Néobanques et Fintech, le nouveau marché que Visa dispute à Mastercard

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Le responsable chez Visa des relations avec les Fintech et des partenariats stratégiques en Europe, Vish Sowani, promet des annonces sous peu avec plusieurs startups de la Fintech françaises.
Le responsable chez Visa des relations avec les Fintech et des partenariats stratégiques en Europe, Vish Sowani, promet des annonces sous peu avec plusieurs startups de la Fintech françaises. (Crédits : Visa)
Le géant américain des cartes de paiement Visa multiplie les initiatives pour signer des contrats avec les startups de la finance, comme Revolut, un marché sur lequel son concurrent Mastercard a pris de l’avance. Le point avec le directeur des relations avec les Fintech en Europe, Vish Sowani, de passage à Paris.

Cap sur la Fintech. Le géant américain des cartes de paiement Visa redouble d'initiatives pour séduire les néobanques, ces nouveaux entrants 100% mobiles qui ont conquis des dizaines de milliers de clients. Or jusqu'ici, de Compte Nickel à N26, la plupart des néobanques ont signé avec son concurrent Mastercard, le premier à se positionner sur ce relais de croissance prometteur, à l'heure où la carte se voit concurrencer par des solutions totalement dématérialisées comme le paiement instantané et certains porte-monnaies électroniques comme Alipay. De passage dans la capitale pour l'événement Paris Fintech Forum qui se tient ce mardi et ce mercredi, le directeur des relations avec les Fintech et des partenariats stratégiques en Europe, Vish Sowani, nous détaille cette nouvelle orientation du groupe.

« Depuis l'an dernier, nous nous sommes beaucoup investis dans l'écosystème Fintech en Europe, auprès de ceux qui développent la prochaine génération de solutions de paiement numérique. C'est vrai que nous arrivons plus tard mais nous allons plus vite ! Mastercard a des partenariats avec Transferwise, Monzo et N26, nous avons signé avec plusieurs Fintech, notamment Revolut dont nous sommes proches et que nous allons accompagner dans son déploiement en dehors d'Europe » fait-il valoir.

Cette néobanque britannique à la croissance fulgurante, qui revendique 3,5 millions de clients en Europe, dont près de 500.000 en France, dispose d'une licence européenne et part à l'assaut du marché américain et de plusieurs pays d'Asie.


Bientôt des Fintech françaises

 
Visa travaille avec plusieurs Fintech reconnues en Europe, comme la suédoise Klarna, l'allemande solarisBank, d'autres moins connues comme Jaja Finance, Contis, la nordique Evry.

« Nous avons déjà signé avec 19 acteurs de la Fintech qui prévoient de se lancer et nous sommes en discussions avec une douzaine d'autres. Ces acteurs perçoivent la puissance de notre réseau et ils veulent un accès rapide au marché » indique Vish Sowani. « En France, le deuxième plus grand écosystème Fintech d'Europe après Londres, nous annoncerons dans les mois qui viennent des partenariats avec de nombreux noms connus » promet-il.

Visa est déjà le seul fournisseur de cartes d'Orange Bank. L'arrivée tardive de Visa sur le marché européen des néobanques s'explique notamment par des raisons concurrentielles et de gouvernance : jusqu'à la mi 2016, Visa Europe était contrôlé par les banques européennes, qui ont revendu leurs parts à Visa Inc pour plus de 16 milliards de dollars.

Désormais décomplexé, Visa a mis le turbo. En juillet dernier, le géant américain a lancé un programme accéléré Fast-track permettant aux Fintech européennes de rejoindre son réseau mondial en quatre semaines et à frais réduits, « pour aider les startups en phase de démarrage à accéder aux capacités du réseau mondial de Visa en vue de propulser leurs propres idées » explique le groupe. En parallèle, le poids lourd, qui capitalise plus de 296 milliards de dollars, a lancé un programme d'investissement européen de 100 millions de dollars pour « soutenir l'écosystème florissant des Fintech en Europe et développer son activité d'investissement dans les startups. » Il couple souvent partenariat et investissement stratégiques : il a ainsi déjà investi notamment Klarna en juin 2017 et solarisBank ou encore Payworks.

 « Il faut qu'au bout du compte ce soit lié au paiement. Nous réalisons aussi des acquisitions comme celle de Fraedom [entreprise britannique de gestion de frais et cartes d'entreprises, acquise en février dernier] » souligne le "Monsieur Fintech Europe" de Visa.

Quant à la concurrence technologique, Visa se montre serein à l'égard du paiement instantané, un virement en moins de 10 secondes promu par la Banque centrale européenne, soulignant que son réseau à lui est mondial et qu'il reste beaucoup de transactions en argent liquide à faire basculer au digital. L'émergence des solutions de paiement intégrées aux messageries comme WeChat Pay est perçue en ce sens comme « très positive, cela va se produire aussi en Europe », prédit Vish Sowani. Car Visa espère bien sa part du gâteau : il fournit déjà avec Visa Direct le mécanisme de virement entre amis de Facebook Messenger.

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Commentaires
a écrit le 31/01/2019 à 10:49 :
La fin de l'article n'est pas exacte. En France, le service de FB s'appuie sur le Groupement des cartes bancaires. Cela évite à minima aux transactions de transiter par les US.

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