La startup Paylead permet aux banques et assureurs de récompenser leurs clients

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Les équipes de Paylead.
Les équipes de Paylead. (Crédits : Paylead)
La Fintech parisienne propose aux banques et assureurs de développer des programmes de fidélité personnalisés à destination de leurs clients, en les rémunérant lors de leurs achats auprès de commerçants partenaires.

Et si votre carte de paiement vous rapportait de l'argent ? C'est ce que propose la Fintech Paylead, fondée par Charles de Gastines et Jacquelin Becheau La Fonta en 2015. La jeune pousse parisienne crée un pont entre les banques d'un côté et les commerçants de l'autre.

« Nous proposons des programmes fidélité personnalisés grâce à l'analyse des données bancaires transactionnelles », expose Jacquelin Becheau La Fonta.

Ces programmes de fidélité sont directement proposés par les banques et assureurs, qui demandent, au préalable, le consentement de leurs clients pour accéder à leurs données bancaires. La marque Paylead, elle, n'apparaît à aucun moment.  « Nous sommes comme une sorte d'American Express, mais en marque blanche », résume Charles de Gastines.

Des données anonymisées

Concrètement, Paylead se connecte aux systèmes d'information des banques pour récupérer et analyser des données comme le libellé, le montant et la date d'un paiement. Ces données sont anonymisées.

« Nous n'avons jamais accès aux données personnelles du client comme son nom ou son adresse email. Nous travaillons à partir d'un identifiant. C'est la banque qui fait ensuite le lien entre cet identifiant et l'identité de son client », rassurent les deux cofondateurs. « Et les marchands partenaires n'ont pas accès à la donnée avec laquelle nous travaillons de manière granulaire », ajoute Charles de Gastines.

Grâce à l'analyse de ces données, couplées à des informations externes, comme le numéro Siret des entreprises commerçantes, Paylead est capable de comprendre où sont réalisés les achats et de dresser le comportement d'achat de l'utilisateur pour lui proposer ensuite des promotions personnalisées.

Dépenser pour épargner ?

Paylead  a ainsi noué un partenariat avec Cetelem, la branche crédit à la consommation de BNP Paribas, qui a lancé une nouvelle carte de crédit baptisée CPay. Lorsqu'un client l'utilise auprès d'un commerçant partenaire, un pourcentage du montant de son achat est directement reversé sur sa carte. C'est ce qu'on appelle le cashback, un mécanisme très populaire aux États-Unis, mais beaucoup moins connu en France.

La startup travaille aussi avec un assureur, qui a développé une application d'aide à l'épargne. Lorsqu'un assuré télécharge l'application, s'il le souhaite, il peut autoriser l'assureur à accéder aux données de ses différents comptes bancaires. Ainsi, à chaque fois qu'il réalisera un achat auprès d'un partenaire, un petit pourcentage du montant sera directement affecté au compte qu'il a choisi : épargne, retraite ou encore assurance vie.

Dans le même esprit, Paylead a noué un partenariat avec la startup Capital Koala, qui propose aux parents d'épargner pour leurs enfants dès qu'ils réalisent des achats auprès d'e-commerçants partenaires : lorsqu'un internaute commande un canapé sur le site de Maison du Monde, entre 3,5 et 5,5% du montant de l'achat est versé sur le livret A de son enfant. L'association avec Paylead a permis de décliner ce concept auprès de magasins physiques.

Les créateurs de Paylead assurent que ce modèle est gagnant pour tous : les consommateurs augmentent leur pouvoir d'achat, les banques fidélisent leurs clients en apportant un service complémentaire et les commerçants peuvent mieux cibler les consommateurs et réaliser des ventes supplémentaires ou conquérir de nouveaux clients.

Côté modèle économique, Paylead se rémunère à la performance. Prenons l'exemple suivant : si une enseigne réalise une vente de 100 euros grâce au programme de fidélité, elle va reverser 3,75 euros. 3 euros iront au consommateur et Paylead et la banque se partageront les 75 centimes restants.

4.500 points de ventes partenaires

Aujourd'hui, Paylead revendique un réseau de 4.500 points de ventes partenaires, dont des enseignes comme Franprix, Oxybul et Jacadi ou encore Bagel Coner et 5àSec. Elle ne communique pas de chiffres exacts, mais assure avoir déjà séduit plusieurs dizaines de milliers d'utilisateurs. Sept autres programmes conclus avec des banques, des assureurs et des Fintech devraient voir le jour d'ici la fin de l'année.

La startup, qui emploie aujourd'hui 25 collaborateurs, cherche à lever 7 millions d'euros pour faire gonfler sa base d'enseignes partenaires et se déployer dans d'autres pays européens. Elle espère séduire rapidement quelques millions de consommateurs en convainquant les banques de l'intérêt d'un tel service dans un univers devenu très concurrentiel et menacé par l'arrivée des géants de la tech. « Apple a lancé sa carte de crédit avec une offre de Cash Back. Amazon a fait la même chose aux États-Unis avec Amazon Reward », rappelle Charles de Gastines. En Europe, la néobanque Revolut s'est aussi lancée dans cette démarche et plusieurs applications de coach financier s'y intéressent.

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