Natixis (BPCE) dépasse (encore) les attentes

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Laurent Mignon, le directeur général de Natixis, veut notamment faire du digital un levier de croissance.
Laurent Mignon, le directeur général de Natixis, veut notamment "faire du digital un levier de croissance." (Crédits : Bobby Yip)
La filiale de marchés de BPCE a profité du dynamisme de la gestion d'actifs au quatrième trimestre et d'un effet fiscal positif. Elle est entrée en négociations exclusives avec la startup Comitéo (services en ligne aux CE).

[Article mis à jour à 19h10]

Pendant que la banque de réseau traditionnelle continue de souffrir des taux bas chez les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne, Natixis, la filiale de marchés de BPCE a enregistré des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre, clôturant une belle année 2017. La gestion d'actifs et de fortune, l'assurance ont été particulièrement dynamiques. La filiale cotée du groupe mutualiste a réalisé un bénéfice net en hausse de 5% à 518 millions d'euros pour un produit net bancaire de 2,5 milliards d'euros, en repli de 1%. Hors éléments exceptionnels, les revenus sont en hausse de 7% et le bénéfice de 22%. Elle a aussi bénéficié d'un effet fiscal positif de 100 millions d'euros lié à la réforme fiscale aux Etats-Unis.

« Les métiers de Natixis ont de nouveau délivré de belles performances [annuelles], qu'il s'agisse de la gestion d'actifs (revenus en hausse de 14,5 %) ou de la banque de grande clientèle (+ 7,3 %). Les activités d'assurance et de paiements poursuivent leur fort développement et se positionnent comme de véritables relais de croissance de la banque de proximité et assurance » s'est félicité François Pérol, le président du directoire de BPCE dans le communiqué.

Nouvelle acquisition de Fintech

Après l'acquisition de la Fintech Dalenys, Natixis annonce ce mardi soir l'entrée en négociations exclusives, « en vue d'une prise de participation majoritaire », avec les actionnaires de Comitéo (Alter CE), startup francilienne spécialisée dans les solutions digitalisées aux comités d'entreprises (billetterie, chèques, comptabilité, etc), un marché estimé à 15 milliards d'euros.

Laurent Mignon, le directeur général de Natixis, rappelle que le nouveau plan stratégique New Dimension visa à faire « du digital un levier de croissance ».

« Comitéo a développé une plateforme digitale, robuste et évolutive pour se positionner en guichet unique auprès des comités d'entreprise » commente Pierre-Antoine Vacheron, le nouveau responsable des paiements chez Natixis, venu d'Ingenico.

« Nous voyons un fort potentiel de synergies avec nos activités dans le domaine du paiement et en particulier dans le prépayé. Les clients de Comitéo pourront bénéficier des solutions à valeur ajoutée de Natixis Payment Solutions (titres spéciaux de paiement, cagnotte en ligne Le Pot Commun) ou encore de ses services d'acceptation de paiement par carte en ligne. Ce projet s'inscrit dans la forte volonté de Natixis d'approfondir sa présence sur la chaîne de valeur des paiements, de se différencier sur une verticale en forte croissance avec une solution totalement digitale. »

Le montant de l'acquisition n'est pas communiqué mais il est « faible » à l'échelle du groupe Natixis, selon Laurent Mignon.

Coface et CNP « pas stratégiques »

Interrogés lors d'une conférence téléphonique, ce mardi soir, sur le sort de la participation de Natixis dans la Coface et de BPCE dans CNP Assurances, les deux dirigeants ont souligné qu'elles n'étaient pas stratégiques. Soulignant les « résultats de très bonne qualité » de la Coface, Laurent Mignon a déclaré :

« En tant que premier actionnaire [41,2% du capital, ndlr], je ne peux que me réjouir de l'amélioration de la valorisation par la Bourse, qui est plus proche de sa valeur à long terme. Je répète que ce n'est pas un actif stratégique. Un jour, nous pourrons céder cet actif » a-t-il ajouté.

Quant au dossier CNP, à l'heure où le gouvernement envisagerait un rapprochement entre celle-ci et La Banque Postale, le président du directoire de BPCE a répondu :

« Nous sommes un actionnaire minoritaire indirect, aux côtés de La Poste d'une part [via Sopassure, ndlr], et de l'Etat et la Caisse des Dépôts d'autre part. C'est une participation financière non stratégique » a insisté François Pérol, ajoutant que le devenir de cette participation n'est pas lié à celui des accords de partenariat existants.

Enfin, pour ce qui est de l'activité de banque de proximité, le président de BPCE a renouvelé les perspectives d'une baisse de 2% à 3% du produit net bancaire cette année.

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Commentaires
a écrit le 14/02/2018 à 13:29 :
tiens donc, encore eux!
Bulle spéculative BCE et Mario Dragi
Il est peut être temps (j’espère pas déjà trop tard...) de se pencher sérieusement sur la directive européenne dite BRRD. Super mario d. fait pression pour supprimer le plancher des 100.000€ de la directive BRRD.
Pour résumer la BRRD permet à votre banquier de vous faire les poches en toutes impunité s'il fait faillite (genre bulle spéculative) et d’écrêter tout ce qui dépasse 100 000€ (en théorie) sur votre épargne.
En pratique vu l'ampleur de l'endettement mondial et le collapse financier que provoquera l'éclatement (imminent...?) de la bulle financière, le plancher des 100 000 sera allégrement franchit pour renflouer un système qui n'aura pas d'autre option que celui là à moins d'accepter un scénario à la "1929". Scénario dit "chypriote" cf. renflouement des banques chypriote.
Non, finalement il vaut mieux vivre endetté pour s’enrichir. C'est la seul leçon à retenir des maf***s de la finance.
Ou acheter de l'or et le planquer quelque part...
Bien évidement j’espère me planter sur toute la ligne et d'avoir totalement tord dans mes allégations ;)
a écrit le 13/02/2018 à 21:48 :
Je loue un studio d'étudiant pour un enfant....géré par Natixis (ou une filiale) Eu egard au prix de cette location les résultats de Natixis ne peuvent qu'être merveilleux effectivement!.....😁

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