Quand Cédric Villani enjoint aux Fintech de se mettre au service de l'humain et de l'environnement
Juliette Raynal

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« Faire de Paris la capitale de la finance écologique, responsable, de la finance porteuse de développement, de progrès, de sens ». Voilà l'appel lancé par le mathématicien et député LREM de l'Essonne, Cédric Villani, à l'occasion de l'événement Fintech Revolution, grand raout des startups de la finance, qui s'est tenu mardi 9 avril au campus parisien géant de jeunes pousses Station F.
Lors d'une intervention exaltée, Cédric Villani a d'abord rappelé les atouts clés de Paris : un écosystème de startups parmi les meilleurs en Europe, un système universitaire parmi les meilleurs du monde et une expertise de renommée internationale en intelligence artificielle.
Selon lui, les trois défis que doivent relever les startups de la finance concernent les évolutions algorithmique, environnementale et post-Brexit. Il estime d'ailleurs que la place parisienne ne pourra se renforcer après le Brexit qu'à condition qu'elle ne se contente pas de recopier ce qu'a fait la City. « Il faut développer une finance au service de l'humain et de l'environnement », a-t-il insisté.
Cette quête de sens semble déjà avoir trouvé un certain écho au sein l'écosystème et une Fintech dite « for good », c'est-à-dire ayant un impact positif sur la société et/ou l'environnement, tend à se développer. Exemple avec le jeune fonds d'investissement Future Positive Capital. « Nous ciblons les Deeptech [startups qui développent des technologies de rupture, ndlr] qui s'attaquent aux enjeux majeurs de notre société. Cela peut être, par exemple, une entreprise capable de prédire la volatilité du climat », a expliqué Sonia Hmich, sa fondatrice, lors d'une table ronde.
La startup Xaalys, fondée et dirigée par Diana Brondel, développe quant à elle une application bancaire pour les adolescents où s'intègrent des modules d'éducation financière afin de responsabiliser ces acteurs économiques en herbe. Dans l'univers du financement participatif, la plateforme Lita.co, créée par Eva Sadoun, se présente comme un produit de finance solidaire. Elle permet aux particuliers d'investir directement dans des projets économiques ayant un impact positif sur la société et l'environnement. Dans un tout autre genre, la jeune pousse abCSR propose de fournir des indicateurs de performance RSE (responsabilité sociétale des entreprises) aux PME et ETI, en agrégeant leurs données comptables avec des données externes. « Nous fournissons des indicateurs comme la trajectoire carbone, la consommation d'emballage ou encore la participation au budget écologique de l'Etat », indique Jérôme Verdiell, directeur associé de la startup. « Les PME et ETI ne sont pas soumises à des obligations réglementaires en matière de RSE mais notre solution pourrait les intéresser dans le cadre d'appels d'offres, où le volet RSE est de plus en plus important, ou parce qu'elles ont besoin de communiquer auprès de leurs investisseurs et clients, qui ont de plus en plus d'attentes sur ces sujets », poursuit-il.
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Interrogée sur les écueils à surmonter pour bâtir un réel écosystème « Fintech for good », Sofia Hmich de Future Positive Capital évoque trois défis majeurs : « Il faut adopter un narratif d'ambition. Il faut également du capital, en allouant par exemple aux fonds à impact positif une partie des fonds inactifs. Le Royaume-Uni a, par exemple, décidé d'allouer une partie des assurances vie non réclamées à ce type de fonds. Il faut, enfin, davantage de success stories »,estime-t-elle, en citant l'exemple de la startup Ynsect, qui développe des protéines alternatives plus respectueuses de l'environnement, dans laquelle son fonds a investi.
Gare cependant au phénomène de mode. « Le 'for good' ne doit pas uniquement être un label que les entreprises utilisent de manière opportuniste. Un projet for good doit être structuré dans ce sens dès sa conception», prévient Diana Brondel de Xaalys.
L'écosystème français de la finance n'a toutefois pas attendu l'émergence des Fintech pour s'investir dans la finance responsable, vaste cause, dans laquelle les questions d'inclusion financière se retrouvent au côté du financement de la transition énergétique. Paris occupe ainsi la deuxième place mondiale en matière d'obligations vertes, ou green bonds en anglais, (emprunts émis par une entreprise ou un acteur public dont le but est de financer uniquement des projets à impact environnemental positif), après la Chine. Le Crédit Agricole est le leader mondial des arrangeurs d'obligations vertes, devant HSBC, et la troisième place du podium est également occupée par une banque tricolore : BNP Paribas. La gestion d'actifs française a aussi été pionnière : l'Hexagone recense 206 fonds d'investissement labellisés Investissement socialement responsable (ISR), représentant 53 milliards d'euros d'encours. En 2017, les acteurs de la place financière française se sont mobilisés pour créer la marque Finance For Tomorrow afin de propulser Paris comme la capitale mondiale de la finance verte et durable.
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Pour accélérer sur ce sujet, imaginer des solutions nouvelles et changer d'échelle, Finance For Tomorrow mise justement sur les Fintech. Dans le cadre du challenge Fintech For Tomorrow, organisé en partenariat avec l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), elle vient de sélectionner huit jeunes pousses (Descartes Underwriting, Origins Earth, Active Asset Allocation, Climate Seed, CrowdValue, Etik, Moneyvoice et Paygreen) qui bénéficieront d'un accompagnement sur-mesure.
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