Les fonds de "private equity" français ont connu une année record

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Le géant européen Ardian (ex-Axa Private Equity) a bouclé trois véhicules d'investissement de plus d'un milliard d'euros l'an dernier, dont un méga-fonds de fonds de 10,8 milliards.
Le géant européen Ardian (ex-Axa Private Equity) a bouclé trois véhicules d'investissement de plus d'un milliard d'euros l'an dernier, dont un méga-fonds de fonds de 10,8 milliards. (Crédits : Bain & Company)
Les fonds investissant dans les sociétés non cotées en Bourse ont levé un montant record de 39 milliards l'an passé selon le rapport annuel de Bain & Company. Les investissements ont bondi de 85% mais les sorties ont été moins nombreuses.

Il n'y a pas que les startups de la French Tech qui réalisent des levées d'argent record. Les acteurs français du "private equity", ces fonds qui investissent dans des sociétés non cotées en Bourse, généralement par un montage financé par de la dette, ont aussi connu une année exceptionnelle. Selon les chiffres rassemblés par le cabinet Bain & Company, ils ont levé environ 39 milliards de dollars l'an passé, plus du double de 2015 (+140%). Ces sommes se sont concentrées sur les plus grands noms du secteur, notamment Ardian, l'ex-Axa Private Equity, qui a bouclé trois véhicules d'investissement de plus d'un milliard d'euros l'an dernier, dont un méga-fonds de fonds secondaire de 10,8 milliards.

Le fonds Antin Infrastructures Partners (qui a dénoué ses derniers liens avec BNP fin 2012) a de son côté bouclé son troisième fonds d'un montant de 3,6 milliards d'euros en décembre dernier et le fonds « mid-market » (grosses PME) Astorg a clôturé son sixième sur un total de 2,1 milliards d'euros.

Trois méga-deals sur des cibles françaises

Ce n'est pas un phénomène ponctuel mais une tendance lourde : les dix plus grandes sociétés d'investissement françaises, dont Ardian, Astorg, PAI, Five Arrows de Rothschild, Chequers Capital, Apax France, 21 Partners, etc, ont concentré plus des trois quarts des fonds levés depuis 2010, selon le cabinet américain. Au niveau mondial aussi, on observe cette polarisation au bénéfice de "méga-fonds" supérieurs à 5 milliards (Advent, Bain Capital, CDC Group).

Les investissements réalisés par des fonds de "private equity" en France ont bondi de 85% à 18 milliards de dollars, le plus haut niveau depuis 2007, alors qu'ils sont en baisse, de 14% en valeur, au plan mondial, ce qui fait grimper la part de la France à 17% des "deals" en Europe. Cette performance s'explique notamment par trois méga-opérations dépassant les 2 milliards sur des cibles françaises : la vente de GE Money Bank en France à Cerberus Capital pour environ 4 milliards d'euros, qui se hisse dans le top 10 des plus grosses opérations au niveau mondial, celle de l'ex-Morpho (Safran Identity & Security) à Advent et Oberthur pour 2,42 milliards d'euros et celle de Foncia par Eurazeo et Bridgepoint pour 1,8 milliard d'euros au fonds suisse Partners Group.

deals Private equity France 2016

Moins de sorties, moins d'IPO

En revanche, du côté des "sorties", l'année n'a pas été si faste : les ventes par des actionnaires du "private equity" ont diminué de 24% à 10 milliards de dollars (idem au niveau mondial), en raison du nombre particulièrement faible d'entrées en Bourse, après une année 2015 exceptionnelle et dans un contexte de marchés peu favorable (Groupe Afflelou, qui compte Lion Capital et Apax parmi ses actionnaires, a par exemple reporté sine die son projet d'introduction l'an passé).

Il y a cependant eu quelques opérations importantes de revente à un autre fonds, comme celles de Foncia, d'Ethypharm et de Novacap, et davantage d'opérations stratégiques (à des acquéreurs industriels) comme la cession de Sandro-Maje-Claudie Pierlot par KKR à un groupe chinois ou celle de Kerneos par Astorg à Imerys.

Sorties Private equity France

« Il y a toujours beaucoup d'argent disponible et tout est là pour que le millésime 2017 soit bon. Mais les valorisations restent élevées et il y a une pénurie d'actifs. Le marché est un peu lent à se décider, peut-être sous l'influence des échéances politiques » observe Jérôme Brunet, expert du private equity chez Bain & Company.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2017 à 10:08 :
"généralement par un montage financé par de la dette,"

Peu rassurant quand même hein... Mais bon la financiarisation à outrance de notre économie génère aberrations sur aberrations de ce genre.
Réponse de le 01/03/2017 à 11:22 :
Pour la majorité, nous nous sommes endettés pour acheter notre première voiture, moto ou résidence.
L'endettement est une nécessité pour progresser et c'est malheureusement souvent un privilège.
Un peu plus de la moitié des français sont propriétaires.

"41% des moins de 36 ans sondés qui possèdent déjà un appartement ou une maison."
"un taux de détention de patrimoine immobilier de 19,6% chez les moins de 30 ans mais de 53,4% chez les 30-39 ans."
Enquête HSBC

Ceux qui paient un loyer chaque mois n'auraient-ils pas préféré pouvoir s'endetter?
Réponse de le 01/03/2017 à 12:50 :
"Ceux qui paient un loyer chaque mois n'auraient-ils pas préféré pouvoir s'endetter? "

Ben non. Mais c'est quoi cette question ? Vous désirez être endettés vous ?

"L'endettement est une nécessité pour progresser et c'est malheureusement souvent un privilège."

L'endettement est une nécessité pour progresser dans quoi ? Dans la faillite personnelle oui en effet.

Un privilège que d'être endetté ? Houla ça va pas fort en ce moment pour vous mon ami à ce que je vois...

"Enquête HSBC"

Alors là si vous sortez les "arguments"... Merci pour le fou rire.

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