viendra dénoncer le capitalisme sauvage et la finance sans visage... Du coup tu t’en fous. Une chose est sûre, le bitcoin a un futur radieux grâce à toi !
a écrit le 12/09/2019 à 16:53 :
On nous explique finalement que la BCE rachète et prend la place pour le risque, qu'elle finalement fait accepter par les populations. Pendant ce temps, elle prête de l'argent aux banques a taux négatif !!! c'est pas beau la vie!!!
Réponse de le 12/09/2019 à 19:12 :
Taux de dépôt negatif donc ???
Les banques paient pour deposer les fonds en excédents...
Aller relis l article stp et apres tu peux causer.

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