Bercy lance sa task force Blockchain pour pousser l'adoption dans l'industrie

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La Blockchain comment ça marche ? Un schéma explicatif de la technologie de chaîne de blocs, née il y a dix ans avec le Bitcoin.
La Blockchain comment ça marche ? Un schéma explicatif de la technologie de chaîne de blocs, née il y a dix ans avec le Bitcoin. (Crédits : Ministère de l'Economie et des Finances)
La première réunion de ce groupe d'experts réunissant acteurs du public et du privé, universitaires et régulateurs, s’est tenue ce jeudi au ministère de l’Economie et des Finances, sous l’égide de la Direction générale des entreprises (DGE). L’objectif est d’inciter les filières industrielles, construction, agro-alimentaire et énergie en tête, à développer des applications à grande échelle.

[Article mis à jour à 10h]

Trois mois après la présentation de la « stratégie nationale Blockchain », le 15 avril dernier, par Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, et Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique, Bercy a donné le coup d'envoi de la « task force Blockchain » qu'ils appelaient de leurs vœux. Ce groupe d'experts nationaux, rassemblant des acteurs du secteur public (administrations, Bpifrance, Caisse des Dépôts, Autorité des marchés financiers et Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), du privé (représentants de filières, associations professionnelles comme La Chaintech et le Cercle du Coin), du monde universitaire (CEA, Inria, IMT, Dauphine), des personnalités qualifiées comme l'économiste Joëlle Toledano (qui a dirigé le rapport sur la Blockchain pour France Stratégie) et des pôles de compétitivité (Systematic, Cap Digital), a tenu sa première réunion jeudi 25 juillet.

La mission de cette task force, coordonnée par la Direction générale des entreprises (DGE), est de suivre le déploiement des projets et de favoriser le dialogue entre l'Etat et l'écosystème Blockchain. « L'Etat doit jouer un rôle d'accompagnateur et de facilitateur » avaient insisté les ministres dans leur tribune, publiée dans nos colonnes, estimant que la France devait « se donner les moyens d'être pionnière » dans cette technologie prometteuse de transmission et de stockage d'informations, née il y a dix ans avec le Bitcoin.

« Nous avons estimé qu'il fallait un point de rencontre entre les industriels et l'écosystème de la Blockchain, un peu hermétique, afin de lever un certain scepticisme » nous explique Romain Bonenfant, sous-directeur des réseaux et des usages numériques à la DGE.

Si les projets foisonnent dans la finance, dont certains sont très avancés comme l'émission obligataire réalisée sous forme de « security tokens » par la Société Générale en avril et les consortiums de financement du commerce international (komgo, wetrade, etc), Bercy s'est fixé comme objectif d'impulser une dynamique dans l'industrie.

« Cette task force est concentrée sur les applications industrielles de la Blockchain, là où le besoin d'action nous a semblé plus immédiat » indique Romain Bonenfant de la DGE. « Il y a eu jusqu'ici beaucoup d'expérimentations et de PoC [proofs of concept, démonstrations de faisabilité] d'une échelle limitée, mais peu de développements concrets par la suite. Ce n'est pas une spécificité française. L'Etat souhaite aider les applications Blockchain à passer à l'échelle dans les filières industrielles, notamment dans la construction, l'agro-alimentaire et l'énergie. »

Lire aussi : Le marché de la Blockchain dans la finance va exploser selon IHS Markit

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Task force Blockchain Bercy juillet 2019

[Première réunion de la task force Blockchain à Bercy le 25 juillet. Crédit : DGE]

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Certification, traçabilité

L'industrie de la construction a présenté lors de cette réunion un cas d'usage autour de la rénovation de bâtiments, sur la certification de prestations, impliquant potentiellement les artisans et les assureurs. La filière agro-alimentaire va travailler de son côté sur un projet autour de la traçabilité piloté par l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) et Coop de France (coopératives agricoles), tandis que l'industrie des nouveaux services énergétiques planche sur la certification de production d'énergie solaire. L'Etat espère aider à la structuration de l'écosystème. Il entend aussi faire mieux connaître les différents guichets pour les porteurs de projets : fonds Deeptech, concours d'innovation (4ème vague i-Nov dont l'appel à projets, lancé le 4 juillet, cite nommément la Blockchain).

Cette réunion, introduite par les députés Laure de la Raudière et Jean-Michel Mis, co-rapporteurs d'un rapport d'information sur la Blockchain et ses usages, a été l'occasion de partager des retours d'expérience : l'Agence nationale des Fréquences (ANFR) a par exemple présenté sa Blockchain des fréquences libres de droit, première Blockchain d'Etat qui a été testée à grande échelle lors du Tour de France. D'autres projets sont en réflexion aux douanes et dans l'audiovisuel sous l'égide du CNC, pour la gestion des droits d'auteurs des films en catalogue.

La DGE avait recensé au printemps 200 projets actifs ou en cours dans le domaine de la Blockchain en France.

La task force Blockchain se réunira deux à trois fois par an et tiendra en plus des sessions extraordinaires, l'une à l'automne pour la présentation d'une étude de prospective économique à l'initiative de la DGE et l'autre en fin d'année sur les conclusions de la mission confiée à l'Inria, le CEA et l'IMT par les ministres Bruno Le Maire et Frédérique Vidal (Recherche) et Cédric O sur les défis technologiques associés à la Blockchain.

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Commentaires
a écrit le 27/07/2019 à 20:34 :
Mais LOL La France a une guerre de retard par rapport à la Suisse dans la technologie blockchain.
a écrit le 27/07/2019 à 8:41 :
Un comité théodule de plus. Vive Macron. Quel changement!
a écrit le 26/07/2019 à 19:52 :
Tout ça, c'est bien joli, mais qui va tenir le registre, sinon un autre tiers de confiance ?
Et, si la minage bouffe autant d'électricité que le bitcoin, qui va payer la facture à EDF ?
Et qui veut créer un nouveau notariat, avec le prétexte de la révolution high tech, alors qu'on a déjà un ?
a écrit le 26/07/2019 à 18:07 :
Bitcoin est la revolution du XXI eme siecle. Merci de pas preter attention aux commentaires de banquiers ou de notaires qui se sentent menacè. Car comme tte revolution, elle va engendrer de la casse mais aussi une nouvelle infeastructure qui va emmener l homme tres tres loin en terme philosophique et en terme de progres technologique. L'accelerateur est la et les Chinois bossent dessu nuit et jour. Nous on a 2 3 singes qui commentent cet article de maniere epouvantable... Quel gachis.
a écrit le 26/07/2019 à 17:55 :
Qd on voit la repartition des distributeurs de bitcoin en europe, on sait tout de suite ou en est la france en terme de lead. A la derniere place. La blockchain c d abord une philosophie, c dabord les blockchains publiques. Le reste c de la foutese et du buzzword.
a écrit le 26/07/2019 à 14:28 :
pourquoi pas un simple registre de transaction, cela éviterai des milliers d'ordinateur qui calculent en permanence.
j'ai lu de nombreux articles sur le coût du minage pour le bitcoin, c'est une techno jolie mais semble-t-il hors des problématiques actuelles qui est de réduire drastiquement la consommation électrique/énergétique.
Réponse de le 26/07/2019 à 17:57 :
Phrase typique du debutant nourri aux media dominant. Il fait creuser un peu plus la et vous verrez que c'est faux.
a écrit le 26/07/2019 à 13:59 :
Il n'y a aucun besoin de block-chain, cette soit disante technologie est une honte, c'est extrêmement couteux en énergie, allant contre toutes les promesses présidentielles de réduire la dépendance énergétique et de "sauver la planète".
Mais derrière il y a autre chose, le block chain enregistre toute transaction, cela permet de savoir qui fait quoi, d'espionner massivement, et là c'est cohérent.
Mais peut-être que dans l'avenir comme quand on dit bête comme un béotien, on dira bête comme un français, grâce à eux.
Réponse de le 26/07/2019 à 17:03 :
C'est épatant cette capacité d'affirmation sur un sujet que vous ne maîtrisez visiblement pas. Les blockchains non énergivores sont en cours de développement remplaçant le coûteux Proof Of Work par Proof Of Stake ( Cardano par exemple ). La confidentialité peut tout à fait être gérée ( Zero Knowledge Proof ) mais il faut trouver le bon ajustement pour qu'il soit possible, sur réquisition judiciaire, d'enquêter sur des activités délictueuses.
Réponse de le 26/07/2019 à 17:58 :
Tu es banquier toi ;)
Réponse de le 27/07/2019 à 8:31 :
Les Bitcoins maximalists, un poème... Qu'il soit possible, après pas mal d'efforts, sur réquisition judiciaire, de retracer l'historique de transactions délictueuses, ça me parait souhaitable. Il faut juste que ça ne soit pas automatisable pour déjouer les dispositifs de surveillance généralisée.
a écrit le 26/07/2019 à 11:43 :
C'est comme pour les médecins, plein de projets, mais pas les techniciens pour le faire, il y a 10 ans qu'au bac on aurait du pour 50% des élèves passer de l'algèbre: un truc pénible, bouffeur de temps, au code. Perso 38 ans d'activité avec un BTS d'électronique, jamais fait la moindre équation. Les quelques heures de programme *facultatif !*, lol, m'ont servi toute ma vie.
a écrit le 26/07/2019 à 11:37 :
tant que la blockchain autorisera la manipulation de ce qu'elle transporte je ne suis pas sûr qu'elle emporte l'adhésion de tous.
a écrit le 26/07/2019 à 11:08 :
La task force Blockchain: Une structure très française réunissant nos élites avec beaucoup de projets et un peu d'argent public pour faire de la France un leader mondial incontournable de la blockchain. Un peu comme du temps du minitel ou du procédé SECAM, de la téléphonie mobile Alcatel, ou du moteur de recherche Alta vista qui devaient conquérir le monde... Même procédés, probablement même résultats. Pourquoi? Parce que les compétences sont déjà parti à l'étranger. La blockchain est né avec le Bitcoin, il y a 10 ans. La France a toujours refusé le Bitcoin parce que le Bitcoin n'est pas contrôlable par les fonctionnaires de Bercy (qui ont mis longtemps a le comprendre). Peut être, mais les cryptomonnaies sont la seule application existante de la Blockchain (les autres sont expérimentales). Les gens compétents sur la Blockchain sont ceux qui travaillent sur le Bitcoin depuis 10 ans et il n'y en a pas beaucoup en France. Bon, nous n'avons que 10 ans de retard , nous allons les rattraper puisque nous sommes les meilleurs....
Réponse de le 26/07/2019 à 18:01 :
Enfin un comment coherent...
Réponse de le 26/07/2019 à 23:56 :
"Les gens compétents sur la Blockchain sont ceux qui travaillent sur le Bitcoin" c'est rigolo comme commentaire... On verra d'ici quelques années où en sera le Bitcoin après l’avènement des protocoles Proof Of Stake.
Réponse de le 27/07/2019 à 4:45 :
D'accord avec RG, je ne crois pas que les développeurs les plus compétents travaillent sur la blockchain Bitcoin, rudimentaire et dont les perpectives d'évolution sont très limitées.

Les blockchains qui permettent de créer des smart contracts et l'avènement du Proof of Stake sont bien plus attrayantes pour les entrepreneurs.

Les innovations dans le secteur de la finance décentralisée sont d'ores et déjà incroyables. Les stable coins décentralisés annoncent déjà la fin du contrôle des changes dans le monde (Chine, Inde, Venezuela, Algerie, etc..).
a écrit le 26/07/2019 à 9:58 :
Ce changement prépare le futur :
Une administration de contrôle unique pour tous les pays.
La traçabilité peut controlée à distance
a écrit le 26/07/2019 à 9:31 :
Ouh la la! Est-on le premier avril?
a écrit le 26/07/2019 à 7:58 :
En voyant le dessin d'illustration, je me suis dis, c'est vrai ça, pourquoi faire simple?
Réponse de le 26/07/2019 à 11:24 :
:)

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