Condamné en appel à verser 1 million d'euros de dommages et intérêts à la banque, en septembre, Jérôme Kerviel avait déclaré à l'époque estimer "ne rien devoir à la Société Générale". Il ne s'est pas pourvu en cassation, la banque non plus, mais celle-ci n'avait pas l'intention de s'asseoir sur ses indemnités. La banque de La Défense a donc saisi il y a quelques mois les comptes bancaires de l'ex-trader, qui s'en est ouvert au journal 20 Minutes, accusant la SocGen de vouloir "[l']asphyxier jusqu'à la fin de [ses] jours...":
La banque confirme et rappelle que son avocat avait jugé la sanction "humaine, un montant compréhensible pour l'opinion publique, quelque chose qui peut être payé". Elle ajoute :
Jérôme Kerviel, qui a été interdit à vie d'exercer dans la finance, a écrit un livre, "L'Engrenage : mémoires d'un trader", dont il a vendu les droits d'adaptation au cinéma, suivi d'un autre, "J'aurais pu passer à côté de ma vie", paru en novembre dernier. Il a refusé l'idée d'un appel à la générosité de ses soutiens, par le biais d'une souscription publique, suggérée par son avocat, Me David Koubbi.
Interrogé sur France Info, Me David Koubbi a dénoncé « cette tactique d'essoufflement et de nuisance maximale ». Il garde espoir dans la (très longue) procédure en révision des condamnations pénales.
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Quant aux 2,2 milliards d'euros de crédit d'impôt perçus par la Société Générale au titre de la perte imputée à l'ex-trader et dont Bercy avait décidé de demander le remboursement, total ou partiel, le sujet reste en suspens. La banque continue de penser que la décision de la Cour d'appel de Versailles, qui avait souligné sa part de responsabilité du fait de ses manquements, est « sans effet sur sa situation fiscale ». Elle reconnaît néanmoins dans son document de référence déposé le 8 mars qu'« un litige reste possible sur ce sujet devant les juridictions compétentes ». Se réfugiant derrière le secret fiscal, la banque n'avait pas caché qu'elle contesterait en justice un éventuel redressement fiscal. « Quand on connaît les délais, on en a pour dix ans », prédit une source proche du dossier.
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