La néobanque N26 renonce au Royaume-Uni
Juliette Raynal

Photo d'illustration
N26
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Première conséquence du Brexit dans le secteur des fintech ? Ou premier signe de faiblesse pour N26 ? Sans doute un peu des deux. Seulement 18 mois après son arrivée sur le marché britannique, la néobanque allemande, qui a récemment passé la barre des 5 millions de clients à travers le monde, prévoit de se retirer du Royaume-Uni.
La plus grosse fintech allemande fait ici référence au mécanisme du passeport européen. Celui-ci permet d'exercer une activité bancaire dans tous les pays membres de l'UE dès lors qu'un agrément a été obtenu auprès d'un régulateur de l'Union européenne. Le Royaume-Uni ne faisant plus partie de l'UE, les acteurs bancaires souhaitant exercer sur ce marché doivent s'assurer d'obtenir une licence auprès de la Financial conduct authority (FCA).
La fermeture du service outre-Manche sera opérationnelle le 15 avril prochain. D'ici là, les clients britanniques sont invités à transférer leurs dépôts vers une autre banque, mais pourront continuer à utiliser l'application bancaire normalement jusqu'à cette échéance.
Quid des collaborateurs dédiés aux activités britanniques (environ 80 répartis à Londres et Berlin) ? La licorne (start-up non cotée en Bourse valorisée plus d'un milliard de dollars) ne partage pas d'information chiffrée et se contente d'indiquer que "la majorité du personnel de N26 au Royaume-Uni occupera de nouvelles fonctions au sein de l'entreprise à mesure que la banque mobile continuera de développer son équipe mondiale".
Si la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a indéniablement joué dans cette décision, N26 a sans doute aussi sous-estimé les coûts nécessaires pour accélérer sa croissance sur ce marché très concurrentiel où s'affrontent trois acteurs britanniques majeurs : Revolut en tête, suivi de Monzo et Starling Bank. Depuis sa dernière levée de fonds au mois de juillet 2019, N26 n'a pas communiqué sur le nombre de clients au Royaume-Uni, souligne ainsi le Financial Times. A cette période, elle en revendiquait 200.000 et affirmait en séduire 1.000 nouveaux par jour.
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Soutenue par des investisseurs de renom (le chinois Tencent, le fonds souverain singapourien GIC et le premier assureur européen Allianz), N26 a levé depuis sa création plus de 680 millions de dollars et est désormais valorisée 3,5 milliards de dollars.
Elle affirme aujourd'hui vouloir continuer sa "mission de transformer le secteur bancaire mondial par l'innovation et la puissance de la technologie", en poursuivant son développement au sein de l'Union européenne et en renforçant sa présence aux Etats-Unis, où elle s'est lancée l'été dernier.
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Cette annonce intervient alors que son grand rival, le britannique Revolut, qui revendique plus de 10 millions de clients à travers le monde, devrait annoncer dans les prochains jours un tour de table XXL, pouvant le valoriser entre 5 et 8 milliards de dollars selon les médias britanniques.
Juliette Raynal