Livret A et LDDS : encours au plus haut historique fin 2018

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Le livret A, qui a fêté l'an dernier son bicentenaire, reste le placement d'épargne préféré des Français, malgré son taux de rémunération historiquement bas, à 0,75%.
Le livret A, qui a fêté l'an dernier son bicentenaire, reste le placement d'épargne préféré des Français, malgré son taux de rémunération historiquement bas, à 0,75%.
Malgré un taux historiquement bas, le Livret A a enregistré une collecte nette de 10,08 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2018, dépassant le cru 2017 déjà bon. Avec le livret de développement durable et solidaire (LDDS), les deux placements représentent un encours total de 391,4 milliards d'euros, un record.

Le livret A reste le produit d'épargne préféré des Français, malgré son taux de rémunération historiquement bas. Selon les chiffres publiés ce mardi 22 janvier par la Caisse des Dépôts (CDC), qui en assure la gestion financière, ce placement, qui a fêté l'an dernier son bicentenaire, a enregistré une collecte nette de 10,08 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2018 (en déduisant les montants retirés des sommes déposées). Ce n'est pas un record (plus de 28 milliards avaient été collectés en 2012 après la hausse des plafonds décrétée sous François Hollande), mais c'est presque aussi bien qu'en 2017, après deux années de collecte négative (2014 et 2015) et une  quasi stagnation (2016). En revanche, l'encours du Livret A atteint un niveau historique de 283,8 milliards d'euros.

Si l'on y ajoute les montants collectés par le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), soit quelque 2,62 milliards d'euros, et la capitalisation annuelle des intérêts, l'ensemble des placements dits d'épargne réglementée (leur taux est défini par l'État) représente des encours totaux de 391,4 milliards d'euros, en progression de 4% sur l'année précédente, là aussi un montant jamais atteint.

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Livret A LDDS encours FY 2018 collecte

[Evolution de la collecte et des encours du Livret A et du LDDS depuis 2008. Crédits : Caisse des Dépôts. Cliquez sur le tableau pour l'agrandir plein écran]

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Polémique sur la formule et le taux négatif

Pourtant, le taux de ces livrets est bloqué depuis août 2015 à 0,75%. Avec ce taux inférieur au niveau de l'inflation (+1,6% hors tabac en moyenne sur l'ensemble de l'année 2018), leur rendement réel reste négatif. Cependant, ces livrets restent attractifs car ils sont liquides, leurs gains sont garantis et défiscalisés.

Le gouvernement a décidé en 2017 de geler le taux jusqu'au 31 janvier 2020. La nouvelle formule de calcul du taux de rémunération du Livret A qui s'appliquera à compter de février 2020, présentée en avril dernier, sera assortie d'un taux plancher de 0,5%. Elle serait "préjudiciable pour le pouvoir d'achat des Français" selon l'association de consommateurs CLCV, qui réclame un retour "à l'ancienne formule de calcul du Livret A qui garantissait un rendement équivalent au taux d'inflation".

Selon le dernier rapport de l'Observatoire de l'épargne réglementée, à fin 2017, il y avait 55 millions de Livret A détenus par des personnes physiques pour un montant moyen de 4.574 euros par livret. Plus de quatre Français sur cinq détenaient toujours un Livret A en 2017 et les 10 % de livrets A les plus dotés représentent environ 50 % des encours.

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a écrit le 24/01/2019 à 8:11 :
Tous les gouvernements ont rêvé de voir les sommes sur les livrets A, LDD déversées dans la consommation même M. Hollande qui en dehors d'un coup politique sur ces livrets rêvait de voir cette masse monétaire dans l'économique. La consommation est avant tout un rapport de confiance entre une politique menée par un gouvernement et l'épargnant. Depuis des décennies cette confiance n’existe pas et ce n’est pas la politique menée aujourd’hui qui va changer le cours de cette logique économique. Ceux qui peuvent épargner en général appartiennent à la classe moyenne cette classe qui d’années en années et surtout depuis la crise de 2008 fait les « frais » de la politique fiscale des différents exécutifs. Il y dans la vision économique de nos dirigeants une erreur fondamentale prendre dans la poche de celui qui peut consommer, la classe moyenne, pour donner à celui malheureusement qui consomme peu ou pas car il a toujours autant de mal à boucler les fins de mois, ce qui engendre un appauvrissement général et une classe moyenne qui pour se rassurer ou préserver son avenir ne consomme pas au niveau de ses moyens. Le gouvernement et la majorité d’aujourd’hui restent dans cette logique avec devant un manque de confiance de plus en plus criant de la classe moyenne qui transfère ses capacités de consommer vers l’épargne. Les lois mais aussi les idées pour notre économie votées ou dévoilées par petits bouts sont de plus en plus anxiogènes pour l’avenir qui auront comme conséquence une aggravation de la consommation et une épargne qui atteindra de nouveaux sommets. Le débat lancé actuellement ne sera pas ce souffle d’optimisme car on voit bien que l’exécutif et la majorité qui courent de médias en médias qui monopolisent l’information pour dire que seule la politique actuelle est l’avenir pour notre pays en laissant l’ouverture pour quelques miettes qui ne changeront pas la tendance du pessimisme dans notre pays . L’exécutif et la majorité en monopolisant le débat sont entrain de noyer le souffle que pouvait éventuellement amener l’épargne vers la croissance. Dommage mais je pense que ce débat va apporter plus de frustration que d’optimisme alors qu’il était une ouverture pour l’exécutif pour relancer la confiance et cyniquement sauver son quinquennat . Demain les livrets seront encore les sommes qui manqueront à notre économie pas par la fautes des épargnants non mais encore par la faute du politique.
a écrit le 23/01/2019 à 17:37 :
Avec le monde dans les stations de ski et les sommes d'euros déposées sur les livrets A et autres, je comprends mieux maintenant les désirs des Gilets Jaunes. Qu'on leur paye maintenant un restaurant et un cinéma!!!!!!!!
Réponse de le 23/01/2019 à 21:26 :
A chacun ses rêves de grandeur...
F. Nietzsche qui n'avait pas les moyens de se payer un gilet jaune ni une auto disait "Si tu as moins que tu ne désires tu as plus que tu ne mérite" !
a écrit le 23/01/2019 à 14:27 :
Faire confiance à la Bourse, j'ai donné...et donné est bien le mot.
S'il était possible il y a encore une vingtaine d'années de "boursicoter," s'interesser à l'économie, aux entreprises et toucher quelques dividendes, aujourd'hui, ce n'est plus possible. A l'heure du trading haute fréquence: Terminé !
a écrit le 23/01/2019 à 13:48 :
Voilà qui annonce la prochaine usine à gaz (sans CO2) pour fixer les taux d'intérêt des livrets.
a écrit le 23/01/2019 à 10:59 :
Le peu de confiance dans l'avenir se constate dans cette forme d’épargne! Et si l'on commence a en parler c'est que malgré le vol sur les intérêts d'autre ponction sont a l'étude!
Réponse de le 23/01/2019 à 12:14 :
En route pour une nouvelle usine à gaz (à faible teneur en CO2 évidemment) …
Réponse de le 23/01/2019 à 14:11 :
Et à votre avis, l'endemment immobilier record, c'est le peu de confiance dans l'avenir ?
le vol sur les intérêts ? Vous connaissez les taux du marché ? 0%
Réponse de le 23/01/2019 à 16:23 :
On parle ici du taux d'intérêt par rapport a l'inflation., pour ce qui concerne l'immobilier, l'endettement ne prouve pas la confiance en l'avenir, mais il y a moins de risque de perte!
Réponse de le 23/01/2019 à 19:17 :
@ Fake News
Bien sûr que l'endettement immobilier est une preuve de défiance envers l'avenir, surtout aux taux actuels. Chacun préfère avoir au moins un toit sur la tête.
Quand au taux zéro de la banque centrale, il a justement pour objectif d'obliger les banques à prêter.
Il ne faut pas confondre taux courts et taux longs !
a écrit le 23/01/2019 à 10:23 :
On voit bien que Macron ne veut pas qu'on y mette notre pognon, c'est seulement pour contrarier un peu plus notre hurluberlu démontrant beaucoup trop d'amour et de servilité à la finance prédatrice.
Réponse de le 24/01/2019 à 10:43 :
On peut évidemment supposer, comme vous le suggérez, que les français choisissent de placer leurs centaines de milliards de liquidité essentiellement pour contrarier le gouvernement.
On peut cependant imaginer une explication plus rationnelle, même si elle est parfois inconsciente : consommer moins pour épargner plus à pour effet de contrarier l'inflation. Autrement dit épargner au lieu de consommer améliore le rendement de l'épargne dont le taux est fixé (Livret A, LDD). On a donc double intérêt à épargner : on améliore le rendement et on espère que l'épargne supplémentaire aidera à mieux résister aux crises futures.
Figer à moyen terme les taux des livrets défiscalisés est une erreur, mais il parait encore plus difficile de fixer la formule d'un taux variable …
a écrit le 23/01/2019 à 10:04 :
Ce qui est choquant c'est qu'on prélève des impots sur des placements qui rapportent moins que l'inflation. L'impot frappe les pertes des épargnants et le gouvernement déplore que l'inflation ne soit pas encore plus forte (tout en s'employant à la faire monter à coup de taxes écologiques).
In fine, les gens inquiets consomment encore moins et la crise ne fait que s'amplifier, le cercle vicieux de la spoliation par l'inflation.
Réponse de le 23/01/2019 à 14:13 :
Ben oui mais il n'y a pas d'impot sur le Livret A et le LDD, alors pas brillant votre commentaire...
Réponse de le 23/01/2019 à 22:33 :
Merci pour le compliment, un avis d'expert dont je suis sincèrement honoré.
Evidemment, comme plusieurs autres commentaires de cet article l'évoquaient, je parlais des livrets fiscalisés qui rapportent a peine 0,3% et qui payent la CSG.
Hollande n'ayant pas tenu sa promesse répétée de porter le plafond du livret A à 40.000, la différence se porte logiquement sur les livrets fiscalisés.
Réponse de le 23/01/2019 à 22:34 :
@ Fake News
Merci pour le compliment, un avis d'expert dont je suis sincèrement honoré.
Evidemment, comme plusieurs autres commentaires de cet article l'évoquaient, je parlais des livrets fiscalisés qui rapportent a peine 0,3% et qui payent la CSG.
Hollande n'ayant pas tenu sa promesse répétée de porter le plafond du livret A à 40.000, la différence se porte logiquement sur les livrets fiscalisés.
Réponse de le 23/01/2019 à 22:43 :
@ Fake News
Merci pour le compliment, un avis d'expert dont je suis sincèrement honoré.
Evidemment, comme plusieurs autres commentaires de cet article l'évoquaient, je parlais des livrets fiscalisés qui rapportent a peine 0,3% et qui payent la CSG.
Hollande n'ayant pas tenu sa promesse répétée de porter le plafond du livret A à 40.000, la différence se porte logiquement sur les livrets fiscalisés.
J'ajoute que même les intérets des livrets A et Lddl sont fiscalisés par le biais du revenu fiscal de référence qui sert à calculer nombre de seuils d'imposition (taxe d'habiration entre autre). D'une manière ou d'une autre, en France, tout revenu finit par être imposable.
a écrit le 22/01/2019 à 18:02 :
révélateur d'une inquiétude généralisée , résultat d'une politique fiscale incertaine ; c'est les derniers recours à peu près garantis d'une épargne de plus en plus difficile à réaliser
Réponse de le 23/01/2019 à 14:14 :
C'est révélateur d'un vieillissement de la population, qui met de coté court terme
Si inquiétude généralisée, l'immobilier ne serait pas là où il est
a écrit le 22/01/2019 à 17:32 :
Quel gachis. Tout un chacun envie les actionnaires mais il n'y en a pas un qui veut prendre des risques pour avoir un rendement très largement supérieur à 0,75% (une misère). C'est la schizophrénie généralisée : On veut plus de rendement sans accepter les risques,on veut gagner plus tout en travaillant moins (32h chez les agents territoriaux), avoir plus de retraite tout en cotisant moins ou en partant plus tôt, avoir plus de services public tout en payant moins d'impôts. Bref on veut que Noël soit programmé pour le 25 de chaque mois.
Réponse de le 22/01/2019 à 18:44 :
Vous reprenez le discours des gestionnaires de fonds. En réalité :
Le placement sur les livrets A et LDD n'est pas si mauvais quand on considère le très médiocre rendement réel des Assurances Vie (après prélèvement fiscaux et divers frais de gestion) : à peine 15% de la décote subie par les actions. Autrement dit : IL FAUDRAIT 6 ANS DE RENDEMENT D'UNE ASSURANCE VIE DE 2018 POUR COMPENSER LA PERTE DU CAPITAL. On gagne des intérêts de misère et on perd 15% du capital !
Certains aussi prétendront que la bourse est toujours gagnante à long terme, c'est PARFAITEMENT INEXACT : le CAC40 est aujourd'hui 36% plus bas que ce qu'il était il y 18 ans (en Aout 2020)! Le myhte de la bourse toujours gagnante à long terme néglige aussi que l'indice ne comprend que des entreprises en bonne santé, toutes celles qui ont chuté cessent d'être comptabilisées (et les actionnaires ruinés aussi).
Enfin, l'information est un élément clé des bénéfices en bourse et tout le monde ne dispose évidemment pas de la même qualité d'information.
a écrit le 22/01/2019 à 17:30 :
Les français ont peur de l'avenir et de la bourse, donc ils épargnent sur les livrets sécurisés. Cela montre bien qu'on ne peut pas espérer de relance de l'économie sans rétablir la confiance. Or la crise des gilets jaunes a sonné le glas de la confiance.
Comme celle envers François Hollande qui avait promis un plafond du livret A à 40.000 et s'est bien gardé de tenir sa promesse.
En outre, le placement sur les livrets A et LDD n'est pas si mauvais si l'on considère que les très médiocres rendements réels des Assurances vies (après prélèvement fiscaux et divers frais de gestion) représentent à peine 15% de la décote subie par les actions. Autrement dit : il faudrait d'ores et déjà 6 ans de rendement pour compenser la perte du capital investi dans les assurances vie.
Certains aussi prétendront que la bourse est toujours gagnante à long terme, c'est parfaitement inexact : le CAC40 est aujourd'hui 36% plus bas que ce qu'il était il y 18 ans (en Aout 2020)! Le myhte de la bourse toujours gagnante à long terme néglige aussi que l'indice ne comprend que des entreprises en bonne santé, toutes celles qui ont chuté cessent d'être comptabilisées (et les actionnaires ruinés aussi).
Réponse de le 22/01/2019 à 18:03 :
La bourse où comment prendre les gens pour des imbéciles...c'est aujourd'hui le meilleur moyen de perdre son investissement à moyen terme et d'autre part, le quidam par exemple doit attendre que son ordre de bourse soit validé (soit un jour!) pour en effectuer un autre...alors que d'autres ( les gros...) jouent à la nanoseconde pour passer leurs ordres pour vendre et acheter en même temps pendant toute la séance....Génial non ?
Réponse de le 22/01/2019 à 18:46 :
@ Chap
C'est parfaitement observé.
Plus généralement, on peut remarquer que l'information est un élément clé des bénéfices en bourse. Or, tout le monde ne dispose évidemment pas de la même qualité d'information.…
a écrit le 22/01/2019 à 17:29 :
Les français ont peur de l'avenir et de la bourse, donc ils épargnent sur les livrets sécurisés. Cela montre bien qu'on ne peut pas espérer de relance de l'économie sans rétablir la confiance. Or la crise des gilets jaunes a sonné le glas de la confiance.
Comme celle envers François Hollande qui avait promis un plafond du livret A à 40.000 et s'est bien gardé de tenir sa promesse.
En outre, le placement sur les livrets A et LDD n'est pas si mauvais si l'on considère que les très médiocres rendements réels (après prélèvement fiscaux et divers frais de gestion) représentent à peine 15% de la décote subie par les actions. Autrement dit : il faudrait d'ores et déjà 6 ans de rendement pour compenser la perte du capital investi dans les assurances vie.
Certains aussi prétendront que la bourse est toujours gagnante à long terme, c'est parfaitement inexact : le CAC40 est aujourd'hui 36% plus bas que ce qu'il était il y 18 ans (en Aout 2020)! Le myhte de la bourse toujours gagnante à long terme néglige aussi que l'indice ne comprend que des entreprises en bonne santé, toutes celles qui ont chuté cessent d'être comptabilisées (et les actionnaires ruinés aussi).
a écrit le 22/01/2019 à 17:03 :
cela s'ajoute aux 390 milliards des comptes courants, plus haut niveau depuis 25 ans (voir presse du 24/12/2018).

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